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03/12/2017

Une douleur au coeur

Le soleil jouait avec les vitres de la serre qui ressemblait à une gaze concave taillée dans le verre et l'acier. La chaleur y était douce en ce début de printemps. Charles s'arrêta un instant. Les paupières closes, le sécateur dans la main droite, une rose dans la gauche, il goûta les rayons de l'astre qui se dispersaient en mille éclats à l'intérieur.

Il revît Hortense près du rosier duquel il avait détaché la fleur, vêtue d'une robe blanche aux dentelles fines et gracieuses.  Elle parlait et souriait à quelqu'un qu'il ne voyait pas. C'était il y a longtemps. Une éternité. De cette journée il avait conservé une douleur au cœur, celle d'une épine de rose, restée fichée dans l'organe qui préside aux sentiments. Et depuis ce jour Charles n'avait plus jamais ressenti cette sensation de battements qui s'accélèrent et résonnent jusque dans les tempes, cet émoi qui l'avait envahi lorsque la belle Hortense était apparue dans le jardin.

Aujourd'hui il était vieux. Le patron le rappellerait sans qu'il n'ait la possibilité de revoir Hortense. Les rosiers, eux, s'épanouissaient en attendant d'accueillir d'autres jeunes gens.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n° 286 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, d'Emma Jane Browne, n'est pas libre de droits non plus.

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26/09/2017

Point final

"Herzlich willkommen"

C'était pour le moins une façon originale de terminer un roman. Ca ouvrait sur autre chose que le lecteur imaginerait à sa façon, selon ce qui l'avait touché dans le livre, selon les indices qu'il avait retenus. Puis, cela laissait une porte ouverte à Peter pour écrire un jour une suite. C'est Victoria qui lui avait soufflé l'idée. Une idée de génie! Son éditeur, il le savait, serait ravi de cette part de mystère glissée à la fin du roman.

De plus, Peter n'avait pas donné au lecteur toutes les clés de l'histoire. Il en avait volontairement occulté quelques unes, laissant le soin à celui-ci d'imaginer ce qu'il voulait. Une histoire, quelle qu'elle soit, était aussi l'affaire du lecteur. Même si Peter décrivait une femme vêtue d'un manteau vert, le vert auquel il pensait ne serait jamais le même pour celui qui le lisait. Il serait soit plus foncé, soit plus clair. Et c'était tout ce qui faisait le charme de la littérature.

Le point final mit à son texte, il s'empressa de ramasser les feuillets et de vérifier qu'il n'en manquait aucun. Il avait rendez-vous avec son éditeur à 15h.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°277 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo non plus.

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