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26/09/2017

Point final

"Herzlich willkommen"

C'était pour le moins une façon originale de terminer un roman. Ca ouvrait sur autre chose que le lecteur imaginerait à sa façon, selon ce qui l'avait touché dans le livre, selon les indices qu'il avait retenus. Puis, cela laissait une porte ouverte à Peter pour écrire un jour une suite. C'est Victoria qui lui avait soufflé l'idée. Une idée de génie! Son éditeur, il le savait, serait ravi de cette part de mystère glissée à la fin du roman.

De plus, Peter n'avait pas donné au lecteur toutes les clés de l'histoire. Il en avait volontairement occulté quelques unes, laissant le soin à celui-ci d'imaginer ce qu'il voulait. Une histoire, quelle qu'elle soit, était aussi l'affaire du lecteur. Même si Peter décrivait une femme vêtue d'un manteau vert, le vert auquel il pensait ne serait jamais le même pour celui qui le lisait. Il serait soit plus foncé, soit plus clair. Et c'était tout ce qui faisait le charme de la littérature.

Le point final mit à son texte, il s'empressa de ramasser les feuillets et de vérifier qu'il n'en manquait aucun. Il avait rendez-vous avec son éditeur à 15h.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°277 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo non plus.

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09/06/2017

Les romans ont-ils du pouvoir?

Je naviguais sur Instagram il y a quelques jours et j'ai découvert sur un compte la Une du 1Hebdo. Y figurait le Bibliothécaire, portrait anthropomorphe d'Arcimboldo, avec un titre pour le moins insolite: Les romans ont-ils du pouvoir? La question m'a interpellée. Est-ce qu'un livre, qui plus est un roman, peut avoir un impact sur le cours des choses, et plus largement, peut changer le cours du monde? Curieuse de savoir comment le sujet avait été traité, je me suis empressée d'acheter le journal.

Les regards croisés de plusieurs auteurs sont proposés. Ainsi, Kamel Daoud explique que selon lui le roman peut avoir un impact que l'on vive en démocratie ou dans une dictature. Il peut changer un esprit en bien ou en mal. Un roman peut être à double tranchant.

Boualem Sansal est lui aussi dans la nuance, jugeant la littérature à la fois inutile et essentielle, dans le sens où elle ne peut rien (et qu'on gaspille des arbres pour imprimer des livres) mais en mettant en avant la centaine de livres qui a transfiguré le monde comme les textes religieux, les grands textes politiques ou linguistiques, et les grands auteurs tels Dostoïevski, Shakespeare, ou encore Dante. Il se désole par ailleurs de l'état de la littérature contemporaine qui, selon lui, dure (pour les meilleurs romans) une saison mais ne propose pas de réels chefs-d'oeuvre.

Un autre regard intéressant est celui de Michel Houellebecq, rapporté par la journaliste Aude Ancelin. Pour l'auteur de Soumission le "roman est toujours ambigu". D'après lui, si l'auteur est bon, "il est d'accord avec tous ses personnages, il plonge dans une espèce de relativisme généralisé". Houellebecq considère qu'un roman ne peut pas changer le monde contrairement à "des propos idéologiques purs, sans personnages, ni complications de ce genre".

Après lecture de presque la totalité des articles je constate que la question est loin d'être tranchée. Mais, comme Carole Martinez (auteure de trois romans dont l'excellent Du domaine des murmures paru chez Gallimard), j'aurais tendance à penser que le roman n'impose rien. Il nous permet simplement d'explorer des possibles, de vivre d'autres vies, d'éprouver une multitude de sentiments, d'émotions et de sensations. C'est par ailleurs un regard sur notre monde, sur la société à un moment T. Il consigne les évolutions de notre temps. Le roman, quoi qu'on en dise, permet de s'ouvrir à l'autre, de réfléchir. Et imperceptiblement, il nous influence. Pas au point de changer le cours du monde, j'en conviens. Mais tout de même. Plutôt que de dire que les romans ont du pouvoir je dirais plutôt qu'ils ont un certain pouvoir.

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08/02/2015

Les dimanches poétiques (149)

"Dans la foulée, j'ai aussi commencé une lettre à Paul Rialto, mais je ne suis pas parvenu à rédiger plus de deux lignes. Je le revoyais, l'année précédente, commentant un passage de Proust. Son aisance. Son élocution. Sa pertinence. Les phrases naissaient et s'épanouissaient dans la classe, elles étaient chatoyantes. Je ne prenais aucune note. J'étais fasciné. Je ne pourrais jamais produire un travail d'une telle qualité. Mais bon, personne ne me le demandait. J'étais le tâcheron acharné qui, un jour, sait-on jamais, à la faveur du forfait d'un champion, pourrait peut-être ramener une médaille de bronze à l'équipe nationale, médaille dont tout le monde se réjouirait pendant cinq minutes avant de l'oublier."

Jean-Philippe BLONDEL Un hiver à Paris

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16/11/2014

Les dimanches poétiques (144)

"La vraie peur est une bonne chose, elle permet d'apprécier le danger et de réagir vite. Mais elle est rare. La fausse peur, la plus commune, cette peur qu'on se fabrique pour des raisons stupides, te tue. Tu vis mais tu es mort, terrorisé dans ta tête. Elle t'empêche de réagir correctement, elle te fait faire des tas de conneries ou t'empêche de faire ce qui compte. En plus, elle te transforme en cible, une victime avant l'heure. Un mec qui a peur, et ça vaut aussi pour les nanas, ça se voit, ça se renifle et ça donne envie aux tordus, qui ne s'attaqueraient jamais à plus fort qu'eux. Ils te sautent à la gorge, juste pour prouver qu'ils te dominent."

Antoine PAJE Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne...

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28/01/2014

Un notaire peu ordinaire - Y. RAVEY

livres,littérature,roman,yves ravey,actu,actualitéCe roman m'a paru un peu étrange au début. Je me demandais ce qui allait se passer de palpitant. En fait, rien de vraiment palpitant dans ce livre si ce n'est une histoire de famille mêlée à une histoire de moeurs.

Freddy, le cousin de Mme Rebernak, vient de sortir de prison. Il voudrait bien que sa cousine l'héberge mais elle refuse catégoriquement. Mme Rebernak a peur. Elle a peur qu'il recommence. Qu'il s'en prenne à sa fille Clémence. Parce que même si ce n'est pas dit clairement, on comprend que Freddy a fait de la taule pour une histoire de moeurs.

Mais la fille de Mme Rebernak n'a que faire des conseils de sa mère qui lui dit de se méfier de Freddy. Elle s'en fiche de lui. Elle a déjà un petit copain, Paul Montussaint, dont le père a aidé sa mère à trouver un travail. M. Montussaint est notaire et il aime la jeunesse. Il connaît bien Clémence et ses amis. Il les aime bien, enfin surtout Clémence, jolie jeune fille fraîche et innocente.

Mme Rebernak pense que le danger vient du cousin et donnerait le bon Dieu sans confession à Maître Montussaint... Quelle grossière erreur! 

Je ne peux malheureusement rien vous dire de plus sur l'intrigue, au risque sinon de vous dévoiler la fin de l'histoire. Ce n'est pas un grand roman mais ce fut tout de même une lecture intéressante. Le suspense est maintenu jusqu'à la fin, à la manière d'un film.

Un notaire peu ordinaire - Yves RAVEY - Ed. de Minuit - 2013

05/01/2011

Bilan du challenge Charles Dickens

Challenge-Dickens[1].jpegLe but du challenge Charles Dickens organisé par Isil était de lire un livre de l'auteur pendant l'année 2010. Challenge rempli. J'ai lu Un chant de Noël et ce fut une jolie découverte.  

30/07/2010

La révolte des accents - E. ORSENNA

9782253124009[1].gifJe pensais ne l'avoir jamais lu mais en fait si. Et ce fut un réel plaisir de plonger à nouveau dans l'univers enfantin et poétique de ce roman d'Erik Orsenna. On y retrouve Jeanne, héroïne de la Grammaire est une chanson douce (mon roman préféré) et des Chevaliers du subjonctif.

L'histoire est simple: les accents, mal aimés, dédaignés, méprisés, décident un  beau jour de se révolter. Ils avaient pourtant prévenu le maire de la ville, lorsque des ordinateurs en langue anglaise (sur lesquels n'apparaissent aucun accent) ont été livrés au collège, qu'un jour ils feraient grève.

Et c'est ce qu'ils ont fait. Ils sont partis avec une troupe de théâtre qui s'en allait rejoindre l'Inde en jonque après une représentation de Roméo et Juliette donnée un soir sur le port de la ville. Le maire, affolé, a dû avouer au capitaine du port et sa toute nouvelle recrue, Jeanne, que les accents l'avait menacé. Il voulait les faire revenir par tous les moyens. Par chance, Thomas, le frère de notre héroïne, avait lui aussi embarqué sur la jonque et expliquait dans une lettre à sa soeur qu'il partait pour l'Inde.

Ni une, ni deux, notre Jeanne se proposa d'aller récupérer les accents. Là-bas elle rencontra un policier "mondialisé", autrement dit qui vérifie les contraventions des contrevenants de Brest. Un policier qui lui raconta l'histoire de sa vallée. Puis, après bien des recherches, elle va retrouver par hasard son frangin, devenu guide pour les artistes et autres comédiens désireux de se rendre au pays des accents... Des accents facétieux, qui décident de ré-accentuer des phrases ou non, selon leur bon vouloir et parfois à la tête du client. Oui, parce que les accents sont des personnes à part entière dans ce livre...

Je ne me lasse pas du style d'Erik Orsenna. L'écriture est fluide, imagée, aérée, bondissante. Il a une imagination débordante, n'est pas avare de bonnes formules et saupoudre des explications grammaticales et linguistiques ici et là. Un vrai pédagogue et un doux rêveur. J'ai souri souvent. Il m'est même arrivé de rire! Je pourrai relire dix fois ses livres sans me lasser. Si vous ne connaissez pas du tout cet auteur, je vous le recommande vivement.

La révolte des accents - Erik ORSENNA - Ed. Stock - 2007