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08/06/2012

Au bout de la presqu'île

Après le départ de Victoria Luc avait changé de maison. Sa nouvelle demeure était éloignée de l'effervescence du centre ville. Il habitait maintenant tout au bout de la prequ'île, dans la bois de le Chaise, là où elle aimait se promener. Au fond de lui germait l'espérance de la voir hanter les allées caillouteuses.

Le déménagement avait duré trois jours. Son frère avait un moment délaissé son cabinet d'expert-comptable pour lui filer un coup de main.

La maison comprenait un étage avec deux chambres reliées par un cabinet de toilette. Les pièces étaient spacieuses. Luc avait choisi de laisser les murs blancs pour faire ressortir le mobilier. Dans le séjour il avait installé d'un côté son vieux canapé Chesterfield en cuir noir et une table basse en bois patiné; de l'autre, une table ronde aux pieds tournés pouvant accueillir jusqu'à six convives et un meuble bas. Le sol était recouvert de parquet brut flottant. Dans un coin il avait installé un meuble télé avec des incrustations d'ivoire et un petit secrétaire chiné à la Roche-sur-Yon. Il ne manquait plus que quelques lampes de chevets et des tableaux pour mettre le tout en valeur.

Un garage était accolé à la bâtisse. Lorsqu'il y était entré la première fois il y avait découvert un chat mort. Mort sans doute des suites d'une maladie. C'était l'explication la plus plausible. Il n'imaginait pas quelqu'un entrer dans le garage pour y déposer le cadavre de l'animal.

Les trois jours de l'emménagement avaient ressemblé à une partition exécutée par un orchestre dont il était le chef. Les "musiciens" - son frère et deux amis d'enfance - avaient joué merveilleusement.  Leur travail avait été récompensé par les acclamations des visiteurs lors de la pendaison de crémaillère quinze jours plus tard. A l'extérieur il ne restait pas un seul brin de mauvaise herbe, juste quelques arbustes mélaniques qu'il avait voulu conserver pour agrémenter la cour.

Son nouveau home-sweet-home avait un air de paradis. Tout aurait été vraiment parfait s'il n'avait pas eu juste à côté des voisins au comportement plutôt erratique. Leur divertissement favori était de piétiner ses plates-bandes. La médiation avec la mairie n'avait pas suffi. Il avait été obligé de porter plainte pour faire cesser leurs agissements. 

Ce texte a été rédigé pour l'édition 68 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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