Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/10/2013

Les dimanches poétiques (114)

"Dieu lui-même ne jouait pas aux dés. Du haut de ses bureaux de lumière qui dominaient de très loin le casino de l'histoire, il se contentait de surveiller la partie. Il observait les joueurs, les croupiers, les demoiselles du vestiaire, les caissières, les prostituées, les grooms à la toque rouge, le carrousel des voitures qui déposaient sur les marches du palais les smokings et les robes du soir, les clochards à la porte, ceux qui gagnaient des fortunes et ceux qui se jetaient par la fenêtre. Le seul vainqueur, à la fin des fins, c'était lui. Faites vos jeux. Rien ne va plus. Après tant de tours et de détours, retour à la case départ: les parties terminées, le casino fermé, c'était l'éternité, l'infini, le néant et le vide. C'était Dieu."

Jean d'ORMESSON Le rapport Gabriel

poésie,littérature,actu,actualité

06/10/2013

Les dimanches poétiques (113)

"Sometimes people come into your life and you know right away that they were meant to be there, to serve some sort of purpose, teach you a lesson, or to help you figure out who you are or who you want to become. You never know who these people may be (possibly your roomate, neighbor, coworker, long lost friend, lover, or a complete stranger), but when you lock eyes with them, you know at that very moment they will affect your life in some profound way.

And sometimes things happen to you that may seem horrible, painful, and unfair at first, but in reflection you find that without overcoming those obstacles, you would have never realized your potential, strength, willpower, or heart.

Everything happen for a reason.

Nothing happens by chance or by mean of goodluck.

Illness, injury, love, lost moments of true greatness, and sheer stupidity, all occur to test the limits of your soul. Without these small tests, whatever they may be, life would be like a smoothly paved, straight, flat road to nowhere. It would be safe and comfortable, but dull and utterly pointless.

The people you meet who affect your life, and the success and downfalls you experience, help to create who you are and who you become."

Extrait d'un mail reçu un jour de juin 2003

poésie, destin, amitié, choix de vie, actu, actualité

29/09/2013

Les dimanches poétiques (112)

"On vit, on court, on travaille, on s'amuse, on vaque, comme on dit, à ses occupations - et puis, tout à coup, on s'arrête. La tête vous tourne un peu: tout ce qui paraissait si naturel semble soudain très étrange. Le décor vacille et s'écroule. La vie qui allait de soi se déchire comme un voile. L'absurdité de l'histoire et de la vie quotidienne vous frappe jusqu'à la nausée. Le monde cesse d'être l'évidence où nous plonge l'habitude et prend des allures de stupeur."

Jean d'Ormesson Le rapport Gabriel (Ed. Gallimard - 1999)

P1130343 gory w zakopanem.jpg

08:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/09/2013

Les dimanches poétiques (111)

"Il y avait des amoureux sur la passerelle des Arts et sur tous les ponts de Paris, devant le palais des Doges et sur la piazza Navona, dans les jardins Boboli, sur les ramblas de Barcelone, sur les quais de New York. Il y avait des vieillards qui étaient revenus de tout, il y avait encore des jeunes gens qui n'en finissaient pas, grâce à Dieu, de tout attendre de l'avenir. Il y avait des cheminots, des physiciens, des éboueurs, des poètes, des assassins, des paresseux que le succès des autres suffisait à punir, des ambitieux que leurs propres succès ne parvenaient pas à combler."

Jean d'Ormesson Le rapport Gabriel (Ed. Gallimard - 1999)

poésie,littérature,jean d'ormesson,le rapport gabriel,actu,actualité

08/09/2013

Les dimanches poétiques (110)

"Notre profession, plus que toutes les autres, nécessite le sens des relations humaines. Les hommes de loi peuvent se contenter de fréquenter d'autres hommes de loi, des juges. Un homme d'Eglise n'a trop souvent que des relations intimes très limitées avec ses ouailles, mais un médecin n'est rien s'il n'établit pas les rapports humains les plus intimes avec son patient. Ce n'est pas une tâche facile que de trouver un heureux équilibre entre bonté et sensiblerie; d'être ferme sans devenir tyrannique; de montrer de la compassion sans être taxé d'hypocrisie. Pensez à tout ce qui joue contre nous. Un homme malade est presque toujours grinchu. S'il a de la bile, il verra tout d'un oeil chagrin - passé, présent et avenir réunis sous un nuage jaunâtre. Si vous êtes joyeux, il vous accusera de manquer de compassion; si vous êtes mélancolique, il va croire qu'il est sur le point de mourir... Rappelez-vous que, pour un malade, votre visite est le grand événement de la journée; même un convalescent vous placera en deuxième position tout de suite après son repas. Vous ne devez donc jamais vous montrer indifférents ou négligents."

Extrait d'un discours de Joe Bell (médecin et professeur écossais) prononcé devant les étudiants en médecine inscrits pour le semestre d'hiver 1871.

poésie,littérature,actu,actualité

Le Dr Joe Bell

01/09/2013

Les dimanches poétiques (109)

"-Y tenez-vous vraiment, demanda Gabriel, à ce monde menacé? Ce n'est pas la peine de faire des pieds et des mains pour essayer de le sauver si vous ne l'aimez pas. Je me demande si, pour vous, les hommes, le monde est un bonheur ou une fatalité. Vous êtes tombés dedans sans l'avoir demandé. Pour votre bien? Pour votre mal? Est-il gai? Est-il triste?

- Très triste, lui répondis-je. Un désastre. Une horreur. La douleur est au coin de la rue. Tout ce que nous aimons s'en va. Nous sommes sûrs de mourir. Et très gai. Nous y tenons beaucoup. Il y a du lilas et des calembours. Les oiseaux chantent autour des vignes et dans les champs de lavande. Nous faisons des projets, des enfants, des chefs-d'oeuvre. Un jaillissement perpétuel. Je te l'ai déjà dit: le monde est une fête en larmes."

Jean d'Ormesson Le rapport Gabriel

poésie,littérature,jean d'ormesson,le rapport gabriel,religion,mythologie,actu,actualité

18/08/2013

Les dimanches poétiques (108)

"- Rome est tombée. Elle a été prise mais la terre et les cieux n'en sont pas ébranlés. Regardez autour de vous, vous qui m'êtes chers. Rome est tombée mais n'est-ce pas, en vérité, comme s'il ne s'était rien passé? La course des astres nest pas troublée, la nuit succède au jour qui succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant, vous êtes là, devant moi, et le monde marche encore vers sa fin mais il ne l'a pas encore atteinte, et nous ne savons pas quand il l'atteindra, car Dieu ne nous révèle pas tout. Mais ce qu'il nous révèle suffit à combler nos coeurs et nous aide à nous fortifier dans l'épreuve, car notre foi en Son amour est telle qu'elle nous préserve des tourments que doivent endurer ceux qui n'ont pas connu cet amour. Et c'est ainsi que nous gardons un coeur pur, dans la joie du Christ."

Jérôme FERRARI Le sermon sur la chute de Rome

poésie, littérature, le sermon sur la chute de rome, saint augustin, actu, actualité