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18/04/2017

Jusqu'au petit matin

Sarah s'en souvenait maintenant. Le gars qui l'avait sauvé des griffes de Momo était le même que celui qui s'était pointé chez elle un après-midi. Celui-là même qui cherchait le père Vittoz et son fils Baptiste. Un prétendu copain d'enfance. Il avait blêmi lorsqu'elle lui avait dit que Pierre Vittoz était décédé et qu'elle avait racheté la maison quelques mois plus tôt. Quant à Baptiste, il était désormais installé à Annecy avec son épouse. Il n'avait pas traîné et s'en était retourné par le chemin par lequel il était arrivé. Un gars sympathique mais qui n'avait pu cacher sa déception quand elle était sortie. Visiblement il s'attendait à trouver quelqu'un d'autre aux Edelweiss. Il lui avait raconté qu'il avait passé beaucoup de temps ici à jouer avec Baptiste. Quelque chose avait intrigué Sarah. Elle avait l'impression que son visage lui disait quelque chose. Et ce regard... Elle ne savait pas d'où lui venait cette étrange impression. Avait-elle déjà croisé cet homme?

Lorsqu'elle le reconnut en sortant du parking, il lui dit qu'il avait  justement rendez-vous avec Baptiste Vittoz. Il avait cherché son nom dans l'annuaire et avait pris contact avec lui. C'est du moins l'explication qu'il donna à Sarah. En fait, il n'avait pas appelé Baptiste. Il s'était contenté de le suivre pendant plusieurs jours. Il avait voulu voir à quoi il ressemblait, savoir ce qu'il faisait dans la vie, connaître ses activités. Simon Vittoz s'était aventuré jusqu'à Annecy aussi parce qu'il savait que son frère avait découvert ses courriers si son père ne les avait pas jetés. Baptiste était au courant que son frère était toujours vivant. Comment avait-il encaissé la nouvelle?

Il emmena Sarah dans un bar du vieil Annecy et ils discutèrent jusqu'au petit matin. La patronne s'endormait à moitié sur le comptoir mais fut récompensée quand vint le moment pour ce couple étrange de payer. Ils laissèrent bien plus d'argent que ce qu'ils devaient. La patronne commençait bien sa journée...

Textes précédents: N°5, N°6, N°7, N°8

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°263 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Fred Hedin, n'est pas libre de droits non plus.

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09/04/2017

Momo les bons tuyaux

- Pas si vite ma jolie!

Sarah fut prise au dépourvu. Elle n'avait pourtant remarqué personne dans le parking souterrain. Elle interrogea son interlocuteur du regard. Il avait une mine patibulaire, une clope aux lèvres, un bonnet vissé sur la tête qui laissait tout juste voir ses yeux.

- ?...

- C'est quoi le paquet que t'as essayé de refiler à ton rencart?

Le bonhomme avait de la pogne. Son bras droit était pris en étau. Il lui faisait mal ce con. La douleur était si vive qu'elle sentait les nausées monter. Elle aurait juré qu'il n'y avait pas âme qui vive quand elle était entrée. D'où pouvait sortir ce type? Il l'avait sans doute suivie. C'est vrai que ce n'était pas courant de se rendre dans un club de sport en tailleur et escarpins. C'avait dû l'intriguer. Il avait dû se planquer derrière un pilier du parking et l'avait observée faire le pied de grue. Si seulement Baptiste Vittoz avait accepté de reprendre les courriers qu'elle avait trouvés... Si elle disait la vérité à cette brute il lui rirait au nez. Lui expliquer toute l'histoire était impensable. Il fallait d'abord qu'elle trouve un moyen de se dégager. Les doigts du gars s'enfonçaient de plus en plus dans son deltoïde.

- C'est quoi votre nom?, demanda-t-elle, pour tenter une diversion et essayer de retrouver une certaine assurance.

- Momo. Momo les bons tuyaux.

- Dites-moi, Momo, qu'est-ce que vous faites à traîner dans un parking privé? Si le patron du club savait ça, à mon avis les flics viendraient faire une petite virée... Vous ne voulez pas d'ennui avec la police? Non, j'imagine. Vous êtes du coin, je me trompe? Vous avez bien une planque?... Le soir, vous dormez où?

Sarah avait vite compris qu'il ne fallait pas qu'il ait l'ascendant et assenait les unes après les autres ses assertions, ne lui laissant aucune chance de répliquer. Au fur et à mesure qu'elle parlait elle sentait les doigts de l'homme se relâcher. Elle attendait le bon moment pour s'éloigner.

- Et pourquoi on vous appelle Momo les bons tuyaux?

- Parce que j'ai du flair pour les affaires... et que je sais négocier.

Cette dernière phrase ne rassurait pas Sarah. Il n'allait pas la lâcher comme ça, le bougre. Puis, sans qu'elle n'ait le temps de s'en rendre compte, Momo se retrouva par terre, les quatre fers en l'air et le nez pissant le sang. Quelqu'un la tirait vers la sortie du parking, la forçant quasiment à courir. C'était un homme, les cheveux courts, aussi grand qu'elle. Sa démarche lui disait quelque chose...

Textes précédents: N°4, N°5, N°6, N°7

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°262 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo est de Kot et n'est pas libre de droits non plus.

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16/10/2016

Sûre et certaine

textes originaux,écriture,littérature,atelier d'écriture,actu,actualitéClélia s'était arrêtée au milieu de la place, le regard happé vers un point fixe. Son père, Fabiano, avait dû faire demi-tour pour aller la chercher car elle n'avait pas entendu ses appels répétés. La petite ne lâchait pas des yeux deux gros quatre-quatre noirs. Les deux mêmes que ceux qu'elle avait vus la veille près du restaurant où ils avaient dîné. Elle en était sûre et certaine, c'était bien ceux-là. Et il y avait ce même type, très grand, jouflu et le crâne rasé. Celui-là même qui portait des lunettes de soleil alors que le ciel était gris. Ca lui avait paru bizarre à Cléclia, pour ne pas dire louche. Il avait l'air de faire le pied de grue, ou bien il avait envie de faire pipi, à se dandiner de la sorte d'un pied sur l'autre.

Il y avait beaucoup de touristes sur la piazza del Plebiscito et le jouflu au crâne rasé ne fit pas attention à cette enfant qui pointait ses yeux vers lui. Une petite fille d'environ quatre ans, les cheveux châtain clair et vêtue d'une robe d'été à dentelles. Elle n'avait que quatre ans mais elle était déjà dotée d'une mémoire exceptionnelle.

- Clélia! Clélia! dépêche-toi! criait Fabiano. Si tu traînes on ne passera pas chez le glacier. Tu m'as bien dit que tu voulais goûter la glace à la mangue?!

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- Allô? Allô? Madame Cécilia Hamilton?

- Oui?

- Ici le bureau de police de la via Medina à Naples. Avez-vous été en relation dernièrement avec le signore Marconi? Sergio Marconi?

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°236 organisé par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Romaric Cazaux, n'est pas libre de droits non plus.    

09/10/2016

Quitter Venise

Photo pièce noir et blanc BricaBook.pngCécilia jeta ses affaires sur le lit et ouvrit sa valise. Peu importait que ses vêtements soient bien rangés. Ce qui comptait c'était de faire au plus vite, de sauter dans un taxi qui la conduirait à l'aéroport, et d'attraper un vol pour Londres. Elle n'en pouvait plus d'attendre Sergio. Il lui avait fait miroiter un week-end idyllique à Venise et finalement il n'était pas là quand elle était arrivée. Il lui avait dit qu'il était retenu à Naples pour régler une affaire, une transaction importante qu'il ne pouvait pas manquer. Cécilia avait essayé de se faire une raison, de profiter des beautés de la ville dont elle avait un bel aperçu depuis la fenêtre de sa chambre. Elle avait parcouru le canal en vaporetto, s'était rendue à l'île de Murano pour rencontrer les artisans verriers. Mais elle était seule. Le matin du quatrième jour, après avoir pleurer toute la nuit, elle s'était résolue à quitter la ville, à tirer un trait sur Sergio, et plus encore sur les Italiens. Ils n'étaient pas pour elle, pas plus que l'Italie d'ailleurs. Elle se languissait déjà de Londres.

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Ce matin-là à Naples le plongeur d'une petite Trattoria trouva le corps inanimé d'un homme dans la poubelle qu'il avait sortie la veille à la fermeture de l'établissement. Le type, d'une quarantaine d'années, y avait été mis la tête la première. Ne dépassaient que ses chaussures en cuir vernis...

 

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'Atelier d'écriture Une Photo, Quelques Mots n°235 organisé par Leiloona. Il s'inspire du texte Revoir  Big Ben. Il n'est pas libre de droits. La photo est de Vincent Héquet et n'est pas libre de droits non plus.