Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/02/2012

De visu

Peter n'avait pas voulu monter dans la nacelle du London eye. Ce nigaud n'avait jamais dit à Victoria qu'il avait une peur incontrôlable du vide. Elle était donc montée sans lui. Le ciel était dégagé au-dessus de la ville, d'un bleu azur, parsemé de tous petits nuages blancs. On aurait cru des morceaux de ouate flottant au-dessus des buildings.

A sa descente de la nacelle, Victoria avait invité Peter à déjeuner dans un petit restaurant chinois. Ils avaient commandé une soupe aux champignons noirs, du porc sauce aigre-douce et des nouilles sautées. En dessert ils avaient choisi un gâteau parfumé à la noix de coco et du nougat. Victoria adorait ça, notamment les petites graines de sésame qui craquaient sous les dents. L'après-midi ils étaient allés à pied à la National Gallery. En traversant le pont pour rejoindre White Hall Victoria s'était demandé quel taux de nitrates pouvait charier la Tamise.

Au musée ils avaient pris leur temps pour admirer les oeuvres de Claude Monet et tout particulièrement les Nymphéas. Ils avaient également passé beaucoup de temps devant les oeuvres tourmentées de Turner. Pas de couleurs neutres dans ses toiles mais des nuances franches et nobles. Ils en avaient profité pour visiter la nouvelle galerie dédiée à la peinture française du 17ème siècle. 

En ressortant de là, Peter était tombé nez-à-nez avec Angus, un de ses camarades de l'Université d'Edimbourg. Il ne l'avait pas revu depuis 25 ans. Le type était devenu un naufragé de la vie. Après des études brillantes en histoire de l'art et en littérature il avait mené une vie de noctambule, changeant de nana comme de chemise et cherchant des noises à tout le monde. Bien que le voyant de visu Peter eut du mal à admettre que l'un des garçons les plus doués de sa promo soit devenu ce déchet. Angus s'était mis à la boisson. Un poivrot notoire. Installé dès neuf heures du matin au comptoir il buvait pour oublier ses soucis, sa descente aux enfers. Mais dans la cuite, point de nirvana. Juste une cirrhose qui commençait à s'attaquer sérieusement à son foie.

Victoria avait demandé à Peter s'il s'agissait du galleriste dont il lui avait parlé plusieurs fois. "Que nenni, ma cherie!" lui avait-il répondu. Mais cette rencontre avec Angus resterait à jamais gravée dans sa mémoire. Cet instantané, cet instant T reviendrait le hanter régulièrement. Il pensait au fond de lui qu'il aurait pu ressembler à Angus s'il ne s'était pas accroché à l'écriture et s'il n'avait pas réussi à se faire un nom.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 14 du jeu Les Plumes de l'année initié par Asphodèle. Il y avait 21 mots commençant par la lettre "N" à placer. Ce texte n'est pas libre de droits, la photo non plus.

textes originaux,littérature,écriture,actu,actualité,londres

Commentaires

Je le voyais plus jeune Peter d' après les derniers textes :-) comme quoi chacun s'imagine différemment les personnages :-)

Écrit par : Valentyne | 26/02/2012

Peter a une petite cinquantaine d'années... Dans le texte "La maison de tante Jane" on peut lire qu'il n'a pas la souplesse ni la légèreté de sa soeur et qu'il n'a pas le même âge non plus!

Écrit par : La Plume et la Page | 27/02/2012

On en apprend toujours un peu plus sur tes personnages, c'est agréable. :-)

Écrit par : Olivia | 26/02/2012

J'essaie au fil du temps d'approfondir leur pesonnalité aussi bien physique que psychique...

Écrit par : La Plume et la Page | 27/02/2012

Une belle rencontre, qui promet des lendemains chantants, j'espère. :D

Écrit par : ceriat | 27/02/2012

A mon avis la rencontre avec Angus ne va déboucher sur rien... Plutôt un retour de boomerang!

Écrit par : La Plume et la Page | 28/02/2012

Les commentaires sont fermés.