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13/11/2016

La maison de l'amour

Philip et Victoria n'avaient pas déménagé pour officialiser leur liaison. Chacun avait gardé son appartement. Elle, adorait la vue qu'elle avait sur Kensington Gardens. Lui, aimait la proximité avec son bureau. C'est Victoria qui, la plupart du temps, se rendait chez Peterson. Elle ne voulait pas envenimer davantage les choses avec Peter. Moins il croisait Philip, mieux c'était. Il en voulait beaucoup à Victoria de l'avoir quitté pour Peterson, un type de cinq ans son aîné. Peter pensait qu'il n'avait rien à craindre d'un homme plus vieux que lui. Il avait été bien naïf de penser ça.

S'ils n'avaient pas changé leurs habitudes à Londres, Philip et Victoria avaient cependant eu un coup de foudre pour une maison à Brighton. Un week-end qu'ils se baladaient sur la côte, ils avaient vu une belle bâtisse blanche à vendre. Tous les deux avaient remarqué les bow windows et les nombreuses fenêtres qui laissaient présager une belle clarté à l'intérieur de la maison. Philip avait noté le numéro de téléphone inscrit sur la pancarte et ils avaient appelé le soir-même. Ils l'avaient visité le lendemain et avaient complètement craqué. Victoria voyait déjà comment la décorer. Philip avait exactement les mêmes goûts qu'elle. Cette maison leur ressemblerait et scellerait leur amour.

Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture Une photo Des mots n° 240 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits, la photo (de Leiloona) n'est pas libre de droits non plus.

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21/05/2013

Song for Marion (coup de coeur)

Pcinéma,films,song for marion,terence stamp,vanessa redgrave,londres,actu,actualitéas facile de vous parler de ce film pour lequel j'ai eu un gros coup de coeur. L'histoire est triste et il vaut mieux ne pas oublier les mouchoirs mais il y a aussi beaucoup de tendresse, de l'humour et de la joie de vivre. Je ne comprends pas qu'on n'ait pas plus entendu parler de ce film qui est, selon moi, une petite pépite. De plus l'histoire est servie par des acteurs remarquables.

Marion  (Vanessa Redgrave) et Arthur (Terence Stamp), retraités, habitent un quartier de la classe moyenne de Londres. Marion est atteinte d'un cancer mais elle est d'une énergie incroyable et ne manquerait pour rien au monde les répétitions avec la chorale du quartier. Une chorale dirigée par Lizzy, une jeune femme pétillante (Gemma Arterton) pour qui le chant est une vraie passion. Mais cette activité n'est pas du goût d'Arthur, grincheux, renfermé, et fâché avec la Terre entière. Il voudrait que Marion se ménage davantage.

Elle, elle n'a que faire des recommandations de son mari mais un jour elle fait un malaise lors d'une répétition. Le diagnostic tombe: la maladie a repris le dessus et il n'y a pas d'espoir de guérison. La toubib lui dit d'en profiter au maximum, de s'empiffrer de chips et de crème glacée si ça lui chante, et surtout de faire ce qu'elle a envie de faire. James (Christopher Eccleston), leur fils, est sonné par la nouvelle. Il ne s'est jamais bien entendu avec son père et n'a jamais vraiment partagé de moments de complicité avec lui. Perdre sa mère, avec laquelle il s'entend bien, est un vrai déchirement.

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Mais pour Arthur la séparation va s'annoncer aussi difficile. Il était très proche de Marion malgré leurs caractères opposés. La chorale pourrait-elle aidé Arthur à devenir différent et surtout à porter un autre regard sur la vie?

Les acteurs - ai-je besoin de le répéter - sont formidables. Redgrave et Stamp mériteraient un prix d'interprétation. (Je leur décerne une Plume d'or!) Et les chansons choisies pour la chorale par la pétillante Lizzy sont très pop-rock et pas du style (à première vue) des choristes du 3ème âge qu'elle dirige. Le film commence avec une chanson des années 7O interprétée par Charlie Rich The most beautiful girl, mais il y en a pour tous les goûts. Marion chante True Colors de Cyndi Lauper, et la chorale répète Let's talk about sex du groupe Salt N Pepa.

Vraiment, allez voir ce film. Vous ressortirez différents du cinéma.

Song for Marion - Paul ANDREW WILLIAMS - Avec Vanessa Redgrave, Terence Stamp, Gemma Arterton, Christopher Eccleston

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18/01/2013

Enola Holmes/Le secret de l'éventail - N. SPRINGER

enola holmes,nancy springer,sherlock holmes,londres,actu,actualitéCe quatrième opus des aventures d'Enola Holmes, jeune soeur de Sherlock et Mycroft, est vraiment haletant. Un vrai "page-turner". Quand on l'a commencé, difficile de le lâcher.

Dans ce tome notre jeune Enola essaie d'aider Cecily Alistair, une jeune femme dont elle a croisé le chemin quelques mois plus tôt alors qu'elle était aux mains d'un hypnotiseur. Enola la revoit dans un lieu insolite  (les toilettes pour dames qui viennent d'être créées sur Oxford Street). Cecily est surveillée par deux mégères. Cependant, bien que tyranisée par les deux femmes, lady Cecily réussit à glisser à Enola un éventail en papier rose. Un banal éventail en papier rose ne correspondant pas du tout au style des deux chaperons ni à la tenue de la jeune lady... 

Mais Enola perd la trace de son amie et va, à partir de ce malheureux éventail, tenter de comprendre les ennuis de  Cecily. Mais ce ne sera pas simple, surtout qu'elle trouve régulièrement ses frères sur son chemin. Elle est fière que Sherlock l'aide dans son enquête mais il pense que ce genre d'activité n'est pas celui d'une femme. Quant à Mycroft, il aimerait bien lui mettre la main dessus pour l'envoyer un pension.

J'aime toujours autant le caractère bien trempé d'Enola, sa débrouillardise, son franc-parler et par-dessus tout ses déguisements! Ce fut un très bon moment de lecture.

Enola Holmes/T. 4 Le secret de l'éventail - Nancy SPRINGER - Ed. France loisirs - 2011

05/11/2012

The Buddha of Suburbia - H. KUREISHI

livres,littérature,hanif kureishi,londres,inde,actu,actualitéVoilà un livre, que dis-je, une satire sur le Londres des années 70. La société y est décrite par un jeune homme d'origine indienne qui essaie de percer dans le monde du spectacle. C'est un roman intéressant, drôle et parfois caustique.

Karim n'a pas encore vingt ans quand son père, yoggi à ses heures perdues, s'amourache d'Eva, une Londonienne qui a ses entrées un peu partout. La famille vole en éclat et Karim ne sait pas très bien où est sa place même s'il s'entend plutôt bien avec la nouvelle femme de son père.

Outre l'histoire en elle-même, ce roman nous donne beaucoup d'infos sur la société londonienne de l'époque, les pratiques dans le monde du spectacle et les us et coutumes de la communauté indienne. C'est souvent grinçant, parfois trash, et notre héros ne sait pas toujours ce qu'il doit faire et où est sa place. Il se cherche, entre la maison de sa mère et le nouveau logis de son père. Il oscille par ailleurs entre l'homosexualité et l'hétérosexualité (du moins au début) et multiplie les expériences. Nous sommes dans les années 70 et les moeurs se libèrent.

C'est en quelque sorte un roman d'apprentissage mais on quitte le héros alors qu'il n'a pas encore 30 ans. A-t-il vraiment trouvé sa voie à la fin de l'histoire?

Livre lu en version anglaise. L'auteur s'est attaché aux détails et le vocabulaire est très imagé et coloré. Mais on reste un peu sur sa faim lorsque l'on referme le livre.

The Buddha of Suburbia - Hanif KUREISHI - Ed. Faber and Faber - 1999

02/11/2012

Enola Holmes/Le mystère des pavots blancs - N. SPRINGER

livres,littérature,enola holmes,sherlock holmes,londres,actu,actualitéDans ce troisième tome Enola se met en tête de retrouver le Dr Watson - fidèle compagnon de son frère Sherlock - qui a mystérieusement disparu. Après avoir accompli sa journée de consultations il est allé à son club mais on ne sait pas ce qu'il est devenu ensuite.

Enola se lance tête baissée dans l'affaire et emploie tous les stratagèmes possibles pour glaner des infos et comprendre ce qui a pu se passer. Elle craint que quelqu'un ait attenté à la vie du brave docteur. C'est en cherchant un déguisement adéquat pour s'introduire chez Mrs Watson qu'elle va faire d'incroyables trouvailles, non seulement pour se grimer mais aussi faire avancer son enquête.

Elle n'oublie pas par ailleurs de consulter les avis personnels glissés dans les journaux. Elle en trouve un dans la Pall Mall Gazette qui semble avoir été envoyé par sa mère mais elle se méfie. Il se pourrait que ses frères aient appris le langage des fleurs... Un second message - qui celui-ci n'est pas signé - viendra confirmer son pressentiment.

Je trouve que ce tome 3 est meilleur que les deux précédents. L'intrigue est intéressante et tient debout. Enola gagne en maturité et ses intuitions sont bonnes. Elle arrive à résoudre l'énigme sans l'aide de ses frères. Elle leur rend d'ailleurs un grand service! J'ai hâte de lire le prochain tome!

Enola Holmes/Le mystère des pavots blancs - Nancy SPRINGER - Ed. France Loisirs/Guanaco - 2010

04/10/2012

Tels deux mollusques sur des draps blancs

La saturation des rues à l'heure de pointe avait considérablement réduit la progression de Peter. Il se dirigeait vers l'hôpital. Victoria y avait été admise avec Peterson. Après une folle course poursuite dans Hyde Park ils avaient été percutés par un véhicule devant Marble Arch alors qu'ils s'apprêtaient à arrêter Jeremy Swanton. Mais l'époustouflant violoniste avait mystérieusement disparu. Victoria avait juste entendu un claquement de portières

L'attente fut longue. On ne le laissa pas voir Victoria avant une bonne heure. Au dire des infirmières qui sortaient de la salle d'examen, Victoria avait récolté une belle collection de contusions. Mais de toute évidence elle s'en sortait bien. Aucun traumatisme crânien n'avait été diagnostiqué.

Quand enfin il put entrer dans la salle, Victoria et l'inspecteur étaient inertes, tels deux mollusques échoués sur des draps blancs. Peter eut un mouvement de recul. Une infirmière coiffée d'une huppe lui dit qu'on leur avait injecté une forte dose de sédatifs et qu'ils n'allaient pas se réveiller tout de suite. Ce ne fut pas de voir Victoria étendue là sans réactions qui le fit reculer mais ce fut de trouver un homme allongé à quelques centimètres d'elle. D'un coup des flammèches de jalousie enflammèrent son coeur. S'il n'avait pas été dans un hôpital il n'aurait pas hésité une seconde à tordre le cou de cet inconnu gisant à côté de sa fée.

Voyant qu'il ne pourrait pas parler à Victoria avant un bon moment il alla finasser avec les médecins pour connaître l'identité du type qui était soigné avec elle et comment il avait atterri là. Quand il apprit qu'il s'agissait d'un inspecteur il se demanda ce que Victoria pouvait bien faire avec lui. Travaillaient-ils ensemble? Victoria l'avait-elle interviewé pour un article? Ou bien étaient-ils amants? Peter se refusait à accorder de l'importance à cette dernière suggestion de son esprit, pourtant elle revenait sans cesse l'enquiquiner comme un marteau tapant regulièrement sur un clou.

Au bout de trois heures Victoria émergea d'un univers à la fois brumeux et cotonneux. De son demi-sommeil elle entendit des personnes se chicaner. Elle crut reconnaître des voix d'hommes mais tout cela lui semblait loin. Les sédatifs agissaient encore. Elle évoluait dans une dimension peuplée de nouveautés et de fabuleux rituels. Elle se vit goûter un gratin de macaroni aux courgettes, plat qu'elle n'avait jamais mangé jusqu'alors. Puis, elle eut la sensation d'être bercée à chaque fois qu'elle voulait se déplacer dans cette autre dimension d'où elle entendait de plus en plus nettement des sons. Jusqu'au moment où, de sa retraite vaporeuse, elle reconnut les voix de Peter et de Philip Peterson s'invectivant. 

Texte rédigé pour l'édition 76 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits.

28/09/2012

Le poids d'un amour inavoué

L'attente était interminable. La queue n'avançait pas. C'était toujours la même galère au self du Yard. Deux personnes pour servir une centaine d'agents qui n'avaient qu'une heure pour manger. De plus la chaleur dans le réfectoire - décoré de photos de palétuviers - était intenable. Peterson commençait à suer à grosses gouttes. Sa chemise en voile de coton serait bientôt trempée. Au menu, foie de veau et purée. Le médecin lui avait justement conseillé de manger ce type d'abat pour régénérer son organisme en zinc. Mais les repas au self ne l'enchantaient guère. Et encore moins depuis que la machine à café était tombée en panne.

Victoria déambulait dans les bas-côtés de Brompton Oratory, observant avec attention les idoles. Puis elle s'arrêta dans la chapelle des Sept Douleurs. L'endroit était austère mais elle aimait s'y recueillir. Le dos tourné à la nef elle avait l'impression d'être dans un cocon. Dans ces moments de méditation de nombreux souvenirs revenaient la hanter. Elle repensa aux lettres dogmatiques qu'elle avait trouvées dans le manoir en Ecosse et qui lui rappelaient de vagues moments de son enfance. Elle savait qu'on ne lui donnerait pas d'autorisation pour fouiller le passé et que la poursuite de la vérité pouvait conduire à toutes les éventualités. On retrouverait peut-être son cadavre dans la Tamise. Empoisonnée au cyanure. Les permis de tuer ne font pas l'objet de demandes expresses auprès de Scotland Yard. Malgré cela elle se refusait à écrire un quelconque testament, comme pour faire un pied de nez au sort.

Alors qu'il mangeait son foie de veau, Philip Peterson sentit un poids s'installer dans son estomac. Le poids d'un amour inavoué. Il faudrait qu'il arrive à parler de ses sentiments à Victoria.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 75 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits.

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Jozef Chelmonski - Burza/The tempest 1896