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03/12/2017

Une douleur au coeur

Le soleil jouait avec les vitres de la serre qui ressemblait à une gaze concave taillée dans le verre et l'acier. La chaleur y était douce en ce début de printemps. Charles s'arrêta un instant. Les paupières closes, le sécateur dans la main droite, une rose dans la gauche, il goûta les rayons de l'astre qui se dispersaient en mille éclats à l'intérieur.

Il revît Hortense près du rosier duquel il avait détaché la fleur, vêtue d'une robe blanche aux dentelles fines et gracieuses.  Elle parlait et souriait à quelqu'un qu'il ne voyait pas. C'était il y a longtemps. Une éternité. De cette journée il avait conservé une douleur au cœur, celle d'une épine de rose, restée fichée dans l'organe qui préside aux sentiments. Et depuis ce jour Charles n'avait plus jamais ressenti cette sensation de battements qui s'accélèrent et résonnent jusque dans les tempes, cet émoi qui l'avait envahi lorsque la belle Hortense était apparue dans le jardin.

Aujourd'hui il était vieux. Le patron le rappellerait sans qu'il n'ait la possibilité de revoir Hortense. Les rosiers, eux, s'épanouissaient en attendant d'accueillir d'autres jeunes gens.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n° 286 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, d'Emma Jane Browne, n'est pas libre de droits non plus.

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Les dimanches poétiques (213)

"Tout doucement, mon petit monde se dépeuple. Autour de moi, les gens meurent et les maisons se vident. Les enfants ont leur vie ailleurs, et pour les vacances ils préfèrent les plages bondées au calme des champs de blé et au meuglement des charolaises. Il y a quelques années, c'étaient surtout les hommes qui partaient retrouver le bon Dieu. Depuis peu, les veuves commencent elles aussi à s'en aller."

Véronique de BURE Un clafoutis aux tomates cerises

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01/12/2017

Lettre au Père Noël

Le compte à rebours a commencé. Noël est dans 23 jours. Pour ceux, comme moi, qui ne l'ont pas encore faite, il est grand temps de rédiger votre lettre au bon Santa et de l'expédier fissa! Parce que le vieux barbu n'a pas que nos cadeaux à penser, si vous voyez ce que je veux dire. C'est le grand rush. (Même si des petits lutins - et la Mère Noël - donnent un coup de main en coulisse.) Et pour peu que ses fournisseurs soient en rupture de stock, il faut vraiment envoyer votre lettre maintenant!

Cher Père Noël,

Je t'envoie une liste de petites choses qui me feraient plaisir en cette fin d'année. Je ne sais pas trop ce que tu pourras trouver mais je te fais confiance, tu as plus d'un tour dans ton sac (enfin dans ta hotte). D'ailleurs prévoit une grande hotte (ou un grand traineau) car certains cadeaux seront volumineux. Si toutefois tu te décides pour ceux-là.

Tout d'abord j'aimerais beaucoup que tu m'apportes deux chaises pour ma cuisine. Il faut vraiment que je remplace les miennes. L'idéal serait qu'elles soient en pin mais du moment qu'elles sont en bois clair, ça me convient.

Ensuite, j'aimerais bien une bougie parfumée. Les Dyptique ont l'air d'être d'excellente qualité. Je suis assez tentée par la bougie Figuier et la bougie Violette. Cependant, pas sûre que tu trouves ces petites merveilles facilement et je sais qu'elles coûtent un bras. Ne voulant pas que tu te fâches avec ton banquier (ce serait quand même dommage à l'aube de la nouvelle année), il y a aussi les produits de la Bougie française, et notamment la bougie Book Addict qui serait parfaite pour la book addict que je suis.

Si, à tout hasard, tu es très bien avec ton banquier ces temps-ci, tu pourras jeter un œil aux parfums Miller Harris et tout particulièrement au parfum tangerine vert que je convoite depuis un moment. Une fragrance fraîche et énergisante mais aussi pleine de volupté.

S'il te reste de la place dans ton traîneau (et des sous) j'aimerais aussi du thé de Noël noir et épicé. Le thé Crabtree&Evelyn que j'avais trouvé l'année dernière était une merveille mais la boutique qui le vendait a fermé et je ne sais pas où tu vas pouvoir en trouver. Mais comme je le disais plus haut, tu as plus d'un tour dans ta hotte. Pour accompagner le thé tu peux apporter quelques chocolats ou des marrons glacés ou encore des macarons, selon ce que tu trouveras.

Enfin, tu peux m'apporter quelques livres. Ma PAL diminue de plus en plus et il ne faudrait pas que la lecture vienne à me manquer.  Je te fais confiance sur le choix des ouvrages, tu connais mes goûts.

Voilà mes petites envies pour cette fin d'année. Je sais que tu feras pour le mieux, et quoi que tu apportes, je serai contente. Un rien me fait plaisir. Je te souhaite bon courage pour la préparation de ta tournée et n'abuse pas trop du vin chaud, ce serait quand même bête qu'on te retire ton permis de traîneau. La  tournée à vélo (voire à pied) ce sera bien moins pratique (et surtout bien moins rapide!).

Do

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30/11/2017

Novembre en quelques mots #14

Rêver de Philippe Torreton // Lire dans un CR d'intervention... "Sternotomie médiane verticale sans ouverture pleurale"... pour un remplacement de valve aortique par bioprothèse Carpentier Edwards Perimount 21 // Rêver - cette fois-ci éveillée - d'une bicoque en bordure de mer ou bien avec vue sur les montagnes // La voiture qui refuse de démarrer; contrariée de ne pas avoir roulé depuis plusieurs jours ou bien contrariée par la chute des températures... // De nouveau une céphalée qui me tient toute une journée // Tellement fatiguée que je n'ai envie de rien // Une étoile pour accrocher dans le sapin // Compter les jours // Antélisthésis (Apprendre, toujours et encore) // "This is the end, Hold your breath and count to ten, Feel the earth move and then, Hear my heart burst again..." // Plus de pouls // Une fâcheuse tendance à me replier sur moi-même quand on me parle de sentiments. (Je suis un peu sauvage... Me laisserai-je un jour attraper?) // Un écureuil au panache flamboyant traversant la route en sautillant // La Coupe Davis pour la France // Lire. Me gaver de mots // Neige fondue // Me décider à réserver un billet pour Paris...

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29/11/2017

E. Macron un jeune homme si parfait - A. FULDA

emmanuel macron,anne fulda,politique,économie,presse,littérature,actu,actualitéIl a toujours eu le désir de plaire, le besoin d'être admiré, de recueillir l'assentiment de ceux qu'il côtoie, et plus particulièrement de ses aînés, de ceux qui détiennent un pouvoir qu'il n'a pas. Le pouvoir du savoir. Le pouvoir intellectuel, puis économique et politique. Il veut tous les conquérir, les embrasser. Pour  être reconnu, adulé, admiré.

Je ne pensais pas qu'une campagne présidentielle comme celle que nous avons vécue cette année était possible. Mais en y regardant de plus près, je m'aperçois que les cartes ont été rebattues lorsque Emmanuel Macron a créé son mouvement et a quitté le gouvernement. C'était le premier pas vers quelque chose de pas commun, pour ne pas dire d'exceptionnel. C'est un gars qui voit loin et qui analyse vite. Il a un don pour la rhétorique et sait convaincre ses interlocuteurs.

Anne Fulda revient sur le parcours de ce petit "génie" dans son ouvrage intitulé Emmanuel Macron un jeune homme si parfait. En dix chapitres elle dresse le portrait de cet intellectuel touche à tout et à qui tout réussit. On apprend qu'il avait beaucoup de facilités pour apprendre. Le jeune Emmanuel était une éponge. Il était bon en tout et lorsqu'il décida de faire du théâtre, il joua le rôle principal. De même lorsqu'il se mit à étudier le piano, il voulait surpasser les autres et être reconnu. Alors quand il échoua au concours du conservatoire il demanda à repasser l'année suivante avec la même professeur. Il avait déjà ce besoin de convaincre, de plaire; et il était déterminé. Et force est de constater que cette détermination l'a mené très loin.

Non seulement il est doué et déterminé, mais il charme aussi les personnes qu'il rencontre. Ses interlocuteurs sont séduits, lui offrant l'occasion de donner un sérieux coup d'accélérateur à sa carrière et lui permettant de gravir les échelons vers les sommets. Anne Fulda parle de ses parrains et de ses grands-frères dans le monde de la finance et de la politique. Il fait forte impression à tout le monde même s'il n'était pas programmé pour faire de la politique. Il n'a jamais milité dans un parti, était proche d'un philosophe, autant dire que c'est un ovni, comme l'indique très justement l'auteur.

Anne Fulda étant grand reporter et responsable de la rubrique Portraits au Figaro, je lui accorde un certain crédit. L'ouvrage est bien construit, il est clair et rédigé dans un langage accessible à tous. Mais - parce qu'il y a un mais - j'ai tendance à ne pas prendre pour argent content ce qu'on me dit. J'aime bien avoir plusieurs sons de cloche sur un même sujet. Donc, si somme toute le livre est fort intéressant, je ne manquerai pas de lire d'autres ouvrages sur l'intéressé.

Emmanuel Macron Un jeune homme si parfait - Anne FULDA - Ed. PLON - 2017

27/11/2017

Quand sort la recluse - F. VARGAS

livres,littérature,romans,polars,quand sort la recluse,fred vargas,actu,actualitéUne amie m'a passé le dernier polar de Fred Vargas il y a quelques semaines et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé le commissaire Adamsberg. L'intrigue de Quand sort la recluse est bien ficelée. Jusqu'au bout on cherche le coupable (même si mon esprit tordu avait quand même de sérieux soupçons).

L'enquête ne débute pas tout de suite. La brigade est sur une autre affaire. Mais, c'est en faisant des allées et venues entre les bureaux que le commissaire repère quelque chose d'étrange sur l'ordi d'un de ses collègues. Ce dernier a fait des recherches sur une araignée, "la recluse". Une bestiole inoffensive si on ne vient pas l'embêter. Si par malheur elle nous mord, il faut consulter un médecin, mais pas de quoi s'affoler. Une morsure de recluse ne peut pas tuer un homme. Or, dans le sud, on compte déjà deux morts par recluse depuis le début de l'année. Deux morts assez rapprochées. Les deux bonhommes n'étaient pas tout jeunes mais ils étaient originaires du même coin. Adamsberg ressasse l'information. Pas de quoi ouvrir une enquête, qui du reste ne serait pas de son ressort. Mais l'araignée revient gratter régulièrement son esprit, quand ce n'est pas sa nuque. Il discute de l'affaire avec le dit collègue qui lui aussi est très intrigué. Ils vont commencer à enquêter en embarquant avec eux la responsable informatique du service. Mais tout cela reste confidentiel. Ils n'ont pas d'éléments suffisants pour ouvrir une enquête et l'ambiance n'étant pas au beau fixe avec le commandant Danglard, ils ne parlent pas de leurs recherches.

Adamsberg, sous un prétexte fallacieux, va interroger un spécialiste des araignées qui lui affirme qu'un homme ne peut pas mourir d'une morsure de recluse, qu'il faudrait le venin de plusieurs dizaines de ces bestioles pour envoyer un humain à l'hôpital. Franchement, la théorie ne tient pas debout. Le jour de l'entrevue avec le scientifique il rencontre une petite mamie qui semble bien connaître cette fameuse araignée, d'ailleurs elle comptait en donner une morte au spécialiste avec qui elle avait également rendez-vous. Originaire du sud, elle connaît les deux premières victimes, qui elles-mêmes se connaissaient. Adamsberg fait alors des recherches sur les deux hommes et remonte à un mystérieux pensionnat pour garçons difficiles...

L'intuition d'Adamsberg est-elle bonne où se perd-il dans les brumes de son esprit? Je vous laisse découvrir la suite. Ce fut un bon moment de lecture pour ma part. Non seulement l'intrigue est bien menée mais elle est aussi étayée par de nombreux détails scientifiques.

Quand sort la recluse - Fred VARGAS - Ed. Flammarion - 2017

26/11/2017

Une seule et même personne

chère Sarah,

J'aurais dû vous appeler mais je ne voulais pas vous déranger. Vous avez assez à faire avec la rédaction de votre roman en ce moment. J'espère que Toby va bien. Vous lui donnerez une caresse supplémentaire de ma part.

J'ai fait un détour par Gênes. La carte postale donne un bel aperçu du port. Je dois reprendre le travail lundi mais je ne suis plus si sûr de vouloir rentrer. Il y a un cargo qui part après-demain pour Osaka. Je pourrai peut-être me perfectionner dans l'art du Iaido...

Affectueusement

Alexandre

 

Sarah lu et relu la carte postale. Cette écriture ne lui était pas inconnue. Sans chercher à comprendre ce qu'elle faisait, guidée par une sorte d'intuition, elle alla chercher le paquet de lettres laissées par Baptiste Vittoz au-dessus de la table de berger. Elle les étala sur la table et compara l'écriture. Son cerveau assembla en une fraction de secondes les pièces du puzzle. Elle comprenait mieux les réactions d'Alexandre lorsqu'ils s'étaient rencontrés la première fois. Il connaissait bien mieux les Edelweiss que ce qu'il lui avait laissé croire. Et pour cause, il y avait habité. Elle en était maintenant persuadée. Il avait le même regard que le fils Vittoz et, même si elle ne pouvait l'expliquer, elle était certaine qu'ils avaient un lien de parenté. Certes les lettres retrouvées étaient signées Simon, mais la similitude entre les deux écritures ne laissait aucun doute. Simon Vittoz et Alexandre Perrazzi n'étaient qu'une seule et même personne.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°285 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, prise par Leiloona, n'est pas libre de droits non plus.

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