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13/02/2015

L'île aux mimosas et ses allées caillouteuses

J'irai finalement en Vendée aux vacances de printemps. La résa est faite. Petit séjour sur l'île aux mimosas du 27 avril au 2 mai. Hâte de retrouver les allées caillouteuses du Bois de la Chaize, les marais salants, et les pistes cyclables pour se balader du nord au sud de l'île les cheveux au vent. Hâte de retrouver sa faune et sa flore, ses paysages sauvages.

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19/08/2013

L'île des beaux lendemains - C. VERMALLE (coup de coeur)

livres,littérature,romans,caroline vermalle,vendée,actu,actualitéJ'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu de coup de coeur pour un livre et j'ai été enchantée par cette histoire. C'est plein de poésie, d'humour, de joie, parfois de tristesse, et surtout c'est plein de vie.

Jacqueline, 73 ans, décide un beau jour de quitter Marcel, son mari, pour aller chez sa cousine Nane. La cause de son départ: un papillon qui s'écrase un soir sur la fenêtre de sa cuisine. A travers ce papillon, c'est toute sa vie que Jacqueline revoit défiler, et notamment le manque de courage lorsqu'elle était jeune pour oser affronter ses parents, et surtout pour vivre sa vie.  

Elle se réfugie chez Nane parce qu'au fond elle l'admire. Nane a su assumer ses choix. Elle a désobéi à son oncle et sa tante et s'est mariée avec Alexandre Verbowitz, un artiste peintre d'origine polonaise. Ils ont vécu heureux ensemble. Même si Alexandre n'est plus de ce monde aujourd'hui, Nane n'a pas de regret.

Au contraire, la vie de Jacqueline n'a toujours été que compromis. Des compromis avec ses parents, puis avec son mari, un homme qu'elle n'a jamais vraiment aimé. Avec lequel elle s'est mariée parce que ses parents en avaient décidé ainsi. Jacqueline n'a pas choisi le bonheur mais la compromission et a toujours admiré Nane pour son courage.

Mais quand Jacqueline arrive chez sa cousine sur l'île d'Yeu, elle ne lui avoue pas la raison pour laquelle elle a quitté Marcel. Ca fait plus de cinquante ans qu'elles ne se sont pas vues et les retrouvailles sont pour le moins cocasses. Elles étaient comme deux soeurs à l'adolescence mais le temps a effacé la complicité et elles vont devoir s'apprivoiser. L'une est posée et polie, l'autre est du genre "rentre dedans" et ne pratique pas la langue de bois.

Cette histoire pose aussi la question de la maternité, de l'accomplissement de soi, et de la liberté que chacun a de choisir sa vie. J'ai aimé cette rencontre avec Jacqueline et Nane. Les papillons et les vents des quatre coins de la planète ont su brillamment raconter l'histoire de ces deux vieilles dames. Oui, parce que ce sont des papillons qui nous racontent l'histoire. Quand je vous disais que ce roman est plein de poésie...

L'île des beaux lendemains - Caroline VERMALLE - Ed. Belfond - 2013

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08/06/2012

Au bout de la presqu'île

Après le départ de Victoria Luc avait changé de maison. Sa nouvelle demeure était éloignée de l'effervescence du centre ville. Il habitait maintenant tout au bout de la prequ'île, dans la bois de le Chaise, là où elle aimait se promener. Au fond de lui germait l'espérance de la voir hanter les allées caillouteuses.

Le déménagement avait duré trois jours. Son frère avait un moment délaissé son cabinet d'expert-comptable pour lui filer un coup de main.

La maison comprenait un étage avec deux chambres reliées par un cabinet de toilette. Les pièces étaient spacieuses. Luc avait choisi de laisser les murs blancs pour faire ressortir le mobilier. Dans le séjour il avait installé d'un côté son vieux canapé Chesterfield en cuir noir et une table basse en bois patiné; de l'autre, une table ronde aux pieds tournés pouvant accueillir jusqu'à six convives et un meuble bas. Le sol était recouvert de parquet brut flottant. Dans un coin il avait installé un meuble télé avec des incrustations d'ivoire et un petit secrétaire chiné à la Roche-sur-Yon. Il ne manquait plus que quelques lampes de chevets et des tableaux pour mettre le tout en valeur.

Un garage était accolé à la bâtisse. Lorsqu'il y était entré la première fois il y avait découvert un chat mort. Mort sans doute des suites d'une maladie. C'était l'explication la plus plausible. Il n'imaginait pas quelqu'un entrer dans le garage pour y déposer le cadavre de l'animal.

Les trois jours de l'emménagement avaient ressemblé à une partition exécutée par un orchestre dont il était le chef. Les "musiciens" - son frère et deux amis d'enfance - avaient joué merveilleusement.  Leur travail avait été récompensé par les acclamations des visiteurs lors de la pendaison de crémaillère quinze jours plus tard. A l'extérieur il ne restait pas un seul brin de mauvaise herbe, juste quelques arbustes mélaniques qu'il avait voulu conserver pour agrémenter la cour.

Son nouveau home-sweet-home avait un air de paradis. Tout aurait été vraiment parfait s'il n'avait pas eu juste à côté des voisins au comportement plutôt erratique. Leur divertissement favori était de piétiner ses plates-bandes. La médiation avec la mairie n'avait pas suffi. Il avait été obligé de porter plainte pour faire cesser leurs agissements. 

Ce texte a été rédigé pour l'édition 68 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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25/05/2012

Tiraillée entre les deux

Luc avait joué les candides quand Maria lui avait annoncé que Victoria était partie. Mais au fond de lui, il se doutait que les choses ne pouvaient pas rester en l'état. Victoria était tiraillée entre Jean et lui. L'amant officiel et l'amant caché. Elle avait essayé de canaliser son inclination mais il n'y avait pas de remède, pas d'antidote. Elle aimait les deux hommes. Plutôt que de les faire souffrir elle avait choisi de s'éloigner, de prendre le large. C'était bien son genre.

La première fois qu'il l'avait vue c'était un jour d'orage. Les cieux étaient en colère. Un véritable déluge s'abattait sur l'île. Parti en promenade à bicyclette il avait été obligé de se réfugier à la librairie du Vieil. Elle aussi avait écourté sa balade à vélo et était entrée dans le magasin. Ses cheveux étaient trempés, ses joues rosies par la pluie, et son sourire craquant. Elle portait ce jour-là une jupe au-dessus du genou qui modelait divinement sa silhouette. Elle avait des fesses rebondies et des hanches de madonne. Il avait prié pour qu'elle ne s'aperçoive pas de son début de calvitie, ou du moins pas avant qu'ils aient échangé leurs numéros de téléphone. Puis les nuages s'étaient écartés pour laisser place au soleil. Avant de ressortir de la boutique il avait acheté un briquet pour allumer l'amadou dans la cheminée et un calendrier qu'il avait conservé dans ses archives.

Il l'avait appelée le surlendemain et était resté la langue pendue au téléphone pendant une heure. Pas besoin de déclamer de quatrains pour la séduire, ni d'être burlesque ou bien de raconter des histoires hallucinantes. Il lui avait parlé simplement de tout et de rien. Au bout de la conversation la promesse d'un rendez-vous qui ressemblait déjà à une caresse. A faire les cent pas l'oreille collée au téléphone cellulaire il avait failli écraser un moustique qui courait sur la mousse du pin qui ombrageait le jardin. 

Le rendez-vous était fixé au lundi suivant. Avant de rentrer dans la maison il était allé jusqu'au bord de l'eau. La mer était calme et il n'y avait pas un nuage à l'horizon.  

Texte rédigé pour l'édition 66 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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19/05/2012

Ses cheveux exhalaient un parfum de pivoine

Assis à l'avant du bateau Jean contemplait l'opacité ténébreuse de la nuit. Seul un point lumineux brillait par intermittence. Les flots de la baie de Bourgneuf étaient tumultueux. Les embruns giflaient le bateau et du sel venait se coller aux vitres. Les passagers, calés dans leur fauteuil, écoutaient le vent râler au dehors. Certains, le front en sueur, pensaient au naufrage. Jean s'attendait à en voir un faire dans son froc d'un moment à l'autre. La mer était mauvaise ce matin. Au loin le point lumineux grossissait mais il n'arrivait pas encore à distinguer le phare de l'île d'Yeu. Ses compagnons de traversée avaient les traits crispés, le coeur à l'envers. Ca tanguait pas mal. Jean lui aussi commençait à avoir chaud.

Dix minutes plus tard le bateau était à Port-Joinville. Une nuée de mouettes voletait autour des marins sortant des caisses de poissons fraîchement pêchés. Jean inspira profondément lorsqu'il se trouva à l'air libre. Il ne quittait pas la Réale mais c'était tout comme, heureux de mettre un pied sur la terre ferme.

A chaque fois qu'il arrivait à l'île d'Yeu il ne pouvait s'empêcher de penser à Victoria. Cela faisait deux ans jour pour jour qu'elle avait quitté la Vendée. Il n'avait pas de nouvelles. Pour fêter ce triste anniversaire il alla boire un chocolat chaud où ils avaient l'habitude de se réfugier quand ils venaient sur l'île pour une randonnée à vélo. La patronne du bistrot avait un balai à la main. Un ballon en mousse, sans doute oublié par un gamin, traînait dans un coin de la salle. Aucun changement dans la décoration. Même les affiches des concerts organisés chaque année pour la fête de l'été n'avaient pas bougé. 

Il se remmémora sa dernière rencontre avec Victoria. C'était lors de la communion de Sylvia. Il se souvenait que sa veste en velours sentait l'encens et que ses cheveux exhalaient un parfum de pivoine. C'est ce jour-la qu'il avait dit au-revoir à son grand amour à l'ombre des pins maritimes. Il ne savait pas qu'elle s'apprêtait à quitter la région. Son regard était comme toujours plein d'espièglerie et de coquinerie. Pourquoi était-elle partie?

Jean chemina plus lentement que d'habitude vers son bureau installé dans la rue du Secret. Des larmes perlaient à ses cils et s'étalaient à intervalles réguliers sur ses joues. Chaque minute qui passait le faisait de plus en plus ressembler à un albinos mais aujourd'hui ses yeux n'étaient pas rougis par le vent et la pluie.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 65 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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24/10/2010

Les dimanches en photo (5)

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Coucher de soleil sur le littoral vendéen

20/10/2010

Le peuple de la mer - M. ELDER

9782842656256[1].gifC'est un ouvrage que j'ai trouvé par hasard à la Fnac alors que je cherchais des livres de Johanne Harris. Je n'étais pas du tout partie pour acheter ce bouquin jusqu'à ce que je lise la 4e de couverture qui vantait des histoires de marins se déroulant au port de l'Herbaudière situé sur l'île de Noirmoutier. Un petit coin de paradis où j'aime toujours autant aller.

Trois nouvelles - intitulées La barque, La femme et La mer - nous content des histoires pas très gaies de marins dans un décor maritime pourtant extraordinaire. Les hommes s'affrontent sur les barques, se disputent les faveurs d'une jolie femme ou se laissent séduire par la mer, envoûtante et nourricière mais aussi bien souvent se repaissant de chair humaine.

Il y a dans ces pages de la soûlerie, de la castagne, de la tristesse, de la jalousie, des vieux marins au long cours, de beaux jeunes hommes aux biceps gonflés sous les maillots... Il y a aussi des femmes qui pleurent, qui se lamentent, qui attendent leurs petits partis sur les océans...

Ce sont trois belles histoires sur la vie difficile du peuple de la mer. La mer, cette étendue d'eau pour laquelle ils ont une fascination sans bornes. Les dialogues sont savoureux. L'accent et le patois des îliens y sont retranscrits.

Cet ouvrage a été couronné par le prix Goncourt en 1913. Il est signé Marc Elder (Marcel Tendron de son vrai nom).

Le peuple de la mer - Marc ELDER - Ed. La Découvrance - 2010