Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/03/2018

Les buveurs de lumière - J. FAGAN

livres,romans,les buveurs de lumière,jenni fagan,actu,actualité,roman d'anticipation- Gunn me disait qu'il y avait une île près de la Norvège, mais qui fait encore partie de l'archipel des Orcades, où vivait un groupe de moines qu'on appelait les pèlerins buveurs de lumière. Ils n'avaient rien d'autre à manger que des fous de Bassan et une année ils ont tous perdu la raison, alors ils se sont jetés du haut des falaises, ils étaient environ soixante-dix. Personne ne sait ce qui les y a poussés, mais ils étaient totalement isolés du continent et, même s'ils avaient un bateau, ils ne pouvaient pas aller chercher de l'aide avant le printemps. Ils sont tous morts, sauf un. On l'a retrouvé nu au sommet de la montagne, assis en lotus, en train de boire la lumière - de l'orange au gris.

Ce roman de Jenni Fagan fait partie de la sélection du Prix des lecteurs de l'Armitière. Je ne savais pas trop ce que j'allais découvrir en l'ouvrant, n'ayant lu aucune critique dessus et entendu aucune chronique. J'ai à peine regardé la quatrième de couverture en le choisissant. C'est une fois rentrée chez moi que je m'y suis intéressée de plus près. On  m'annonçait des températures basses, très basses même, un hiver comme les habitants de Clachan Fells, situé au nord de l'Ecosse, n'en ont jamais connu. Et pour cause. L'histoire se déroule pendant l'hiver 2020-2021. Toute la planète est touchée par le phénomène. Il neige à Jérusalem, les blizzards et les vents paralysent l'Europe... Bref! On entre dans l'ère glaciaire. On atteint des records de températures négatives.

Et c'est à travers trois personnages que l'on vit cet hiver dans le parc à caravanes de Clachan Fells. Il y a tout d'abord Constance, bricoleuse de génie qui fait des provisions de bois et de nourriture pour tenir plusieurs semaines. Puis il y a sa fille, Stella - qui était encore il y a peu un petit garçon -, rejetée par ses camarades de classe et qui vit un véritable cataclysme hormonal. Enfin, il y a Dylan, un Londonien qui emménage dans une caravane reçue en héritage. Ces trois-là ont été cabossés par la vie. De différentes façons. Mais ils ont quelque chose en commun. Et ils vont s'apprivoiser.

Je lis très peu de romans d'anticipation et le début du livre ne m'emballait pas, notamment lorsque l'on suit Dylan dans ses derniers instants à Londres. Puis, j'ai continué à lire. Et le miracle a eu lieu. Les paysages décrits sont grandioses, les destins des personnages sont invraisemblables, et malgré le côté catastrophique de la situation, il y a une humanité qui se dégage de ce roman, une certaine sagesse, une vraie beauté. Ce fut une jolie lecture et qui pose beaucoup de questions.

Les buveurs de lumière - Jenni FAGAN - Ed. Métailié - 2017

14/03/2018

Le diable en personne - P. FARRIS

le diable en personne, peter farris, littérature, littérature américaine, romans, roman noir, états-unis, actu, actualitéEn pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d'assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d'un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts  responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c'était sans compter sur Leonard Moye, un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

La quatrième de couverture pose bien le décor et l'atmosphère de ce roman noir lu pour le Prix des lecteurs de l'Armitière. C'est sombre, les personnages sont en colère, voire enragés, n'obéissent qu'à leurs propres lois, mais on se prend d'affection pour eux. Maya et Leonard forment un tandem improbable. Ils vont s'observer, se jauger, et puis finalement s'apprivoiser et unir leurs forces pour combattre ceux qui veulent la peau de Maya. Elle n'a pas l'air très douée la petite prostituée mais elle a une mémoire exceptionnelle. Elle se souvient mot pour mot des propos qu'on lui tient et le maire a été un peu trop bavard. Alors forcément, elle gêne. Réussiront-ils à se débarrasser des sbires de Mexico et du bras droit du maire? Je vous laisse découvrir la fin de l'histoire.

Au début du roman je me suis demandé où Peter Farris voulait m'emmener, puis au bout du compte j'ai eu beaucoup de mal à lâcher le bouquin. On a envie de connaître la suite et on tourne les pages. L'intrigue est pas mal menée et le style se tient. Ce fut plutôt un bon moment de lecture même si, avouons-le, cette histoire est déjantée et sordide!

Le diable en personne - Peter FARRIS - Ed. Gallmeister - 2017

27/02/2018

Ce qu'on entend quand on écoute chanter les rivières - B. NORRIS

livres,romans,littérature,lecture,barney norris,actu,actualitéJe n'imagine pas une vie digne de ce nom qui ne s'enchevêtre pas à une autre comme le lierre. Le quotidien prend du relief et de l'importance quand on fait rire l'autre, quand on l'émeut, quand on crée à deux un motif plus riche. Pour moi, c'est la seule véritable beauté en ce monde.

Ce qu'on entend quand on écoute chanter les rivières est ma troisième lecture pour le Prix des lecteurs de l'Armitière. C'est un très beau premier roman. Barney Norris, jeune dramaturge anglais, nous emporte avec sa plume qui décrit merveilleusement les sentiments humains et les ressentis de plusieurs personnes qui vont se croiser lors d'un accident. Cinq personnes au total, impliquées à divers degrés, qui prennent chacune leur tour la parole dans des parties bien distinctes.

La première s'appelle Rita, une vieille dame fleuriste et vendeuse d'herbe à l'occasion, cabossée par la vie, au sens propre comme au sens figuré. Il y a ensuite Sam, jeune homme timide qui fait l'expérience des premiers émois amoureux. Vient ensuite un vieil homme dont la femme est morte à l'hôpital le jour-même de l'accident. Puis il y a cette femme de soldat, esseulée, au bord de la dépression, qui se bourre de cachets et qui s'en veut. Enfin, nous faisons la connaissance de Liam, un trentenaire qui a du mal à trouver sa place dans la vie.

Chaque personnage prend la parole et nous raconte sa vie avant ou après l'accident, nous raconte l'enchaînement des événements, ce qui l'a conduit à être là au moment du drame. Et l'auteur pointe avec subtilité les hasards et les coïncidences que nous réserve la vie. Il y a de très beaux passages. Un texte fort. A lire!

Ce qu'on entend quand on écoute chanter les rivières - Barney NORRIS - Ed. du Seuil - 2017

27/11/2017

Quand sort la recluse - F. VARGAS

livres,littérature,romans,polars,quand sort la recluse,fred vargas,actu,actualitéUne amie m'a passé le dernier polar de Fred Vargas il y a quelques semaines et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé le commissaire Adamsberg. L'intrigue de Quand sort la recluse est bien ficelée. Jusqu'au bout on cherche le coupable (même si mon esprit tordu avait quand même de sérieux soupçons).

L'enquête ne débute pas tout de suite. La brigade est sur une autre affaire. Mais, c'est en faisant des allées et venues entre les bureaux que le commissaire repère quelque chose d'étrange sur l'ordi d'un de ses collègues. Ce dernier a fait des recherches sur une araignée, "la recluse". Une bestiole inoffensive si on ne vient pas l'embêter. Si par malheur elle nous mord, il faut consulter un médecin, mais pas de quoi s'affoler. Une morsure de recluse ne peut pas tuer un homme. Or, dans le sud, on compte déjà deux morts par recluse depuis le début de l'année. Deux morts assez rapprochées. Les deux bonhommes n'étaient pas tout jeunes mais ils étaient originaires du même coin. Adamsberg ressasse l'information. Pas de quoi ouvrir une enquête, qui du reste ne serait pas de son ressort. Mais l'araignée revient gratter régulièrement son esprit, quand ce n'est pas sa nuque. Il discute de l'affaire avec le dit collègue qui lui aussi est très intrigué. Ils vont commencer à enquêter en embarquant avec eux la responsable informatique du service. Mais tout cela reste confidentiel. Ils n'ont pas d'éléments suffisants pour ouvrir une enquête et l'ambiance n'étant pas au beau fixe avec le commandant Danglard, ils ne parlent pas de leurs recherches.

Adamsberg, sous un prétexte fallacieux, va interroger un spécialiste des araignées qui lui affirme qu'un homme ne peut pas mourir d'une morsure de recluse, qu'il faudrait le venin de plusieurs dizaines de ces bestioles pour envoyer un humain à l'hôpital. Franchement, la théorie ne tient pas debout. Le jour de l'entrevue avec le scientifique il rencontre une petite mamie qui semble bien connaître cette fameuse araignée, d'ailleurs elle comptait en donner une morte au spécialiste avec qui elle avait également rendez-vous. Originaire du sud, elle connaît les deux premières victimes, qui elles-mêmes se connaissaient. Adamsberg fait alors des recherches sur les deux hommes et remonte à un mystérieux pensionnat pour garçons difficiles...

L'intuition d'Adamsberg est-elle bonne où se perd-il dans les brumes de son esprit? Je vous laisse découvrir la suite. Ce fut un bon moment de lecture pour ma part. Non seulement l'intrigue est bien menée mais elle est aussi étayée par de nombreux détails scientifiques.

Quand sort la recluse - Fred VARGAS - Ed. Flammarion - 2017

24/10/2017

Les jours enfuis - J. McINERNEY

livres,lecture,romans,littérature,littérature américaine,jay mcinerney,actu,actualitéTout était là, mais Jack en disait trop dans sa première mouture, il doutait trop de la qualité de son matériau alors qu'en fait, il avait déjà tout mis en place et fourni chaque détail dont le lecteur avait besoin. Russell lui avait montré ce qui s'y trouvait déjà et comment dépasser sa crainte de ne pas être assez explicite, citant l'éternel cliché qui veut que "moins c'est plus".

J'ai découvert Jay McInernay dans la Grande Librairie il y a quelques mois. Il était interviewé chez lui, à New York, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, Les jours enfuis. Ce roman fait partie d'une trilogie dont le premier volet a été publié en 1993 sous le titre Trente ans et des poussières. L'auteur y auscultait sans compromis les années folles de la finance dans les années 80. La suite, intitulée La Belle vie, a paru en 1997. Les protagonistes étaient projetés au cœur de l'après 11 septembre. Dans la dernière partie, on plonge dans l'année précédant l'investiture d'Obama à la tête des Démocrates pour la course à la Présidentielle américaine.

Russell et Corinne Calloway, la cinquantaine, vivent à New-York dans le très chic quartier de TriBeCa et passent leurs vacances dans les Hamptons. Ils ont des jumeaux, Storey et Jeremy, âgés de onze ans. Lui est directeur d'une maison d'édition, elle s'occupe d'une association caritative. Ils sortent  beaucoup: vernissages, lancements de livres, galas de charité dans la haute société new-yorkaise... La vie est belle. Mais - parce qu'il y a un mais - quand on pénètre leur intimité, on voit que leur vie n'est peut-être pas si belle que l'on croyait.

Tous les couples ont leurs hauts et leurs bas, et là, pour le coup, il y a plus de bas que de hauts. Outre la maison d'édition de Russell menacée de faillite, refait surface un ancien amant de Corinne. Elle est elle-même étonnée qu'il l'attire toujours autant. Et elle succombe de nouveau à son charme, prétextant un week-end avec une amie pour aller le retrouver.

Jay McInernay peint une société new-yorkaise où l'argent coule à flot (même si la crise financière est là) et où tromper sa femme (ou son mari) semble presque normal. En tout cas ça semble normal pour la plupart des personnages masculins. Et pour quelques personnages féminins. J'avoue que ça m'a un peu dérangée.

Il y a bien sûr des chapitres qui s'attardent sur l'opposition entre l'Amérique profonde et le microcosme new-yorkais, sur le fait de savoir si les Américains sont prêts à élire un noir à la Maison blanche, mais tout de même, ce n'est pas ce qui fait la majorité du roman. Et j'ai donc beaucoup de mal à dire si j'ai aimé ce livre ou pas.

Les jours enfuis - Jay McINERNAY - Ed. de l'Olivier - 2017

30/09/2017

La Salamandre - J.-Ch. RUFIN

livres,littérature,romans,jean-christophe rufin,la salamandre,brésil,actu,actualitéElle était passée de l'autre côté, là où le monde est sans pitié et sans égard, où la misère impose ses rudesses au corps et à l'esprit, où la vie n'est que le solde d'un compte entre la violence reçue et celle que l'on administre. Les scrupules, la prévenance, la politesse sont réservés aux étrangers, aux riches, à ceux que l'on respecte mais que l'on vole. La brutalité, elle, est la part des familiers, de ceux que l'on piétine mais que l'on aime.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant ce bouquin même si j'aime assez le style de l'auteur. Ce n'est pas le premier livre que je lis de Jean-Christophe Rufin. J'avais beaucoup aimé Un léopard sur le garrot. Pas un roman, pas une autobiographie non plus, une sorte de récit où il passe à  la loupe les moments importants de sa vie et ce qui a compté pour lui.

Ici le registre est différent. Il s'agit bel et bien d'un roman. Catherine, la quarantaine bien entamée, parisienne à la vie bien réglée et un peu terne, décide un jour de prendre de vraies vacances et d'aller rendre visite à une amie d'enfance installée au Brésil.

Quand elle arrive, c'est le Brésil des cartes postales qui l'accueille. Le soleil, la chaleur, les après-midi à la plage... rien ne manque. Les hommes à la peau mate font eux aussi partie du décor. C'est d'ailleurs sur les conseils de son amie que Catherine débute une relation avec l'un de ces hommes, de ceux qui traînent sur la plage en quête de touristes étrangères esseulées et en mal d'aventures. Il se prénomme Gilberto. Un prénom imprononçable quand on ne parle pas brésilien. Pas question d'argent entre eux. Catherine lui fait cependant des cadeaux, à chaque fois toujours un peu plus beaux, comme si elle avait une dette envers lui. Lui qui se donne sans compter au lit.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Catherine aurait pu repartir en France à la fin de vacances, reprendre sa vie paisible à Paris. Mais elle s'est attachée à Gilberto, et serait prête à n'importe quoi pour lui, même si elle sait qu'il habite dans les favelas et que les gens de ces quartiers ne sont pas forcément bien intentionnés. Elle lui demande ce qui lui ferait plaisir. Il aimerait s'acheter un bar. Catherine fait rapidement ses calculs, additionne ses placements et la vente de son appartement, soustrait les liens qui pourraient la retenir à Paris, et la voilà installée à Rio. Cependant, tout ne va pas se passer comme elle l'avait imaginé. L'amour qu'elle ressent pour Gilberto n'est pas réciproque et il devient méchant, voire indifférent, abusant jusqu'à l'extrême de la faiblesse de Catherine. Elle l'a dans la peau. Lui a compris qu'elle ne lui refuserait rien. Et cette passion destructrice va aller crescendo.

Autant vous dire que j'ai eu envie de la secouer plus d'une fois cette Catherine, de lui faire entendre raison, de lui prouver par A + B que ce Gilberto n'est pas un type bien. Et là plusieurs questions me viennent à l'esprit. Est-ce qu'on peut aimer un homme jusqu'à ce qu'il nous détruise? Peut-on tout accepter par amour? N'y a-t-il pas une limite à la souffrance? Comment ne pas finir par haïr cet homme qui vous fait du mal? Un amour enfui peut-il conduire à vouloir mourir? Ce roman ne m'a pas laissée indifférente. Si Jean-Christophe Rufin voulait provoquer ses lecteurs, on peut dire qu'avec moi il a gagné son pari!

La Salamandre - Jean-Christophe RUFIN - éditions Folio - 2016

03/08/2017

Une année de lecture

Comme chaque année, le début du mois d'août sonne l'heure du bilan de mes lectures. Et bien je suis heureuse de vous annoncer que celui de cette année est, de loin, meilleur que celui de l'an passé. En effet, du 1er août 2016 au 31 juillet 2017, j'ai lu en tout 32 livres, soit plus du double qu'à la même période l'année dernière. Ai-je eu plus de temps pour lire cette année? Pas sûr. Disons que j'ai davantage pris le temps. Me gavant même de lecture certains jours. Et quel bonheur de plonger dans toutes ces lignes qui m'ont fait croiser des destins extraordinaires et découvrir des histoires palpitantes!

Mais revenons à notre bilan. Ces 32 livres représentent un coût de 522,50 euros. Mais je me dois d'ajouter qu'en réalité mes lectures ne m'ont réellement coûté que 165,10 euros. La majorité des bouquins m'a été prêtée (merci les amies).

Quelques livres à retenir de cette année. Le temps est assassin de Michel Bussi. Un excellent polar que j'ai dévoré. Pour le dépaysement, j'ai beaucoup voyagé du côté de l'Australie avec Une vie entre deux océans de M. L. Stedman et Fleurs sauvages de Kimberley Freeman. J'ai également voyagé aux Etats-Unis avec Tracy Chevalier et son excellent A l'orée du verger ainsi qu'avec Sylvain Tesson qui a traversé la France Sur les chemins noirs. Puis dans des genres différents, j'ai énormément apprécié Un saint homme d'Anne Wiazemsky, Trois jours chez ma mère de François Weyergans, et Chagrin d'école de Daniel Pennac.

Un bon bilan en somme et je vais essayer de faire aussi bien cette année.

Bonne lecture à tous!

livres,lecture,littérature,essais,romans,polars,actu,actualité

livres,lecture,littérature,essais,romans,polars,actu,actualité