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20/06/2012

Katiba - J.-Ch. RUFIN

livres,littérature,romans,jean-christophe rufin,organisations internationale,diplomatie,actu,actualitéLecture intéressante mais il y avait beaucoup trop de personnages à mon goût et j'ai eu parfois un peu de mal à me rappeler qui faisait quoi. Ceci étant dit, je dois dire que j'aime toujours autant la plume de Jean-Christophe Rufin. Il a un vrai don pour raconter des histoires.

Ce roman a pour objet la diplomatie et le démantèlement de groupes islamistes au Maghreb se réclamant d'Al-qaeda. Il y a du sang et des rancoeurs, un peu d'amour et de sexe, et beaucoup de stratégie entre une agence de renseignements privée et les services secrets américains et algériens.

Au coeur de l'histoire, la belle Jasmine, jeune recrue affectée au service du Protocole du Quai d'Orsay qui oscille entre sa culture française et ses racines algériennes. Haït-elle l'Occident au point de prêter main forte à un groupe islamiste qui projette de faire un coup d'éclat en France ou bien joue-t-elle un double jeu? C'est ce que l'on découvre au fil des pages. Mais dans cette histoire, rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir. Chaque personnage a sa part d'ombre et nombreux sont ceux qui cachent leur jeu.

Katiba - Jean-Christophe RUFIN - Ed. Flammarion - 2010

20/01/2012

Réception diplomatique

Peter ne pensait pas avoir un énorme succès en France mais il était très heureux d'avoir été sélectionné. Comme lui, trois autres écrivains anglais avaient été choisis pour être traduits dans la langue de Molière. Le conseiller culturel avait fait un discours sans fausse note, en évoquant de façon concise les particularités des candidats. Il avait parlé de "belles découvertes" dans les ouvrages retenus. Angie Smith avait été choisie pour un essai sur les auteurs de la Pléiade, Adam Potter pour un roman relatant une sombre histoire de maîtresse délaissée contrainte à vivre dans une caravane, et Charles Scott pour un roman policier aux accents rustiques se déroulant dans un coin reculé d'Angleterre.

Le livre qui valait à Peter d'être parmi les candidats avait été primé plusieurs fois. Il s'agissait de son deuxième roman, "La nostalgie de l'amour", dans lequel il avait mis en scène une trentenaire errant dans le carnaval de Venise après la disparition de son compagnon. Peter s'était attardé sur la période qui s'écoule entre la perte de l'être aimé et le moment où la jeune femme commence à reprendre sa vie en main.

Une fois les auteurs présentés, le conseiller culturel avait invité l'assistance à prendre part au cocktail dînatoire. Après avoir serré la main au ministre plénipotentiaire, qu'il avait croisé lors d'une précédente manifestation, Peter se dirigea lui aussi vers le buffet. C'était jour de fête à l'Institut français. Les flûtes étaient sorties, le champagne coulait à flot. L'heure était au raffinement.

Peter picorait dans les plats quand trois pintades, grimpées sur des stilettos, lui mirent le grappin dessus. Elles voulaient tout savoir sur ses habitudes d'écriture: ce qui l'inspirait, à quelle heure il écrivait, quel serait le sujet de son prochain livre... Elles criaillaient sans interruption et leur babillage devint vite insupportable. Peter songeait à s'éclipser. L'heure tournait. Il ne savait pas trop comment s'en débarrasser quand il aperçu dans le fond de la salle, adossé à une statue représentant une divinité romaine, Paul Mulberry, éditeur raté et fieffé menteur connu de tous les gens de lettres. Il avait essayé de faire croire à plusieurs personnes qu'il avait remonté le Nil sur une felouque avant de se rendre près des pyramides à dos de dromadaire. Personne, bien sûr, ne l'avait cru. Tout le monde savait que c'était un couard et que jamais il n'aurait osé mettre un pied dans le désert, et certainement pas s'arrêter dans une oasis.

Mais bien entendu, au lieu d'aller saluer Mulberry, seul prétexte qu'il avait trouvé pour s'arracher des griffes des gallinacés, Peter avait filé par la galerie séparée de la salle par un moucharabieh. Les réceptions mondaines n'étaient pas son truc. Il ne prenait aucun plaisir à festoyer de la sorte. Il faudrait cependant qu'il revienne à l'Institut pour l'inscription au rallye auquel il avait promis de participer. Victoria ayant un sens de l'orientation presque inné ils avaient des chances de gagner.

Avant de rentrer à Bayswater Road il s'arrêta dans une pharmacie pour acheter une préparation au propolis, des tisanes à l'huile de thym  et des pastilles au miel de pin. Victoria n'avait plus de voix depuis deux jours. Elle n'avait pas bougé de son appartement et se gavait de médicaments plus inefficaces les uns que les autres. Peter espérait qu'elle n'avait pas attrapé un mauvais virus et que ces quelques remèdes de grand-mère feraient leur effet.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 52 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il y avait 25 mots imposés. Ce texte n'est pas libre de droits.

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27/08/2010

Un léopard sur le garrot - J.-Ch. RUFIN

9782070359912[2].gifVoilà mon premier coup de coeur de ce trimestre. Ces chroniques d'un médecin nomade m'ont fait voyager dans le labyrinthe de l'université, du monde hospitalier, des organisations humanitaires, de la diplomatie, de l'écriture et du monde littéraire.

Jean-Christophe Rufin évoque son parcours à travers des chroniques ciselées au bistouri. Il nous raconte son enfance et l'admiration pour son grand-père qui était médecin, une sorte de magicien pour le petit garçon qu'il était. Mais à force de baigner dedans, il finit par se lasser de tout cet univers. Cependant, la première greffe de coeur réalisée en Afrique du Sud par Christiaan Barnard ramène la médecine sur le devant de la scène. Rufin a 16 ans et sait ce qu'il veut faire: il sera médecin.

On le suit dans son parcours esdudiantin, ses stages à l'hôpital, ses années d'internat, sa spécialisation en neurologie, son engagement dans l'humanitaire, ses "apparitions" dans des ministères, sa vie diplomatique et sa confrontation avec l'écriture.

Il se révèle être un vrai conteur. Il a un don et je suis sûre que lui même ne le sait pas. Ses chroniques sont parsemées d'anecdotes croustillantes. Il en dit juste assez au moment où il faut, il saupoudre humour, ironie et cynisme au fil des pages. C'est bon. Je me suis souvent surprise à rire. Parfois sur les sujets les plus graves. Aventurier malgré lui et opportuniste à ses heures, il est un admirable observateur de la vie et croque ses contemporains avec justesse.

Un livre que je ne saurais que trop vous recommander. Pour ma part, je vais me jeter sur ses autres ouvrages!!!

Un léopard sur le garrot - Jean-Christophe RUFIN - Ed. Gallimard / Folio - 2009

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