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01/07/2011

Une journée lugubre

La journée avait été particulièrement éprouvante à la rédaction. En plus d'une actualité chargée, Victoria avait dû batailler pour modifier la convention de stage de l'édudiant de l'ESJ de Lille qui devait intégrer l'équipe en janvier pour six mois. Puis, elle avait dû remuer les fesses des journalistes, visiblement plus préoccupés par leurs problèmes pilaires que par les manifestations menées par les étudiants contre le plan de rigueur de Cameron. Le Premier ministre britannique avait fait des déclarations tonitruantes la veille et semblait désormais de plus en plus seul au sein de son propre camp. Un isolement dont il se serait bien passé dans le contexte économique actuel.

Malgré l'épaisseur de sa pèlerine Victoria grelottait. Sa voiture n'ayant pas démarré le matin elle avait pris le métro et il y avait un bout entre la sation et le 34, Bayswater Road. Un frémissement la parcourait à intervalles réguliers. Elle avait froid ainsi que la frousse de faire une mauvaise rencontre à chaque fois qu'elle traversait une rue mal éclairée. Si elle ne se sentait pas en perdition, elle n'était cependant pas rassurée. La récidive des appels anonymes ces derniers temps amplifiait ses craintes. Elle se disait qu'un dingue épiait peut-être ses faits et gestes et qu'il pouvait à tout moment lui sauter dessus.

Cette journée d'hiver avait été lugubre. La nuit s'annonçait menaçante. Comme pour échapper à son sort, Victoria se mit à rêver au voyage à Venise qu'elle projetait de faire l'été prochain. Elle s'imagina dégustant une glace aux fraises des bois et un sorbet aux poires assise à une terrasse de la place Saint Marc d'où elle compterait les lézardes des façades défraîchies par les assauts de la pluie et du vent. Alors qu'elle allait franchir la porte de son immeuble une image vint se caler dans son esprit en contrepoint: le visage de Peter, le voisin du 5ème qui l'avait invitée à boire un verre quelques jours auparavant. Elle réalisa qu'elle avait de l'attirance pour lui.

Son téléphone se mit à sonner comme pour la ramener à la réalité. Sa secrétaire lui envoyait un SMS pour lui rappeler de ne pas oublier de jeter un oeil à la maquette du bulletin interne et d'y inscrire B. A. T. pour l'envoyer à l'impression.

Ce texte a été rédigé dans le cadre d'un exercice proposé par Olivia du blog Désir d'Histoires. Il s'agit d'écrire un texte de fiction et d'y glisser une liste de mots imposés. Il y en avait 16 cette fois-ci. Ce texte n'est pas libre de droits. La photo non plus.

 

 

 

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06/03/2011

Les dimanches poétiques (39)

"La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l'écrivain."

Julian Green

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Printemps londonien