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03/03/2019

Les dimanches poétiques (239)

"La générosité est toujours un accident de l'histoire. Ou bien la ruse d'un esprit pragmatique. Rien qui ne dure longtemps. La religion ne tolère que le même. Elle veut l'identique. Encore une grande différence avec la foi, qui, elle, se moque des différences, puisqu'elle est implantée en silence, dans le tréfonds de chaque âme, et qu'elle s'épanouit hors des règles. Tu le vois bien, en voulant extérioriser l'intime, la religion fabrique une mise au pas. Il ne faut jamais révéler au jour ce qui est caché. Les grandes choses se font dans le creux du cœur, à l'abri des regards. Viendra un temps où il faudra tout dire et tout montrer. Alors l'humanité sera perdue, car, sans secret, l'homme perd sa force."

Clara DUPONT-MONOD La révolte  

27/01/2019

Les dimanches poétiques (238)

"Ce n'est pas ce qu'il écrit qui est le but premier de l'écrivain. Son besoin premier est d'écrire. Ecrire, c'est-à-dire se faire absent du monde et de lui-même pour, éventuellement, en faire la matière d'élaborations littéraires. Ce n'est que secondairement que se pose la question du "sujet" traité. Le sujet est la condition nécessaire, nécessairement contingente de la production d'écrits. N'importe quel sujet est le bon pourvu qu'il permette d'écrire."

André GORZ Lettre à D.

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10/06/2018

Les dimanches poétiques (226)

"Trop de bruits, de rires, de mouvements. Il s'en veut mais parfois même la joie l'épuise. La vie elle-même. Dans son battement, son activisme forcené, sa vitesse, son grouillement permanent. Il ne supporte plus tout ça très longtemps. Il lui faut de longues plages de calme et de silence, de repos. Comme on reprend son souffle. Il a besoin de tellement plus de temps, de lenteur. C'est comme si depuis quelques années, la vieillesse l'envahissant, son propre rythme avait ralenti. Tandis que la vie des autres lui paraît réglée sur un mode très rapide."

Olivier ADAM Peine perdue

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25/06/2017

Les dimanches poétiques (202)

"Lorsqu'il se retire dans la réflexion, l'homme ressemble à un acteur qui vient de jouer sa scène et qui, en attendant la suivante, va prendre place parmi les spectateurs, d'où il contemple le déroulement de l'action, fût-ce les préparatifs de sa mort, avant de revenir pour agir et souffrir, comme il le doit."

Arthur SCHOPENHAUER Le Monde comme volonté et comme représentation in En présence de Schopenhauer de Michel HOUELLEBECQ

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29/03/2015

Les dimanches poétiques (153)

"Bref, tandis que chacun y allait de son diagnostic, le patient continuait de multiplier les symptômes dans cette nuit qui n'en finissait pas. On aurait dit qu'il hésitait entre toutes les morts possibles. Après les ganglions, ce furent ses articulations qui enflèrent soudainement. Et quand il eut épuisé la science du rhumatologue (j'ai oublié le nom du rhumatologue), il s'est offert un festival d'éruptions cutanées qui a laissé la dermato sans voix - une femme elle aussi, la dermato, Geneviève... Geneviève comment déjà? Une fille formidable, pourtant..."

Daniel PENNAC Ancien malade des hôpitaux de Paris

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22/03/2015

Les dimanches poétiques (152)

"Les abords du pont étaient vides quand je suis arrivé et je ne pouvais pas croire que c'était l'approche de la pluie qui avait chassé les touristes. De violentes décharges zébraient le ciel. Des éclairs, des coups terribles résonnaient, une pluie diluvienne s'est mise à tomber, les eaux du fleuve, qui avaient viré au noir, gonflaient."

Philippe LE GUILLOU Le pont des anges 

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16/09/2012

Les dimanches poétiques (81)

"Sans parler, ils restaient assis au bord de l'embarcadère, balançant leurs jambes au-dessus de l'eau. L'immense douceur de cet endroit pénétra Babbitt, et il murmura: "Je voudrais rester ici, toute ma vie, à tailler du bois, assis là. Ne plus jamais entendre une machine à écrire... ou Stan Graff faisant son barouf au téléphone... Ou Rone et Ted se chamaillant. Rester assis là, simplement... Ah! grand Dieu!"

Sinclair LEWIS Babbitt

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