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06/04/2012

Pas un cadeau ordinaire

Peter regardait sans se lasser l'opale de couleur orange reçue de sa grand-mère, laquelle avait rapporté la pierre d'un voyage au Mexique. Il se disait qu'elle serait ravissante montée sur un anneau en or blanc. Il ne voulait pas d'un cadeau ordinaire pour Victoria.

Dehors le ciel était en furie. Un orage s'abattait sur Londres, fouettant les vitres de l'appartement en cadence avec les accords de la Toccata en ré mineur BWV 565 de Bach. L'orgue gravissait à toute allure les octaves en osmose avec la pluie. Peter observait maintenant le déchaînement de la nature et écoutait l'imagination folle du musicien. Pendant un instant il se crut dans une autre dimension, un monde onirique dans lequel il n'y avait plus de passé, de présent ni de futur. Il s'attendait à voir l'océan se déverser dans son salon, emportant tout sur son passage.

Puis la musique se tut. L'orage s'éloignait. Peter se rappela qu'il avait, le matin, déposé son orchidée sur le bord de la fenêtre. Il la retrouva complètement déchiquetée. Il apprit plus tard que la foudre n'était pas tombée très loin. Un orme de Kensington avait été touché. Victoria lui avait pourtant dit qu'ils annonçaient du mauvais temps. Il aurait dû se méfier. Un oubli qui allait lui valoir quelques railleries.

"Les chevaliers avaient juré obéissance à leur souverain et si offense lui était faite, ils répondraient par les armes..." Peter était en train de lire une ode du 15e siècle pour aider Edith dans ses révisions de littérature ancienne. C'était l'occasion pour lui de revenir à ses premières amours. Une sacrée opportunité! Ca lui rappelait ses années à l'université d'Edimbourg, ses escapades dans la lande écossaise. Edith lui avait dit que ce n'était pas une obligation et que s'il n'avait pas le temps, elle trouverait un autre moyen. Oh! mais il ne s'était pas fait prier! Et depuis, la littérature moyenâgeuse était redevenue son obsession. Il n'avait même pas remarqué que les ombrelles avaient remplacé les parapluies dans la rue.

Ce texte a été rédigé pour la 15ème édition des Plumes de l'année initiées par Asphodèle. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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