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29/06/2014

Les dimanches poétiques (135)

"Pofigisme n'a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l'inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu'on s'agite dans l'existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d'argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l'élan. Ils s'abandonnent à vivre."

Sylvain TESSON S'abandonner à vivre

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15/06/2014

Les dimanches poétiques (134)

"-Soyez sérieux. Vous avez compris. Il ne faut jamais briser la course d'une lettre. Une missive est une pièce d'engrenage. Ni le hasard ni un homme ne doit se permettre d'enrayer le mouvement. Laissez-moi remettre la vôtre. Je m'économise la responsabilité d'un délit. A vous, j'évite une malédiction."

Sylvain TESSON S'abandonner à vivre

P1160381 Boite a lettre.JPG

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01/06/2014

Les dimanches poétiques (133)

"L'hiver s'était abattu sur la région à la mi-septembre, gelant tout espoir d'imprévu. Le pays n'a pas son pareil pour écraser l'existence. La Sibérie avortait le temps, fauchait les jours. Les heures tombaient mort-nées. Ici, seul le fatalisme permettait de supporter la vie."

Sylvain TESSON S'abandonner à  vivre

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25/05/2014

Les dimanches poétiques (132)

"Il retenait tout, elle s'efforçait d'oublier. Il savait relier, elle savait regarder. Il cherchait des références, elle ne croyait qu'à l'inédit. Il était myope. Elle haïssait les taupes, vivait dans la lumière et pouvait subitement s'arrêter dans la rue pour tourner son visage vers le soleil, accueillant, les yeux fermés, l'offrande de la lumière sur l'autel de sa peau."

Sylvain TESSON S'abandonner à vivre

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11/05/2014

Les dimanches poétiques (131)

"La tour Eiffel grelottait dans le brouillard, on distinguait à peine ses pieds humides dans les flaques qu'un fin crachin agrandissait lentement. Des files de touristes s'étiraient sous un chemin de parapluies. Il n'y avait aucun endroit prévu, pas même un toit de verre, pour patienter devant le monument le plus visité au monde. Un comble. Parmi tant d'autres."

Michel BUSSI Un avion sans elle

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27/04/2014

Les dimanches poétiques (130)

"Mieux vaudrait donc en effet parler d'un archidiocèse "dirigé" par Wojtyla. D'autant que la capacité de travail du cardinal est exceptionnelle, tout comme sa faculté - déjà évoquée et relatée par tant de témoins - de faire plusieurs choses à la fois: écouter un rapport dans une assemblée, relire un texte, signer du courrier, etc. Pendant toutes ces années, il ne cesse de visiter les paroisses et les institutions religieuses de son territoire, multipliant les réunions de travail. Son autorité personnelle, très grande, lui permet de faire avancer les choses: un mot lancé dans une conversation suffit parfois à lancer une initiative importante. Wojtyla a le chic pour attribuer des missions aux uns et aux autres. Jamais une minute de perdue: chaque idée débouche sur une proposition d'action, puis sur un calendrier."

Bernard LECOMTE Jean-Paul II

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20/04/2014

Les dimanches poétiques (129)

"Si Dieu s'était trompé de vie pour moi, il n'y avait qu'une chose à faire pour en sortir: changer de vie. Combien de gens ont eu le cran de le faire et sont devenus des héros? Ne pas prendre la vie d'un autre, non, mais seulement récupérer la sienne, bien à soi. Celle dont on est sûr qu'elle nous attend quelque part, et qu'il faut aller trouver. Il y faudrait de l'instinct bien sûr, de l'acharnement, un peu de chance quand même, du talent peut-être, mais surtout que l'on sache où aller. Pour y parvenir, je devrais compter sur pas mal de gens, me méfier de ceux, trop sûrs d'eux, qui indiqueraient forcément la mauvaise route. Il fallait avoir conscience que la chance se présenterait. Il faudrait la saisir au bon moment. Et une fois sur cette route qui serait véritablement mienne, il me faudrait réaliser que j'y serais seul. La seule chose que je trouverais en fin de route, c'était moi."

Francis HUSTER Et Dior créa la femme

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La maison de Christian Dior à Granville