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27/01/2017

Souvenirs de vacances

C'est en rangeant ses livres dans la bibliothèque qu'elle avait fait faire sur mesure que Sarah tomba sur de vieux albums photos. Elle se rappelait maintenant les avoir glissés dans les cartons de bouquins pour éviter qu'ils ne se perdent lors du déménagement. Il y avait là des souvenirs d'Italie sur les bords du lac de Côme, un Noël à Kitzbühel, des vacances dans la maison familiale de l'île aux mimosas, et puis ce voyage en Inde où elle avait accroché un vœu dans un arbre à souhaits. Des souhaits écrits dans toutes les langues. En découvrant le Kalpavriksha elle avait trouvé ça étrange d'accrocher des petits mots dans les branches d'un arbre mais comme tout le monde elle avait cédé à la coutume en se disant que ça pouvait peut-être fonctionner.

Avec le recul, force était de constater que son vœu s'était réalisé. "Être libre", voilà ce qu'elle avait inscrit. Et aujourd'hui elle l'était. Elle faisait ce qu'elle avait toujours rêvé de faire et habitait dans les montagnes comme elle se l'était imaginé. Elle n'avait bien sûr pas ménagé ses efforts pour en arriver là mais elle avait le sentiment que  désormais rien ni personne ne pourrait être un obstacle, que tous les possibles s'offraient à elle. Elle rangea les albums dans le bas de la bibliothèque et continua à disposer les livres sur les étagères. Elle avait pensé un moment les classer par maisons d'édition puis s'était finalement décidée à les regrouper par auteurs. D'un côté les auteurs français et suisses, sur une autre étagère les auteurs anglo-saxons, et les essais classés par sujets et côtoyant les guides de voyages et l'atlas géographique.

Perchée sur l'escabeau elle jeta un regard circulaire à la pièce après avoir entreposé les derniers ouvrages. Ses yeux furent attirés par quelque chose posé tout en haut de la table de berger. Le meuble mesurant pas moins de deux mètres, elle n'avait rien remarqué jusqu'à présent. De là où elle était elle avait du mal à voir s'il s'agissait d'un livre ou d'une pochette. La couleur de l'objet se fondait avec celui du meuble. Baptiste Vittoz lui avait dit que la table de berger avait été conçue par son grand-père et qu'elle faisait partie de la maison. Sarah avait donc décidé de la garder. C'était un beau meuble en pin massif sculpté de fleurs et de rosaces. Mais pour l'instant elle n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce qu'elle venait d'apercevoir.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°251 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo est d'Anselme et n'est pas libre de droits non plus.

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20/01/2017

L'étrangère des Edelweiss

Le soleil semblait comme emprisonné dans la brume mais cela donnait un aspect magique au paysage. Sarah s'était arrêtée pour contempler l'horizon. La vallée était bouchée mais à Combloux le ciel était étonnamment clair. Il devait donc faire beau à Megève. A l'automne les touristes étaient peu nombreux et cela plaisait à Sarah. Elle pouvait profiter pleinement des chemins de randonnée et descendre faire ses courses à pied sans manquer se faire renverser par un gros 4X4.

Elle appela Toby et l'enferma dans la cuisine avant de fermer la porte d'entrée à clé. Puis, elle se dirigea vers le cœur du village, situé en contre-bas. Elle descendait environ deux fois par semaine. Une fois à pied, pour acheter les produits frais qui lui manquaient. Et une fois en voiture, pour faire un gros plein et rapporter tout ce qui était volumineux et qu'elle ne pouvait pas remonter à bout de bras. Aller à pied au village lui permettait aussi de faire un peu d'exercice. Quand elle avait un roman en chantier, elle faisait moins de balades avec son chien même si ces escapades lui insufflaient bien souvent des idées pour avancer dans la rédaction de sa prose.

Elle mit une demi-heure pour atteindre le centre. Elle ne s'était pas pressée, s'arrêtant régulièrement pour admirer les montagnes environnantes et faire quelques photos avec son mobile. L'air était frais mais il n'avait pas gelé. L'herbe était gorgée de rosée. Les arbres, dénudés, faisaient peine à voir. Seules quelques feuilles tenaient encore par miracle sur les branches mais elles seraient emportées à coup sûr par le premier coup de vent.

Lorsqu'elle entra chez le crémier Sarah sentit les regards se poser sur elle. Le patron et les deux clients qui se trouvaient dans la boutique la dévisagèrent de la tête aux pieds. Elle se pencha pour scruter la vitrine, faisant mine de ne pas avoir remarqué les regards insistants. Elle se sentait comme une étrangère dans le village. Cela faisait tout juste trois mois qu'elle habitait Combloux et elle ne connaissait pas grand monde. C'était la basse saison. A chaque fois qu'elle franchissait la porte d'un magasin, on la regardait bizarrement. Elle sentait qu'elle n'avait pas encore été acceptée par les habitants. De plus, son accent traînant ne faisait aucun doute sur ses origines. Beaucoup se demandait ce qu'était venue chercher une jeune femme Suisse en Haute-Savoie. Puis, le crémier ayant terminé avec les deux autres clients, il s'enquit de ce qu'elle voulait acheter.

- Vous désirez?

- Un morceau d'abondance, s'il vous plaît.  

- Vous habitez le village?... Ce n'est pas la première fois qu'on vous voie... 

- Oui. Depuis trois mois, répondit Sarah, surprise qu'un commerçant entame la conversation avec elle. Ils étaient plutôt du genre taiseux dans la coin et à mener leur petite enquête en douce.  

- Vous habitez dans le centre?

- Non, dans un chalet un peu excentré.

- Ah! c'est pas vous qu'avez racheté la bicoque à Pierrot? Les Edelweiss?

- Oui, oui, c'est ça.

- Un brave bonhomme le Pierrot. C'était à se douter que son fils garderait pas le chalet. Sa femme l'a jamais aimé. Elle le trouvait trop loin du centre. Madame est habituée à avoir tout sous la main à Annecy et préfère pavaner à Megève.

- Effectivement, j'ai racheté le chalet à Baptiste Vittoz, lança Sarah en espérant obtenir plus d'infos sur la vie passée du chalet et de ses habitants.  

- Un brave garçon, comme son père. Il vient nous rendre visite de temps en temps quand sa femme fait les boutiques chez les riches.

Sarah n'avait jamais vu la femme du fils, mais elle sentait qu'elle n'était pas appréciée des villageois. Et elle avait comme l'impression que Baptiste Vittoz avait été contraint par son épouse à vendre le chalet...

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°250 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo est de Valentine Goby et n'est pas libre de droits non plus.

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13/11/2016

La maison de l'amour

Philip et Victoria n'avaient pas déménagé pour officialiser leur liaison. Chacun avait gardé son appartement. Elle, adorait la vue qu'elle avait sur Kensington Gardens. Lui, aimait la proximité avec son bureau. C'est Victoria qui, la plupart du temps, se rendait chez Peterson. Elle ne voulait pas envenimer davantage les choses avec Peter. Moins il croisait Philip, mieux c'était. Il en voulait beaucoup à Victoria de l'avoir quitté pour Peterson, un type de cinq ans son aîné. Peter pensait qu'il n'avait rien à craindre d'un homme plus vieux que lui. Il avait été bien naïf de penser ça.

S'ils n'avaient pas changé leurs habitudes à Londres, Philip et Victoria avaient cependant eu un coup de foudre pour une maison à Brighton. Un week-end qu'ils se baladaient sur la côte, ils avaient vu une belle bâtisse blanche à vendre. Tous les deux avaient remarqué les bow windows et les nombreuses fenêtres qui laissaient présager une belle clarté à l'intérieur de la maison. Philip avait noté le numéro de téléphone inscrit sur la pancarte et ils avaient appelé le soir-même. Ils l'avaient visité le lendemain et avaient complètement craqué. Victoria voyait déjà comment la décorer. Philip avait exactement les mêmes goûts qu'elle. Cette maison leur ressemblerait et scellerait leur amour.

Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture Une photo Des mots n° 240 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits, la photo (de Leiloona) n'est pas libre de droits non plus.

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16/10/2016

Sûre et certaine

textes originaux,écriture,littérature,atelier d'écriture,actu,actualitéClélia s'était arrêtée au milieu de la place, le regard happé vers un point fixe. Son père, Fabiano, avait dû faire demi-tour pour aller la chercher car elle n'avait pas entendu ses appels répétés. La petite ne lâchait pas des yeux deux gros quatre-quatre noirs. Les deux mêmes que ceux qu'elle avait vus la veille près du restaurant où ils avaient dîné. Elle en était sûre et certaine, c'était bien ceux-là. Et il y avait ce même type, très grand, jouflu et le crâne rasé. Celui-là même qui portait des lunettes de soleil alors que le ciel était gris. Ca lui avait paru bizarre à Cléclia, pour ne pas dire louche. Il avait l'air de faire le pied de grue, ou bien il avait envie de faire pipi, à se dandiner de la sorte d'un pied sur l'autre.

Il y avait beaucoup de touristes sur la piazza del Plebiscito et le jouflu au crâne rasé ne fit pas attention à cette enfant qui pointait ses yeux vers lui. Une petite fille d'environ quatre ans, les cheveux châtain clair et vêtue d'une robe d'été à dentelles. Elle n'avait que quatre ans mais elle était déjà dotée d'une mémoire exceptionnelle.

- Clélia! Clélia! dépêche-toi! criait Fabiano. Si tu traînes on ne passera pas chez le glacier. Tu m'as bien dit que tu voulais goûter la glace à la mangue?!

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- Allô? Allô? Madame Cécilia Hamilton?

- Oui?

- Ici le bureau de police de la via Medina à Naples. Avez-vous été en relation dernièrement avec le signore Marconi? Sergio Marconi?

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°236 organisé par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Romaric Cazaux, n'est pas libre de droits non plus.    

09/10/2016

Quitter Venise

Photo pièce noir et blanc BricaBook.pngCécilia jeta ses affaires sur le lit et ouvrit sa valise. Peu importait que ses vêtements soient bien rangés. Ce qui comptait c'était de faire au plus vite, de sauter dans un taxi qui la conduirait à l'aéroport, et d'attraper un vol pour Londres. Elle n'en pouvait plus d'attendre Sergio. Il lui avait fait miroiter un week-end idyllique à Venise et finalement il n'était pas là quand elle était arrivée. Il lui avait dit qu'il était retenu à Naples pour régler une affaire, une transaction importante qu'il ne pouvait pas manquer. Cécilia avait essayé de se faire une raison, de profiter des beautés de la ville dont elle avait un bel aperçu depuis la fenêtre de sa chambre. Elle avait parcouru le canal en vaporetto, s'était rendue à l'île de Murano pour rencontrer les artisans verriers. Mais elle était seule. Le matin du quatrième jour, après avoir pleurer toute la nuit, elle s'était résolue à quitter la ville, à tirer un trait sur Sergio, et plus encore sur les Italiens. Ils n'étaient pas pour elle, pas plus que l'Italie d'ailleurs. Elle se languissait déjà de Londres.

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Ce matin-là à Naples le plongeur d'une petite Trattoria trouva le corps inanimé d'un homme dans la poubelle qu'il avait sortie la veille à la fermeture de l'établissement. Le type, d'une quarantaine d'années, y avait été mis la tête la première. Ne dépassaient que ses chaussures en cuir vernis...

 

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'Atelier d'écriture Une Photo, Quelques Mots n°235 organisé par Leiloona. Il s'inspire du texte Revoir  Big Ben. Il n'est pas libre de droits. La photo est de Vincent Héquet et n'est pas libre de droits non plus.

01/10/2016

La venue du bien-aimé

textes originaux,écriture,littérature,photographies,actu,actualitéLa tempête avait recouvert la ville d'un voile blanc. Le ciel était laiteux, l'air piquant, et les bruits assourdis par la neige. Le vent s'était apaisé en fin de nuit et avait laissé place au silence.

La veille Stanislas avait appelé Cécilia pour lui dire de rester enfermée, qu'il lui porterait quelques courses dès que le vent serait tombé. Ce matin les éléments n'étaient plus déchaînés. Les rues étaient calmes. Le chalet de Cécilia était situé à l'autre bout du village mais pas question pour Stanislas de prendre la voiture. Il avançait lentement. Les bancs disséminés sur le chemin n'offraient pas de repos aux passants si ce n'est un coussin réfrigérant.

Outre les quelques provisions, Stanislas portait également à Cécilia une proposition. Il tâta la poche de son blouson pour vérifier que la petite boîte était bien là. Cela faisait maintenant deux mois qu'il était décidé et il attendait le moment opportun pour la lui donner. Le bijoux avait appartenu à sa grand-mère. Un joli diamant griffé sur un anneau en or blanc.

Le jour où il avait rencontré Cécilia un ange était venu lui dire qu'elle approchait à grands pas. Sur le coup il n'avait pas compris ce qu'il lui voulait. C'est quand il la vit que Stanislas comprit. L'ange avait armé son arc avec une extrême rapidité. A chaque fois qu'il y repensait il sentait la flèche se ficher dans son cœur.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'Atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°234 animé par Leiloona. Pour comprendre ce texte je vous invite à lire les deux textes précédents Le chant syncopé de la tempête et Des ailes d'une blancheur immaculée. La photo est de Kot et n'est pas libre de droits.

18/01/2016

Des ailes d'une blancheur immaculée

C'est quand le jour commença à pointer que Cécilia se risqua à soulever doucement les paupières. Elle avait peur de ce qu'elle allait découvrir. Et quand elle eut complètement ouvert les yeux elle se demanda si elle n'était pas en train de rêver. Elle se secoua pour se réveiller. Mais force était de constater qu'elle ne dormait pas. Elle eut un moment de sidération.

Dans l'angle de la fenêtre se tenait un homme nu nimbé d'une lumière à la fois vaporeuse et éclatante. Il avait le teint pâle, le regard doux, des dents d'un blanc étincelant. Puis, Cécilia remarqua qu'au dessus de ses épaules se dessinaient deux ailes d'une blancheur immaculée. Diantre, le bonhomme avait tout l'air d'un ange. Elle se cramponna au canapé en se demandant si la veille elle n'avait pas mis trop de rhum dans son grog. Avait-elle forcé sur les cachetons de morphine?

Elle voulut se lever mais une lipothymie la força à se rasseoir sur le bord du canapé. Elle ferma les yeux pour chasser ce qu'elle croyait être une hallucination. Mais quand elle les rouvrit l'ange était toujours là. Il n'avait pas bougé. Elle remarqua cette fois qu'il tenait un arc incrusté de perles dans une main et une flèche dans l'autre. Que lui voulait-il?

- "C'est pour aujourd'hui Cécilia", dit-il d'une voix posée.

Cécilia ne répondit rien mais l'interrogea du regard.

- "C'est le grand jour. Tu ne le sais pas mais il approche."

Cécilia ne comprenait toujours pas ce qu'il voulait dire. Son teint avait blanchi, son sang s'était retiré de ses veines. Elle avait le souffle court.

Ce texte a été rédigé pour le Mois Blanc chez PatchCath. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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