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18/07/2011

Au 2ème sous-sol

L'inspecteur Philip Peterson n'était pas un pervers et n'éprouvait aucun plaisir à humilier les malfrats mais il avait envie de laisser Stanger mariner encore un peu dans son jus. Peterson et ses hommes avaient attrapé ce vaurien au V&A Museum alors qu'il s'apprêtait à sortir avec deux tableaux valant pas moins de 6 millions de livres chacun. Ils avaient coincé le bandit à 2h du matin à la porte de service du musée avec deux petites frappes qu'il avait recrutées pour l'occasion.

Arrivés au Yard, Philip Peterson l'avait interrogé pendant 3 heures mais Stanger était resté muet comme une carpe. Pas moyen de savoir à qui étaient destinées les toiles. Le voleur était en mission commandée, cela ne faisait aucun doute et l'inspecteur le garderait sous les verrous jusqu'à ce qu'il lâche un nom. Les passionnés d'art n'étaient pas si nombreux dans le monde et il en avait déjà listé quelques uns mais Stanger n'avait pas confirmé, ni infirmé ses relations avec l'un ou l'autre.

Quand il avait jugé qu'il n'en tirerait rien Philip avait appelé le constable pour qu'il conduise le malfrat dans la cellule des récidivistes située au deuxième sous-sol. L'endroit était sombre et humide. De l'eau suintait des murs par petits filets et une odeur de moisissure montait du sol. Stanger eut la nausée quand la porte se referma derrière lui. Il avança à tâtons jusqu'à la paillasse en ciment dont il devrait se contenter pour dormir. Rien pour se protéger du froid qui commençait à s'attaquer à ses os. Il grelottait. Aucune lumière ne filtrait et la peur s'empara peu à peu de lui. Si ses forces le lui avaient permis il aurait crié mais l'interrogatoire de Peterson l'avait exténué et il tomba dans un profond sommeil. 

Lorsque Stanger se réveilla il se demanda où il se trouvait et s'il n'était pas en train de rêver. Il était transi de froid et eut grand peine à se mouvoir. Son corps était endolori. La paillasse avait eu raison de lui. Stanger avait beaucoup de mal à se rappeler les événements de la veille et cherchait à reconstituer les heures précédant son arrivée dans la cellule quand il entendit des pas qui se rapprochaient dans le corridor. Il se redressa sur ses coudes et prêta l'oreille. Les pas s'arrêtèrent juste devant la porte.

- "Alors, Stanger, prêt à coopérer? Un nom. Un seul nom et on fera comme si on t'avait pas vu", hurla Philip Peterson. L'inspecteur était descendu lui-même au 2ème sous-sol pour évaluer le moral de Stanger et voir s'il tiendrait ou non une deuxième nuit dans cet endroit glauque. Cela faisait maintenant 10 heures qu'il était enfermé.

- "Devoisières! Les toiles étaient pour Devoisières! Ouvre cette putain de porte, Peterson! Me laisse pas dans ce trou à rat!" 

Philip était content de lui. Une seule nuit dans la cellule des récidivistes avait suffi à lui faire cracher le morceau. Mais il savait que tôt ou tard Stanger retomberait dans ses filets.

Ce texte a été rédigé dans le cadre d'un exercice proposé par l'atelier de Skriban. Il n'est pas libre de droits. La photo non plus.

 

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