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22/02/2015

Les dimanches poétiques (150)

"Je m'arrêtai soudain, interloqué. Un souvenir furtif venait de se planter dans mon cerveau comme une flèche au milieu d'une cible.

Le vieux laquais aux cheveux gris, dans le bureau du notaire. Il m'avait proposé le seul repas que j'aurais été incapable de refuser, comme s'il connaissait mes goûts depuis des années, et avait ajouté sur le ton de la connivence: "Les cailles farcies et les gâteaux de Savoie ne constituent sans doute pas un repas idéal le soir." C'était au mot près la réflexion que m'avait faite Holmes un soir après dîner.

Simple coïncidence?

Un peu plus tard, l'homme à la bûche. Il avait glissé une grosse bûche dans l'âtre et s'était adressé à moi, comme si nous étions de vieux amis: "Un bon feu de cheminée apaisera vos rhumatismes, docteur Watson. Je sais de quoi je parle."

Comment ce bonhomme savait-il que j'avais des rhumatismes? Avait-il simplement repéré la présence de ma canne à côté de mon fauteuil? M'avait-il surpris en train de me masser les genoux?"

Bob GARCIA Le testament de Sherlock Holmes

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08/02/2015

Les dimanches poétiques (149)

"Dans la foulée, j'ai aussi commencé une lettre à Paul Rialto, mais je ne suis pas parvenu à rédiger plus de deux lignes. Je le revoyais, l'année précédente, commentant un passage de Proust. Son aisance. Son élocution. Sa pertinence. Les phrases naissaient et s'épanouissaient dans la classe, elles étaient chatoyantes. Je ne prenais aucune note. J'étais fasciné. Je ne pourrais jamais produire un travail d'une telle qualité. Mais bon, personne ne me le demandait. J'étais le tâcheron acharné qui, un jour, sait-on jamais, à la faveur du forfait d'un champion, pourrait peut-être ramener une médaille de bronze à l'équipe nationale, médaille dont tout le monde se réjouirait pendant cinq minutes avant de l'oublier."

Jean-Philippe BLONDEL Un hiver à Paris

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25/01/2015

Les dimanches poétiques (148)

"-Non, je dis qu'on raisonne aussi bien avec ses émotions qu'avec ses idées. Je crois même, ma poulette, qu'on est malheureux quand on pense trop. Le cœur doit marcher avant le cerveau, le corps lui obéit, et la tête fait ce qu'elle peut..."

Alexandre JARDIN Juste une fois

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04/01/2015

Les dimanches poétiques (147)

"Ma mère commit l'irréparable: elle m'interdit d'y aller. J'ai dû pleurer le volume cubique de ma piscine carrée ce soir-là. Seul dans ma chambre, j'inondais mon cœur, j'étais inconsolable. Même mon chien jeta l'éponge. Au bout d'une heure, il prit la direction de son plat rouge, laissant derrière lui mes larmes sur le plancher."

Pierre GAGNON Contraire in J'ai vendu ma bagnole à un Polonais

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28/12/2014

Les dimanches poétiques (146)

"Rome m'entourait avec ses collines, ses jardins suspendus, ses églises, ses places, ses fontaines, ses promenoirs de marbre. Je la sentais, massive et captivante, lestée de cryptes et de grottes sacrificielles, remplie de beautés, d'anges peints, de volutes de marbre, de torsions baroques. C'était la Rome que devait connaître mon visiteur, celle où il serait emprisonné dans quelques jours, lorsqu'on aurait verrouillé les portes de la Sixtine."

Philippe Le Guillou Le pont des anges 

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30/11/2014

Les dimanches poétiques (145)

"Moi je t'offrirai

Des perles de pluie

Venues de pays

Où il ne pleut pas

Je creuserai la terre

Jusqu'après ma mort

Pour couvrir ton corps

D'or et de lumière

Je ferai un domaine

Où l'amour sera roi

Où l'amour sera loi

Où tu seras reine..."

Jacques BREL Ne me quitte pas

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16/11/2014

Les dimanches poétiques (144)

"La vraie peur est une bonne chose, elle permet d'apprécier le danger et de réagir vite. Mais elle est rare. La fausse peur, la plus commune, cette peur qu'on se fabrique pour des raisons stupides, te tue. Tu vis mais tu es mort, terrorisé dans ta tête. Elle t'empêche de réagir correctement, elle te fait faire des tas de conneries ou t'empêche de faire ce qui compte. En plus, elle te transforme en cible, une victime avant l'heure. Un mec qui a peur, et ça vaut aussi pour les nanas, ça se voit, ça se renifle et ça donne envie aux tordus, qui ne s'attaqueraient jamais à plus fort qu'eux. Ils te sautent à la gorge, juste pour prouver qu'ils te dominent."

Antoine PAJE Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne...

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