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12/02/2017

Son regard vagabondait sur la ligne d'horizon

Baptiste Vittoz s'était attardé près du lac après sa partie de squash. Les derniers rayons du soleil se dispersaient en milliers de perles sur l'eau et se reflétaient sur les cygnes qui barbotaient non loin des berges. L'un de ces majestueux volatiles s'avança vers lui. Il s'assit sur le quai pour se mettre à la portée de l'oiseau. L'air était enveloppant. Son regard vagabonda sur la ligne d'horizon luminescente.

Cette fin de journée offrait un spectacle magique. Le coucher de soleil promettait d'être magnifique. Le ciel et l'eau semblaient se caresser dans un corps à corps sensuel et plein de tension à la fois. Baptiste ne regrettait pas d'avoir fait un détour par le lac. Il y venait souvent ces derniers temps, notamment depuis qu'il avait fait du tri chez son père pour mettre la maison en vente. 

Ca n'avait pas été simple de tout vider. Son épouse n'avait pas voulu l'aider, lui précisant qu'il était hors de question qu'elle passe ses week-ends à Combloux. Il avait commencé par le garage puis, s'était attaqué aux différentes pièces du chalet. Il n'avait gardé que de rares objets et quelques courriers administratifs. Il avait terminé par la cuisine. C'est en vidant le vaisselier qu'il était tombé sur ce qui occupait son esprit depuis maintenant plusieurs mois. Ces cartes, cette écriture... Il ne la connaissait que trop bien. Mais lorsqu'il avait vu les dates auxquelles ces courriers avaient été envoyés il s'était dit que tout cela n'était qu'une plaisanterie, que quelqu'un se jouait de lui. Comment une personne décédée depuis trente ans aurait pu les expédier? Cela était impensable et défiait la raison. Baptiste avait l'impression de devenir fou. D'ailleurs ses proches trouvaient qu'il n'était plus le même depuis quelque temps. Il semblait absent. Absent du présent et il errait souvent du côté du passé...

Textes précédents: N°1, N°2, N°3

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°253 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Julien Ribot, n'est pas libre de droits non plus.

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05/02/2017

Un paquet enveloppé de papier Kraft

Sarah déplaça l'escabeau jusqu'à la table de berger. Elle voulait jeter un œil de suite au paquet qui avait été oublié. Elle prit son temps pour monter les trois marches et savourer le moment comme si elle allait tomber sur un trésor. Il ne s'agissait en fait ni d'un livre, ni d'une pochette mais d'un paquet de format A5 enveloppé de papier kraft, lequel était retenu par une solide ficelle. Le tout était assez lourd. Elle s'empara du paquet et redescendit les trois marches.

Aucune inscription ne figurait sur le papier Kraft mais une photo avait été glissée sous la ficelle. Le cliché semblait avoir été découpé. On y voyait le corps de deux personnes pratiquant le iaïdo. Elle se souvenait avoir lu quelque part qu'il s'agissait d'un art martial japonais qui consistait à dégainer un sabre et à couper dans le même mouvement. Elle se demanda ce que pouvait bien faire une telle photo sur la table de berger du père Vittoz. Si son fils l'avait vue, il l'aurait sans doute emportée. L'avait-il oubliée? Ou alors il l'avait sciemment laissée là, sachant pertinemment à quoi elle faisait référence...

Sarah se rappela le paquet et alla chercher un ciseau pour couper la ficelle qui entourait le papier kraft. Son contenu la laissa perplexe. Il s'agissait d'une liasse de cartes postales et de cartes de vœux toutes signées du prénom Simon. Elles étaient apparemment classées chronologiquement. L'enveloppe de la dernière, qui n'avait pas été ouverte, indiquait qu'elle avait été postée en juillet, soit deux mois après le décès de Pierre Vittoz. Pourquoi le fils ne l'avait pas lue? Sarah se fit la réflexion que c'était donc lui qui avait posé le paquet tout en haut de la table. Il avait décidé de ne pas les emporter mais pour quelle raison?

Elle se prépara un café et emporta toutes les cartes dans le salon. Elle en sortit une au hasard.

Noël 1989

Joyeux Noël et meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Simon

Aucune enveloppe n'avait été conservée. Il n'y avait que la dernière qui indiquait dans quel pays elle avait été postée. Elle était partie d'Italie, Courmayeur. Seulement, l'expéditeur n'avait pas indiqué son adresse au dos. Sarah aurait dû s'attaquer depuis un moment à la rédaction du cinquième chapitre de son roman mais ces cartes occupaient trop son esprit. Elle ne pourrait reprendre l'écriture que quand elle saurait pourquoi Baptiste Vittoz ne les avait pas emportées et surtout  qui avait bien pu les envoyer...

 

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°252 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo d'Emma Jane Browne n'est pas libre de droits non plus.

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Les dimanches en photo (77)

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31/01/2017

Janvier en quelques mots #4

Gustavo Dudamel à la tête du Wiener Philarmoniker le 1er janvier pour le traditionnel concert donné au Musikverein // Frissonner. Sentir avant tout le monde la baisse du thermomètre... // Hésiter entre littérature et politique. Entre politique et littérature // Ravie de ce petit bracelet Flowersforzo.é. A la fois élégant et casual et agréable à porter // Not in the mood // Détester la paperasse. L'avoir en horreur! // Commander une pizza au pizzaiolo ambulant // Donner sans scrupule des indices à l'adversaire pour l'aider à trouver les réponses aux questions du Trivial Pursuit (Et une franche rigolade pendant toute la partie!) // Lire. Beaucoup. Encore et encore. Dévorer les ouvrages // Michel Houellebecq, toujours aussi mystérieux et à contre-courant // Mignon le poissonnier... Hmmmm! // Envie de participer à un concours de nouvelles. Texte à envoyer le 28 février au plus tard. (Mais arriverai-je à caser cette fameuse phrase imposée...) // Montagnolo (fromage allemand), Mont Vully (fromage suisse), Munster (fromage français) : le plaisir n'a pas de frontières! // Rencontre littéraire avec Emmanuel Dongala venu présenter la Sonate à Bridgetower. Un homme passionné et passionnant

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30/01/2017

Agatha Raisin, l'enquêtrice des Costwolds

J'ai découvert Agatha Raisin pour la première fois sur Facebook. Une lectrice compulsive en parlait et le titre de la première intrigue de cette enquêtrice britannique d'un nouveau genre m'avait interpelé. La quiche fatale, un très bon titre pour accrocher le lecteur. Puis, une amie m'en a parlé et m'a passé le premier tome. Elle m'a dit que c'était très bien et que les Costwolds étaient bien décrits. Elle m'a prêté le livre et j'ai de suite beaucoup aimé le style d'M. C. Beaton. Plume acérée et pleine d'humour. J'ai bien ri à la lecture de certains passages.

Agatha Raisin, quinquagénaire, s'est installée dans les Costwolds après avoir vendu sa société de relations publiques londonienne. C'était une femme d'affaires impitoyable. Notre Agatha n'a pas froid aux yeux et est plutôt du genre têtue. Elle fume, boit, triche éhontément, et a le don de se fourrer dans de sales draps mais c'est une petite bonne femme attachante et attendrissante.

Je ne sais pas si le caractère d'Agatha ressemble à celui de l'auteur mais M.C Beaton (Marion Chesnay de son nom de jeune fille) habite dans les Costwolds avec son mari. Née en 1936 à Glasgow, elle a commencé sa carrière comme libraire puis a travaillé comme journaliste dans différentes publications écossaises. Elle s'est mariée, a eu un fils, et est partie aux Etats-Unis avec sa petite famille. C'est avec l'accord de son mari, et soucieuse de passer plus de temps avec son jeune fils, que Marion a décidé de se mettre à l'écriture. Elle a d'abord écrit des romans historiques puis, des histoires de détectives. Ils sont ensuite retournés vivre en Ecosse où son mari a racheté un troupeau de moutons. Et, en ayant assez des moutons après quelques années, ils sont partis s'installer dans les Costwolds où Agatha Raisin a été créée.

J'ai été conquise dès le premier tome. La Quiche fatale est la première enquête d'Agatha suite à l'empoisonnement du président du jury lors du concours annuel de quiches de Carsely (le village dans lequel elle s'est établie). Un concours auquel elle a participé mais pour lequel elle n'a pas pu s'empêcher de tricher, étant complètement nulle en cuisine... Le deuxième tome, Remède de cheval, cherche à découvrir à travers l'enquête d'Agatha, si le nouveau véto du village a été assassiné ou s'il a été victime d'un malencontreux accident. Le troisième tome, Pas de pot pour la jardinière, tourne autour de l'assassinat d'une nouvelle venue au village, férue et passionnée de jardinage, pour ne pas dire obsédée par les plantes et son jardin d'hiver. Qui pouvait lui en vouloir au point de la suspendre par les chevilles et de lui planter la tête dans une jardinière? N'allez pas croire qu'il ne se passe rien dans les jolis petits villages...

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29/01/2017

Les dimanches poétiques (193)

"Ho, mon gars! Réveille-toi! C'est la crise! Et alors! écoute les infos au lieu d'apprendre un métier, tu perdras moins ton temps!

De quoi? Tu ne comprends pas? Attends, bouge pas, chaton, on va te résumer la situation:

Tu es jeune, tu es Européen et tu es gentil? Eh bien, tu vas prendre cher, mon ami!

On te ressasse à longueur d'ondes que la dette de ton pays s'élève à cent mille milliards de dollars, que ta monnaie ne vaudra bientôt plus rien, que si tu ne sais pas parler le chinois, ce n'est même pas la peine d'essayer, que le Qatar est en train de tous nous racheter, que l'Europe, c'est fini, que l'Occident, c'est fichu et que la planète, c'est foutu."

Anna GAVALDA La vie en mieux

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27/01/2017

Souvenirs de vacances

C'est en rangeant ses livres dans la bibliothèque qu'elle avait fait faire sur mesure que Sarah tomba sur de vieux albums photos. Elle se rappelait maintenant les avoir glissés dans les cartons de bouquins pour éviter qu'ils ne se perdent lors du déménagement. Il y avait là des souvenirs d'Italie sur les bords du lac de Côme, un Noël à Kitzbühel, des vacances dans la maison familiale de l'île aux mimosas, et puis ce voyage en Inde où elle avait accroché un vœu dans un arbre à souhaits. Des souhaits écrits dans toutes les langues. En découvrant le Kalpavriksha elle avait trouvé ça étrange d'accrocher des petits mots dans les branches d'un arbre mais comme tout le monde elle avait cédé à la coutume en se disant que ça pouvait peut-être fonctionner.

Avec le recul, force était de constater que son vœu s'était réalisé. "Être libre", voilà ce qu'elle avait inscrit. Et aujourd'hui elle l'était. Elle faisait ce qu'elle avait toujours rêvé de faire et habitait dans les montagnes comme elle se l'était imaginé. Elle n'avait bien sûr pas ménagé ses efforts pour en arriver là mais elle avait le sentiment que  désormais rien ni personne ne pourrait être un obstacle, que tous les possibles s'offraient à elle. Elle rangea les albums dans le bas de la bibliothèque et continua à disposer les livres sur les étagères. Elle avait pensé un moment les classer par maisons d'édition puis s'était finalement décidée à les regrouper par auteurs. D'un côté les auteurs français et suisses, sur une autre étagère les auteurs anglo-saxons, et les essais classés par sujets et côtoyant les guides de voyages et l'atlas géographique.

Perchée sur l'escabeau elle jeta un regard circulaire à la pièce après avoir entreposé les derniers ouvrages. Ses yeux furent attirés par quelque chose posé tout en haut de la table de berger. Le meuble mesurant pas moins de deux mètres, elle n'avait rien remarqué jusqu'à présent. De là où elle était elle avait du mal à voir s'il s'agissait d'un livre ou d'une pochette. La couleur de l'objet se fondait avec celui du meuble. Baptiste Vittoz lui avait dit que la table de berger avait été conçue par son grand-père et qu'elle faisait partie de la maison. Sarah avait donc décidé de la garder. C'était un beau meuble en pin massif sculpté de fleurs et de rosaces. Mais pour l'instant elle n'arrivait pas à détacher ses yeux de ce qu'elle venait d'apercevoir.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°251 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo est d'Anselme et n'est pas libre de droits non plus.

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