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20/01/2017

L'étrangère des Edelweiss

Le soleil semblait comme emprisonné dans la brume mais cela donnait un aspect magique au paysage. Sarah s'était arrêtée pour contempler l'horizon. La vallée était bouchée mais à Combloux le ciel était étonnamment clair. Il devait donc faire beau à Megève. A l'automne les touristes étaient peu nombreux et cela plaisait à Sarah. Elle pouvait profiter pleinement des chemins de randonnée et descendre faire ses courses à pied sans manquer se faire renverser par un gros 4X4.

Elle appela Toby et l'enferma dans la cuisine avant de fermer la porte d'entrée à clé. Puis, elle se dirigea vers le cœur du village, situé en contre-bas. Elle descendait environ deux fois par semaine. Une fois à pied, pour acheter les produits frais qui lui manquaient. Et une fois en voiture, pour faire un gros plein et rapporter tout ce qui était volumineux et qu'elle ne pouvait pas remonter à bout de bras. Aller à pied au village lui permettait aussi de faire un peu d'exercice. Quand elle avait un roman en chantier, elle faisait moins de balades avec son chien même si ces escapades lui insufflaient bien souvent des idées pour avancer dans la rédaction de sa prose.

Elle mit une demi-heure pour atteindre le centre. Elle ne s'était pas pressée, s'arrêtant régulièrement pour admirer les montagnes environnantes et faire quelques photos avec son mobile. L'air était frais mais il n'avait pas gelé. L'herbe était gorgée de rosée. Les arbres, dénudés, faisaient peine à voir. Seules quelques feuilles tenaient encore par miracle sur les branches mais elles seraient emportées à coup sûr par le premier coup de vent.

Lorsqu'elle entra chez le crémier Sarah sentit les regards se poser sur elle. Le patron et les deux clients qui se trouvaient dans la boutique la dévisagèrent de la tête aux pieds. Elle se pencha pour scruter la vitrine, faisant mine de ne pas avoir remarqué les regards insistants. Elle se sentait comme une étrangère dans le village. Cela faisait tout juste trois mois qu'elle habitait Combloux et elle ne connaissait pas grand monde. C'était la basse saison. A chaque fois qu'elle franchissait la porte d'un magasin, on la regardait bizarrement. Elle sentait qu'elle n'avait pas encore été acceptée par les habitants. De plus, son accent traînant ne faisait aucun doute sur ses origines. Beaucoup se demandait ce qu'était venue chercher une jeune femme Suisse en Haute-Savoie. Puis, le crémier ayant terminé avec les deux autres clients, il s'enquit de ce qu'elle voulait acheter.

- Vous désirez?

- Un morceau d'abondance, s'il vous plaît.  

- Vous habitez le village?... Ce n'est pas la première fois qu'on vous voie... 

- Oui. Depuis trois mois, répondit Sarah, surprise qu'un commerçant entame la conversation avec elle. Ils étaient plutôt du genre taiseux dans la coin et à mener leur petite enquête en douce.  

- Vous habitez dans le centre?

- Non, dans un chalet un peu excentré.

- Ah! c'est pas vous qu'avez racheté la bicoque à Pierrot? Les Edelweiss?

- Oui, oui, c'est ça.

- Un brave bonhomme le Pierrot. C'était à se douter que son fils garderait pas le chalet. Sa femme l'a jamais aimé. Elle le trouvait trop loin du centre. Madame est habituée à avoir tout sous la main à Annecy et préfère pavaner à Megève.

- Effectivement, j'ai racheté le chalet à Baptiste Vittoz, lança Sarah en espérant obtenir plus d'infos sur la vie passée du chalet et de ses habitants.  

- Un brave garçon, comme son père. Il vient nous rendre visite de temps en temps quand sa femme fait les boutiques chez les riches.

Sarah n'avait jamais vu la femme du fils, mais elle sentait qu'elle n'était pas appréciée des villageois. Et elle avait comme l'impression que Baptiste Vittoz avait été contraint par son épouse à vendre le chalet...

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°250 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo est de Valentine Goby et n'est pas libre de droits non plus.

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Commentaires

La voilà confrontée à un vrai et vaste sujet de roman ! Toute une ambiance !

Écrit par : sabine | 23/01/2017

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Oui, toute une ambiance. Va-t-elle chercher à en savoir plus sur le chalet et ses habitants?

Écrit par : La plume et la page | 24/01/2017

Quelle ambiance tu as plantée là ! Bravo !

Écrit par : nath | 23/01/2017

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Merci Nath!

Écrit par : La plume et la page | 24/01/2017

Une atmosphère, de petits détails qui attirent l'attention : le début d'une autre histoire ? ;)

Écrit par : Amélie Haurhay | 23/01/2017

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Vraisemblablement le début d'une autre histoire mais je ne sais pas du tout vers quoi elle va évoluer...

Écrit par : La plume et la page | 24/01/2017

Un très bon début, tu comptes écrire la suite ? :)

Écrit par : Leiloona | 23/01/2017

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Peut-être une suite si les prochaines photos m'inspirent...

Écrit par : La plume et la page | 24/01/2017

J'aime beaucoup l'ambiance que tu instaures dans ton récit et cette difficulté à se faire accepter dans certains villages, tu le retranscris extrêmement bien. A quand la suite ? :)

Écrit par : L'ivresse littéraire | 24/01/2017

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La suite peut-être cette semaine. Ca dépendra de la photo. Je ne sais pas vers quoi cette histoire peut évoluer...

Écrit par : La plume et la page | 24/01/2017

Mais c'est le début d'un roman ! Le décor est bien planté, le portrait de la femme esquissé, un début d'intrigue, tout y est.

Écrit par : adèle | 27/01/2017

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Je ne sais pas si c'est un début de roman mais en tout cas le début d'une nouvelle histoire. J'aime bien changer de personnages suivant les photos et l'inspiration.

Écrit par : La plume et la page | 29/01/2017

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