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29/01/2012

"La France en relief" au Grand Palais à Paris

images[1].jpegLe Grand Palais à Paris accueille l'exposition "La France en relief" jusqu'au 17 février. Une quinzaine de maquettes de villes fortifiées réalisées à des fins militaires y sont exposées. Elles ont été fabriquées du règne de Louis XIV jusqu'à la fin du XIX ème siècle.

Ces maquettes, aux dimensions spectaculaires, permettent d'apprécier l'évolution et la fixation des frontières, la guerre de siège et de fortification, la cartographie, la transformation de l'urbanisme et des paysages.

Le Grand Palais - Avenue Winston Churchill, 75008 PARIS - Plein tarif: 5 euros. Tarif réduit: 2,50 euros. Gratuit pour les moins de 26 ans - Ouverture tous les jours de 10h à 20h sauf le mardi 

Les dimanches poétiques (64)

"Lothaire venait souvent en visite avec sa vièle, je comprenais mieux sa peine désormais, nos deux souffrances se ressemblaient et, dans cette communion de sentiments, son amour doux me touchait plus que je ne saurais dire. Il chantait pareil à un instrument où l'on souffle.

Quelle différence du cri au chant! Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire.

Mon coeur s'échauffait au son de la musique, je le sentais remuer sous mes côtes. Nos chairs s'accordaient de part et d'autre de ma grille et nos regards se frôlaient délicieusement parfois."

Carole MARTINEZ Du domaine des Murmures

poésie, littérature, sentiments

27/01/2012

Insomnie

Peter eut beaucoup de mal à regagner Bayswater Road. Des tourbillons de neige arrivaient de toutes parts. Le vent, qui s'était levé d'un seul coup, balayait tout sur son passage. Peter avait du mal à avancer et distinguait à peine le trottoir malgré la lumière des réverbères. L'hiver s'installait. Les pelouses de Kensington n'étaient pas près de reverdir.

Victoria mit un certain temps à venir ouvrir la porte. Elle était sous la douche et n'avait pas entendu tout de suite la sonnette. Elle était en peignoir. Ses cheveux étaient encore plein de mousse. Après avoir embrassé furtivement Peter elle fila dans la salle de bain rincer le shampoing. Quand elle revint dans le living room, elle avait passé un jean et un vieux t-shirt. Ses cheveux étaient peignés en arrière. 

Pendant ce temps-là Peter avait pressé un pamplemousse. Il pensait qu'un peu de vitamines ne ferait pas de mal à Victoria. Non seulement elle n'avait plus de voix, mais depuis quelques jours elle était sujette aux insomnies. Elle ne trouvait pas le sommeil avant au moins 4 heures du matin et quand elle parvenait à s'endormir ce n'était jamais guère que pour quelques minutes. Les cernes sous ses yeux s'agrandissaient et de jour en jour son teint devenait plus pâle. 

Après avoir avalé le jus de pamplemousse Victoria alla se blottir contre Peter qui s'était installé sur le canapé. Il la serra très fort contre lui. La radio diffusait Lady Marmelade. Peter sentit le feu lui monter aux joues. Cette proximité avec Victoria réveilla son désir. La douceur de sa peau éveilla tous ses sens mais Victoria s'était assoupie. Peter essaya d'attraper le plaid d'une main pour couvrir ses épaules. Il n'avait pas envie qu'elle ait froid. C'était un bonheur de veiller sur elle.

Le lendemain matin Victoria était fraîche comme une rose. Sa voix n'était pas revenue mais elle se décida à aller à la rédaction pour voir comment se débrouillaient les chefs de rubriques et Pierre, le stagiaire de l'ESJ qu'elle trouvait un peu niais. C'est avec un regard plein de désespoir que Daniel, son adjoint, et la secrétaire l'accueillirent. Victoria ne se sentait pas irremplaçable mais visiblement tout ne s'était pas passé comme prévu pendant son absence. Un jeune journaliste avait été pris à partie lors d'une manifestation contre la réforme de la tarification du gaz. Il avait été blessé au bras et avait dû se rendre à l'hôpital. Puis il y avait des rumeurs de mensonge au plus haut sommet du gouvernement. David Cameron et Nick Clegg devaient tenir une conférence de presse en fin de matinée pour éclaircir l'affaire.

Victoria trouva un bouquet de pivoines sur son bureau. D'après sa secrétaire elles avaient été livrées la veille. C'était l'inspecteur Philip Perterson qui lui souhaitait sans artifices un prompt rétablissement. Il voulait l'inviter à prendre le petit déjeuner un jour prochain. Il avait quelques nouvelles qui pouvaient l'intéresser. Avant d'aller chez un collectionneur de perroquets, elle mangea deux choux à la crème qui traînaient dans le réfrigérateur de la cafétéria et but un Earl grey bien fort.

Victoria sortit de la rédaction peu avant 11h30 et se dirigea vers Lugsmoor Lane. Sur Pall Mall la circulation était fluide mais lorsqu'elle arriva sur Marlborough Road les voitures n'avançaient pas. Le carrefour était complètement bouché. Elle entendit les passants - une vamp, un sexagénaire et deux hommes d'affaires - dire qu'ils avaient vu un molosse trousser un chat et que c'est ce qui vait provoqué l'encombrement.  Une voiture avait pilé pour les éviter et celles de derrière étaient venues s'encastrer dedans.

Le collectionneur de perroquets avait été assez ennuyeux. En revenant à Bayswater Road Victoria trouva un exemplaire de l'Astragale d'Annie Sarrazin dans sa boîte à lettres. David, le frère de Peter, avait promis de lui en donner un. Graphiste pour les éditions Golden Blaze, il avait été chargé de réaliser la couverture de la version anglaise. Le visage de l'auteure y apparaissait dans une sorte d'hologramme. C'était vraiment chou de sa part.

Elle trouva également deux places pour aller écouter le choeur de Brompton Oratory le 20 février. Elle aimait beaucoup cette église, et tout particulièrement l'abside qui comprenait de très beaux bas reliefs.   

Ce texte a été rédigé pour l'édition 53 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il y avait 29 mots imposés. Ce texte n'est pas libre de droits. La photo non plus.

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26/01/2012

La musique influence les achats

Laurent Delassus, conseiller en marketing et e-communication , était au Club de la presse de Haute-Normandie il y a quelques jours pour présenter son livre "La Musique au service du Marketing". C'était au départ un sujet de thèse.

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Cet ancien journaliste à Radio France et musicien exceptionnel a eu une riche idée. Car outre les images, le packaging et les odeurs, la musique est une composante non négligeable du marketing. Et celui-ci a bien évolué ces dernières années. On parle maintenant de "brand content" c'est-à-dire tout ce qui est contenu dans la marque.

Laurent Delassus explique qu'aujourd'hui "on crée de l'interaction avec le consommateur. La musique est une opportunité pour créer une relation avec le client. Il faut combler le silence."

Cela passe par la détermination de la cible. La musique transmet des émotions. Il y a les émotions collectives, auxquelles tout le monde est sensible. Mais la musique est aussi un facteur segmentant de la population. Chaque groupe social est sensible à différents types de musique et réagit différemment suivant sa zone d'habitation. Les tempi ont leur importance, tout comme les accords majeurs et mineurs. 

Et on ne soupçonne pas jusqu'où sont capables d'aller certaines marques pour vendre leurs produits. Laurent Delassus explique que ZARA avait mis des badges sur les vêtements dans l'un de ses magasins en Angleterre et que lorsque le client essayait un t-shirt, une cellule installée dans la cabine détectait le badge et diffusait une musique en adéquation avec le style du t-shirt. Et oui mes amis, on n'arrête pas le progrès! 

23/01/2012

Les chaussures italiennes - H. MANKELL

livres, littérature, romans, henning mankell, littérature nordique, actu, actualitéCe fut un livre plutôt agréable à lire. J'ai aimé le personnage central qui malgré ses apparences d'homme un peu bourru a de l'humour et sait être attentif aux autres. J'ai aimé ce livre bien que l'histoire ne soit pas très gaie. Cependant, je ne vais pas vous donner trop de détails. Je vais vous raconter seulement le début du livre.

Fredrik, la soixantaine bien entamée, vit depuis douze ans dans la maison de ses grands-parents sur une île isolée en Suède. Son seul contact avec la civilisation c'est Jansson, le facteur, qui apporte le courrier cinq fois par semaine en été et trois fois en hiver. Enfin, Fredrik ne reçoit pas beaucoup de courrier et la pub, il n'en veut pas. Il s'est échoué sur cette île après avoir commis une faute grave. Au bloc opératoire il n'a pas vérifié quel bras on devait amputer à une jeune nageuse. La tumeur se logeait dans le bras gauche et il a coupé le droit.

Fredrik s'est retiré du monde. Il vit sur son île avec une chatte et une chienne. Ses journées se suivent et se ressemblent. C'est l'hiver. Rien ne semble pouvoir venir troubler son quotidien. Et pourtant! Le changement est proche. Il va arriver de façon inattendue au solstice d'hiver. Harriet, la femme qu'il a aimé 40 ans plus tôt, débarque chez lui. Mais ce n'est pas tout à fait celle qu'il a connu qui vient. C'est celle qu'il a abandonné et qui va lui demander des comptes. Parce que notre Fredrik a filé sans même lui dire au revoir et n'a jamais repris de ses nouvelles.

Le personnage central, Fredrik, est plutôt du genre égoïste. Il a toujours beaucoup pensé à lui. C'est une sorte d'ours mal léché. Il en veut un peu à Harriet de venir perturber sa petite vie tranquille. Une vie dans laquelle il ne se passait pas grand chose jusque là. Mais la venue d'Harriet est finalement peut-être une bonne chose... 

Nota bene: la leçon que j'ai retenue de ce livre s'adresse aux hommes. Messieurs, ne promettez pas à une femme de lui montrer un petit lac noir parce qu'elle est capable de vous retrouver quarante ans plus tard pour que vous l'y emmeniez!

Les chaussures italiennes -  Henning MANKELL - Ed. Seuil - 2009

22/01/2012

Les dimanches en photo (24)

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Roman, roman, roman...

20/01/2012

Réception diplomatique

Peter ne pensait pas avoir un énorme succès en France mais il était très heureux d'avoir été sélectionné. Comme lui, trois autres écrivains anglais avaient été choisis pour être traduits dans la langue de Molière. Le conseiller culturel avait fait un discours sans fausse note, en évoquant de façon concise les particularités des candidats. Il avait parlé de "belles découvertes" dans les ouvrages retenus. Angie Smith avait été choisie pour un essai sur les auteurs de la Pléiade, Adam Potter pour un roman relatant une sombre histoire de maîtresse délaissée contrainte à vivre dans une caravane, et Charles Scott pour un roman policier aux accents rustiques se déroulant dans un coin reculé d'Angleterre.

Le livre qui valait à Peter d'être parmi les candidats avait été primé plusieurs fois. Il s'agissait de son deuxième roman, "La nostalgie de l'amour", dans lequel il avait mis en scène une trentenaire errant dans le carnaval de Venise après la disparition de son compagnon. Peter s'était attardé sur la période qui s'écoule entre la perte de l'être aimé et le moment où la jeune femme commence à reprendre sa vie en main.

Une fois les auteurs présentés, le conseiller culturel avait invité l'assistance à prendre part au cocktail dînatoire. Après avoir serré la main au ministre plénipotentiaire, qu'il avait croisé lors d'une précédente manifestation, Peter se dirigea lui aussi vers le buffet. C'était jour de fête à l'Institut français. Les flûtes étaient sorties, le champagne coulait à flot. L'heure était au raffinement.

Peter picorait dans les plats quand trois pintades, grimpées sur des stilettos, lui mirent le grappin dessus. Elles voulaient tout savoir sur ses habitudes d'écriture: ce qui l'inspirait, à quelle heure il écrivait, quel serait le sujet de son prochain livre... Elles criaillaient sans interruption et leur babillage devint vite insupportable. Peter songeait à s'éclipser. L'heure tournait. Il ne savait pas trop comment s'en débarrasser quand il aperçu dans le fond de la salle, adossé à une statue représentant une divinité romaine, Paul Mulberry, éditeur raté et fieffé menteur connu de tous les gens de lettres. Il avait essayé de faire croire à plusieurs personnes qu'il avait remonté le Nil sur une felouque avant de se rendre près des pyramides à dos de dromadaire. Personne, bien sûr, ne l'avait cru. Tout le monde savait que c'était un couard et que jamais il n'aurait osé mettre un pied dans le désert, et certainement pas s'arrêter dans une oasis.

Mais bien entendu, au lieu d'aller saluer Mulberry, seul prétexte qu'il avait trouvé pour s'arracher des griffes des gallinacés, Peter avait filé par la galerie séparée de la salle par un moucharabieh. Les réceptions mondaines n'étaient pas son truc. Il ne prenait aucun plaisir à festoyer de la sorte. Il faudrait cependant qu'il revienne à l'Institut pour l'inscription au rallye auquel il avait promis de participer. Victoria ayant un sens de l'orientation presque inné ils avaient des chances de gagner.

Avant de rentrer à Bayswater Road il s'arrêta dans une pharmacie pour acheter une préparation au propolis, des tisanes à l'huile de thym  et des pastilles au miel de pin. Victoria n'avait plus de voix depuis deux jours. Elle n'avait pas bougé de son appartement et se gavait de médicaments plus inefficaces les uns que les autres. Peter espérait qu'elle n'avait pas attrapé un mauvais virus et que ces quelques remèdes de grand-mère feraient leur effet.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 52 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il y avait 25 mots imposés. Ce texte n'est pas libre de droits.

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