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04/07/2021

Les dimanches poétiques (280)

"Amants, heureux amants, voulez-vous voyager?

Que ce soit aux rives prochaines;

Soyez-vous l'un à l'autre un monde toujours beau,

Toujours divers, toujours nouveau;

Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste."

Jean de la FONTAINE

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14/03/2021

Les dimanches poétiques (274)

"Mon amour,

il est temps, maintenant, de se retrouver: aujourd'hui, découragement, tristesse. J'ai besoin, cellulairement, de ta présence, de ton souffle, de ton courant nerveux - de nos sommeils, de ce qui change l'air sans que nous y pensions lorsque nous sommes ensemble. Les pages écrites se brouillent, j'ai l'impression qu'elles se diluent en brouillard, un peu plus et j'irai noyer le tout dans la vase. Le temps est à l'orage, flasque, bouché, désarmé - [...]"

Philippe SOLLERS in Lettres à Dominique Rolin 1958-1980 (Ed. Gallimard - 2017)

28/02/2021

Les dimanches poétiques (273)

"Décidément, je suis décidé, à mon retour, à reprendre une attitude terroriste. La gentillesse et la complaisance ne me vont qu'à demi. Un petit saccage. Ce sera aussi plus amusant."

Philippe SOLLERS in Lettres à Dominique Rolin 1958-1980 (Ed. Gallimard - 2019)

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14/02/2021

Les dimanches poétiques (272)

NAMABATE 

En polynésien, ce mot désigne le fait de perdre l'appétit parce qu'on est en train de tomber amoureux.

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25/05/2020

Lettres à Dominique Rolin (T2) - Ph. SOLLERS

L'écriture est tout: elle force, elle traverse, elle démasque, elle règle, elle gagne à tous les coups. Voilà ce qu'on fait, nous autres! Ils ne se doutent de rien, ou de pas grand-chose, ce qui est quand même stupéfiant. Ca se passe pourtant sous leurs yeux, en toute impunité, ou presque. De temps en temps, ils ont un doute... Vite effacé, ce serait trop énorme. Oui, oui, l'Ecriture avec un grand E, biblique!

Le thème de l'écriture est très présent dans les lettres de Philippe Sollers adressées à Dominique Rolin. On sent l'émulation entre ces deux jongleurs de mots, l'incroyable culture générale qui se dégage de ces missives, les encouragements de l'un envers l'autre, dans une bienveillance jamais feinte et où ne pointe jamais une once de compétition. Ils sont complémentaires, font vivre et grandir leur oeuvre mais aussi celle de l'être aimé. Et je me demande si chacun aurait pu accomplir un tel parcours d'écrivain sans leur rencontre? Parce que c'est avant tout une histoire d'amour qui se joue-là. Certes, il est beaucoup question d'écriture, mais elle n'aurait pas été la même sans cette admiration respective et cette passion amoureuse. Parce que c'était lui. Parce que c'était elle. Elle avait vingt ans de plus que lui et avait déjà eu plusieurs vie quand ils se sont rencontrés en 1958. Ils étaient fous. Et ils ont bien fait d'y croire.

On mesure au fil de la lecture l'attachement et la passion qu'il y a entre ces deux êtres. C'est beau, romanesque, un peu foutraque. Il y a beaucoup de néologismes et notamment des mots d'un code amoureux qu'ils se sont créés. Un code amoureux pour tromper les autres, car Philippe Sollers est marié depuis les années 60 à Julia Kristeva. Y avait-il un accord tacite entre eux dès le départ ? que sa relation avec Dominique Rolin n'était pas négociable? Pour les curieux, notons qu'ils ont co-écrit "Du mariage considéré comme un des beaux-arts". Mais je digresse!

Pour tout vous dire, je n'avais pas envie de quitter cet ouvrage. J'ai dû annoter quasiment toutes les pages et me suis prise à rêver d'une âme soeur avec laquelle j'aurais cette complicité d'écriture et de partage. Cette passion amoureuse sans pour autant être liés par les liens du mariage. Simplement liés par le corps et les mots... Et autant vous dire que je prévois de lire le premier tome qui rassemble une partie des lettres que l'auteur a envoyées sur la période 1958-1980 et bien sûr de lire celles que Dominique Rolin lui a adressées.

Lettres à Dominique Rolin 1981-2008 - Philippe SOLLERS - Ed. Gallimard - 2019

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03/12/2017

Une douleur au coeur

Le soleil jouait avec les vitres de la serre qui ressemblait à une gaze concave taillée dans le verre et l'acier. La chaleur y était douce en ce début de printemps. Charles s'arrêta un instant. Les paupières closes, le sécateur dans la main droite, une rose dans la gauche, il goûta les rayons de l'astre qui se dispersaient en mille éclats à l'intérieur.

Il revît Hortense près du rosier duquel il avait détaché la fleur, vêtue d'une robe blanche aux dentelles fines et gracieuses.  Elle parlait et souriait à quelqu'un qu'il ne voyait pas. C'était il y a longtemps. Une éternité. De cette journée il avait conservé une douleur au cœur, celle d'une épine de rose, restée fichée dans l'organe qui préside aux sentiments. Et depuis ce jour Charles n'avait plus jamais ressenti cette sensation de battements qui s'accélèrent et résonnent jusque dans les tempes, cet émoi qui l'avait envahi lorsque la belle Hortense était apparue dans le jardin.

Aujourd'hui il était vieux. Le patron le rappellerait sans qu'il n'ait la possibilité de revoir Hortense. Les rosiers, eux, s'épanouissaient en attendant d'accueillir d'autres jeunes gens.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n° 286 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, d'Emma Jane Browne, n'est pas libre de droits non plus.

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28/05/2017

Ses yeux brillaient de mille feux

La plage était déserte. Tiberio et Marcella cheminaient tranquillement. Ils avaient ôté leurs chaussures pour être au contact des éléments. Le sable humide sous leurs pieds était une sensation curieuse. Ils marchaient l'un à côté de l'autre en silence. Leurs cheveux se pliaient aux désirs du vent. C'était la première fois qu'ils se promenaient pieds nus sur l'estran. D'habitude ils restaient tout en haut de la plage, là où le sable était toujours sec et où l'après-midi les familles allongeaient leurs serviettes.

Le sable froid titillait leur peau. Ils se retournaient de temps à autre pour contempler leurs empreintes figées dans le large tapis ondulé. L'air, chargé d'iode et d'embruns, leur mettait les poumons sous pression. Ils sentaient chaque bouffée passer dans leur trachée, comme si quelqu'un, le pied sur une pompe, avait essayé de les gonfler tout entiers.

Ils marchèrent ainsi pendant une demi-heure puis firent demi-tour après avoir observé longuement l'horizon. Des bateaux de pêche s'en allaient dans le lointain. Tiberio prit la main de Marcella et la serra fort. Elle se rapprocha de lui et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Ils n'avaient pas échangé un mot depuis qu'ils étaient descendus de voiture. Tiberio l'enlaça tout contre lui et observa son visage. Les yeux de Marcella brillaient de mille feux, concurrençant la lumière vive du soleil.

Textes précédents: N°5, N°6

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°269 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Vincent Héquet, n'est pas libre de droits non plus.

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