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24/07/2026

La machine à écrire #30

Mildred,

Je ne suis pas celui que tu crois. Je ne peux mentir davantage. Ne m'en veut pas.

Affectueusement

Henry

Lorsque l'inspecteur Lomond arriva rien n'avait bougé dans la bibliothèque. Les agents de Scottland Yard attendaient son feu vert pour commencer à effectuer les premiers relevés.

Le cadavre était allongé entre deux fauteuils se faisant face. La tête de l'homme - ou plutôt ce qu'il en restait - était placée près de la cheminée. La partie droite du crâne avait explosé. Un gros calibre vu les dommages. L'inspecteur ordonna aux policiers de chercher la douille. 

Une arme à feu était placée dans la main droite du mort. Tout portait à croire qu'il s'agissait d'un suicide. Mais Lomond se méfiait des conclusions trop évidentes. Il avait vu tellement de choses dans sa carrière qu'il ne se fiait jamais à ses impressions, ni même à son intuition. Il aimait le concret, les preuves, les témoignages... 

Le macchabée était vêtu d'un smoking. Au dire de sa femme il avait participé à une soirée chez le Colonel Melrose. Soirée à laquelle elle n'avait pas été conviée. Elle était allée se coucher assez tôt et avait avalé un somnifère comme elle le faisait tous les soirs. Le couple faisait chambre à part. Elle indiqua qu'elle n'avait pas été réveillée de la nuit, qu'elle n'avait entendu aucun bruit. 

C'est le majordome qui avait découvert la triste scène le matin. Ne voyant pas son patron descendre pour le petit déjeuner il s'était permis d'aller frapper à sa chambre. Sans réponse il avait ouvert la porte, constatant que le lit n'avait pas été défait. Pourtant la voiture de Sir Henry était bien garée dans la cour. Cela ne lui dit rien de bon et il décida d'inspecter les différentes pièces de la maison. Après être passé dans le bureau de son maître et ne l'y trouvant pas, il avait pensé à la bibliothèque. La porte n'était pas verrouillée. Il avait poussé un cri d'effroi en voyant la scène éclairée par les premiers rayons du soleil qui filtraient à travers les grandes fenêtres. L'homme gisait dans une mare de sang. Il fallut plusieurs minutes à l'employé pour reprendre ses esprits et aller au salon pour appeler la police. 

C'est seulement après qu'il était allé réveiller Lady Mildred pour la prévenir de ce qui s'était passé. Elle avait couru jusqu'à la bibliothèque pour voir de ses propres yeux, ne voulant pas croire ce qu'il lui disait. 

Une lettre avait été retrouvée sur une table basse installée à côté d'un des fauteuils. Il n'y avait ni stylo ni bureau dans la bibliothèque et cela interpella Lomond. De plus le papier utilisé était très fin. Un papier vélin 40g bleu ciel destiné à la correspondance par avion. Pourquoi utiliser ce type de papier pour un mot d'adieu? L'écriture était fine et délicate, légèrement penchée sur la droite, réalisée à la plume et à l'encre noire. 

L'autre point qui contraria l'inspecteur Lomond fut l'arme. Elle avait été retrouvée dans la main droite de Sir Henry mais le majordome affirmait que son maître était gaucher. La probabilité que ce soit lui qui ait appuyé sur la détente était peu probable. Les prélèvements réalisés sur les doigts de la victime confirmeraient l'hypothèse. 

Enfin, le dernier point qui chiffonna l'inspecteur concernait un détail sur l'heure à laquelle le drame s'était produit. Lorsque le majordome était entré dans la bibliothèque la lumière était éteinte. Elle n'était qu'éclairée que par la lumière du jour. Or, quand Sir Henry était rentré il faisait nuit et il n'y avait pas de lune. Comment avait-il pu se repérer dans la pièce sans lumière? Il n'avait pas pu appuyer sur l'interrupteur après s'être tiré une balle dans la tête... 

Exercice tiré du n°7 de la Machine à Ecrire  et lègèrement modifié: écrire une lettre dans laquelle est énoncée la raison d'un suicide. Puis, dans la pièce où est retrouvé le cadavre, trouver trois indices discordants qui font penser à un meurtre. 

19/07/2026

Les dimanches en photo (223)

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17/07/2026

Ecriture créative #6

La montée des eaux apporte trésors et vieilles reliques sur la plage. Des objets divers et variés. Récemment j'ai trouvé des livres putréfiés, un casque de moto, un saxophone tout rouillé et un beau spécimen de bois flotté. Il est en forme de "s". D'où provient-il? De quel continent s'est-il détaché? Il est lisse, poncé par la salive des marées. A-t-il beaucoup voyagé? Quels courants l'ont poussé? Je me suis demandé ce qu'il avait enduré avant de s'échouer. 

Bercé par les flots, secoué par des tempêtes, durci par des températures extrêmes... Quelle vie a-t-il mené avant de se retrouver sur ma plage? Peut-être a-t-il connu la vie de château, chambranle d'une porte dans un donjon, ou bien potence au milieu des fortifications.

Combien de saison a-t-il passé dans l'eau, brûlé par le soleil, asséché par le vent, pied-à-terre de quelques oiseaux? Il a dû croiser bien des chemins, bien des marins et de bateaux, trimarans et cargos. Balloté de mers en océans... Quel voyage!

Comme lui j'ai parcouru des mille marins à en avoir la tête retournée. J'ai largué les amarres à 17 ans et je n'ai jamais cessé de naviguer jusqu'à me retrouver sur cette côte qui m'a émerveillée. J'ai trouvé mon port et je ne veux plus le quitter. J'ai couru le monde et c'est maintenant lui qui vient me visiter.

J'ai emporté le morceau de bois flotté. Nous faisons connaissance. Il a bien des histoires à me raconter.

Proposition 321 su site Ecriture créative tenu par Nanou: le souffle du bois flotté.

12/07/2026

Les dimanches poétiques (402)

Bien sûr je te ferai mal.

Bien sûr tu me feras mal.

Bien sûr nous aurons mal.

Mais ça, c'est la condition de l'existence. Se faire printemps, c'est prendre le risque de l'hiver. Se faire présent, c'est prendre le risque de l'absence. C'est à mon risque de peine que je connais ma joie. 

SAINT-EXUPÉRY 

poésie,lecture,littérature,actu,actualité

05/07/2026

Les dimanches poétiques (401)

L'été on tombe toujours amoureux

Soit de beaux yeux

Soit du soleil

Marion FRITSCH

poésie,lecture,littérature,actu,actualité

03/07/2026

La machine à écrire #29

Le meurtrier pourrait être un de ces trois là. La bonne réputation de la parfumerie ne met pas le patron au-dessus de tout soupçon. Au dire des autres employés il couvait du regard la jeune femme et était toujours prêt à la raccompagner si elle terminait plus tard. Peut-être lui a-t-il fait des avances répétées et, lasse, elle a fini par se laisser amadouer par cet homme patient et aux bonnes manières? Bien sûr cela n'explique pas sa disparition d'il y a quelques mois. L'aurait-il séquestrée? Ou bien aurait-elle accepté ses avances et, honteuse de s'être comportée si frivolement, elle avait eu honte de revenir à la parfumerie? Parfumerie qu'elle avait finalement accepté de réintégrer suite aux supplications du patron lui-même parce qu'elle était une de ses meilleures vendeuses?

J'ai appris que son collègue Marcel n'appréciait pas le jeune homme qui la courtisait. Un dénommé François Duchamp. Peut-être Marcel était-il jaloux? Le jeune garçon est fleuriste aux Halles et habite le même immeuble qu'elle. Il venait régulièrement l'attendre devant la parfumerie à l'heure de la fermeture. Un type honnête ce Duchamp d'après sa logeuse et ses collègues. Travailleur et ponctuel. Le dimanche ils allaient se promener au jardin des Tuileries nous a dit un de leurs voisins. Ils ne se cachaient pas. Pourquoi aurait-il voulu la supprimer? Aurait-elle mis fin à leur histoire, douchant les espoirs d'un avenir commun formulé par le jeune homme? Ou bien avait-il eu des soupçons sur la sincérité de la jeune femme? Avait-il eu vent du comportement de son patron?

Marcel a lui aussi un mobile. La jalousie fait parfois faire des choses insensées. À la boutique il s'occupe principalement des messieurs mais il aide régulièrement au rayon des femmes. Plusieurs employés ont remarqué qu'il tournait autour de la jeune femme. Il se dit qu'il en pinçait pour elle. A-t-il fait des avances à la jeune et jolie vendeuse? L'a-t-elle éconduit? Qui sait si pour se venger il ne l'a pas retenue prisonnière quelque part avant de se rendre compte que ce n'était pas en la forçant qu'il obtiendrait ce qu'il voulait d'elle? Et comment a-t-il pu acheter son silence? À combien s'élevait-il? Le faisait-elle chanter?

Je vais convoquer à nouveau le patron et l'employé. Nous verrons bien s'ils nous livrent toujours la même version.

Exercice tiré du n°7 de La Machine à Ecrire et légèrement modifié: en 1881, une jeune femme très belle, employée dans une parfumerie parisienne du Palais Royal disparaît quelques jours avant de réapparaître sans donner aucune explication. Elle s'évapore une seconde fois près de cinq mois plus tard. Cette fois-ci elle retrouvée morte dans la Seine. En s'inspirant de la nouvelle d'E. A. Poe Le mystère de Marie Roget, inventer trois personnages susceptibles d'être le meurtrier de la jeune femme.