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28/06/2012

Nuit d'encre - Ph. HUET

livres, littérature, romans, presse, journalisme, philippe huet, actu, actualitéJ'ai beaucoup aimé ce polar qui se passe dans le milieu de la presse. Nous sommes dans les années 70 et Paul-Henry Sternis est le tout-puissant patron d'un quotidien régional. Bien que diminué par la maladie, il semble indestructible. Tel un phénix, il renaît chaque fois qu'il respire l'atomosphère de son journal.

Mais Sternis a des ennemis, notamment ceux qui ont tout perdu lors de la dernière guerre. Beaucoup acceptent mal que le petit imprimeur d'origine juive soit devenu le patron du journal régional de référence. Les rancunes ne sont pas éteintes et lorsqu'un flibustier de la presse lance une offensive pour racheter le titre, c'est le début de la fin. Tous ceux qui jusque là avait tu leurs rancoeurs ne vont pas se priver pour lui tirer dans le dos.

Philippe Huet a fignolé les portraits de ses personnages tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Un vrai régal. Une belle plume qui mérite le détour. Les principaux personnages ont été inspirés de patrons de presse et de journalistes ayant existés. Ceux qui connaissent l'histoire du quotidien Paris Normandie les reconnaîtront sans difficulté.

Nuit d'encre - Philippe HUET - Ed. Albin Michel - 2012 

25/06/2012

Expo "Gerhard Richter" à Paris

expositions, gerhard richter, paris, art, peinture, actu, actualitéLe Centre Georges Pompidou propose jusqu'au 24 septembre 2012 à Paris l'exposition "Gerhard Richter Panorama". Il s'agit d'une rétrospective pour célébrer les 80 ans de l'artiste. Il s'est fait notamment connaître pour ses peintures hyper-réalistes réalisées à partir de photographies.

Puis dans les années 70 il met en place un nouveau type d'asbtraction: un univers où cohabitent des grilles colorées, l'abstraction gestuelle et des monochromes. Dans les années 80 il réinvente les genres de l'histoire de l'art: portrait, peinture d'histoire, paysage; et explore en même temps un nouveau type de tableaux abstraits aux couleurs acides.

Une exposition qui retrace en quelque sorte toute la carrière de Gerhard Richter.

Centre Georges Pompidou - 75191 Paris cedex 04 - Ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1er mai de 11h à 21h (fermeture des caisses à 20h). Nocturne le jeudi jusqu'à 23h (fermeture des caisses à 22h) - Plein tarif: 13 euros. Tarif réduit: 10 euros

24/06/2012

Les dimanches poétiques (76)

Le Pont Mirabeau - Guillaume APOLLINAIRE

Sous le point Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

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23/06/2012

Un alcool fort

Philip Peterson avait besoin d'un alcool fort. Il commanda une mirabelle juste après avoir avalé deux bières fadasses. Le zythum des Egyptiens aurait sans doute été meilleur que ces brunes servies sans élégance par une serveuse mollassonne et quelconque.

Il cherchait à noyer son abattement. La journée avait été riche en revers. Vraiment une sale journée. Il n'avait pas réussi à coffrer le prédateur de Harley Street. L'opération montée pour le coincer avait été une catastrophe.

On dénombrait déjà six victimes, toutes retrouvées dans un état lamentable. Le prédateur torturait ses proies en leur plantant des centaines de punaises dans le corps. Puis il les retirait une à une et suçait le sang qui s'écoulait des orifices. Un dingue. L'inspecteur n'avait jamais vu ça. Les cadavres, criblés de trous, semblaient irréels.

Sa présence dans le quartier avait été signalée une dizaine de jours auparavant mais le malfrat, tel un espion, était toujours sur ses gardes. Il était passé entre les mailles du filet et Peterson s'était pris un sacré savon par le patron de Scotland Yard. Sa carrière était dans la balance, il le savait. A trois ans de la retraite, il n'espérait même pas un reclassement dans un autre service. C'était la fin. Il serait remercié sans ménagement, comme un va-nu-pieds.

Peterson eut du mal à terminer son sandwich. Le cuisinier avait forcé sur la moutarde. Ca lui piquait les narines et lui faisait venir les larmes aux yeux. Et puis le bacon et les crudités ne passaient pas très bien avec la mirabelle. Il retournait l'affaire dans sa tête mais n'arrivait pas à expliquer pourquoi le tueur lui avait filé entre les doigts. Chaque policier, équipé d'un micro invisible, avait un rôle bien déterminé lors de l'intervention. Il ne comprenait pas comment l'opération avait pu tourner au fiasco.

Outre son échec professionnel, Peterson avait subi un revers personnel. Clara, une petite blondinette aux lèvres vermillon, avait mis fin à leur relation. Elle lui avait reproché d'être esclave de son travail et d'être un piètre amant. Il avait négligé la sexualité et Clara avait une libido débordante. En plus du diplôme d'inspecteur de police il aurait dû passer le brevet du "parfait amant". Il s'était fait larguer sans le moindre avertissement, du jour au lendemain, tout simplement parce que cette petite garce avait décidé que c'était fini.

Assis au bar il contemplait la reproduction de sitelles qui se reflétait dans le miroir tout en énumérant dans sa tête les choses positives qui lui étaient arrivées ces dernières années. Bien peu en fait. Il n'avait plus de contact avec son frère, ne voyait plus sa nièce. La seule chose qui lui restait de sa famille était un petit coffret en bois vernis gravé à ses initiales. Un cadeau de sa mère lorsqu'il était adolescent. Il y avait rangé quelques vieilles photos et ses médailles pour service rendu à la nation.

Il en était à son troisième verre de mirabelle et jouait avec les miettes du sandwich dispersées sur le comptoir lorsqu'un gros "boum" retentit dans le bar. Quelques tables furent projetées contre les murs et Peterson se retrouva par terre. Décidément c'était vraiment une sale journée. 

Ce texte a été rédigé pour l'édition 70 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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20/06/2012

Katiba - J.-Ch. RUFIN

livres,littérature,romans,jean-christophe rufin,organisations internationale,diplomatie,actu,actualitéLecture intéressante mais il y avait beaucoup trop de personnages à mon goût et j'ai eu parfois un peu de mal à me rappeler qui faisait quoi. Ceci étant dit, je dois dire que j'aime toujours autant la plume de Jean-Christophe Rufin. Il a un vrai don pour raconter des histoires.

Ce roman a pour objet la diplomatie et le démantèlement de groupes islamistes au Maghreb se réclamant d'Al-qaeda. Il y a du sang et des rancoeurs, un peu d'amour et de sexe, et beaucoup de stratégie entre une agence de renseignements privée et les services secrets américains et algériens.

Au coeur de l'histoire, la belle Jasmine, jeune recrue affectée au service du Protocole du Quai d'Orsay qui oscille entre sa culture française et ses racines algériennes. Haït-elle l'Occident au point de prêter main forte à un groupe islamiste qui projette de faire un coup d'éclat en France ou bien joue-t-elle un double jeu? C'est ce que l'on découvre au fil des pages. Mais dans cette histoire, rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir. Chaque personnage a sa part d'ombre et nombreux sont ceux qui cachent leur jeu.

Katiba - Jean-Christophe RUFIN - Ed. Flammarion - 2010

17/06/2012

Les dimanches en photo (31)

Dans ma jolie commune la fête de la musique a toujours lieu le samedi précédent le 21 juin. Cette année, c'est Hélène Segara qui était invitée. Elle a interprété plusieurs tubes et notamment ceux qui l'ont fait connaître. Quelques chansons accoustiques aussi pour le plus grand bonheur des spectateurs!

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En duo avec Amaury Vassili

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En duo avec son fils Raphaël

(Les photos ne sont pas libres de droits.)

15/06/2012

Un léger parfum d'agrumes

Victoria avait ressorti la liste de ses envies. Installée à son secrétaire elle lisait ce qu'elle avait écrit quelques semaines plus tôt: un tapis turc, un livre sur les Apaches, une randonnée dans les Rocheuses, un week-end à Prague... Elle n'avait pas de rêves ni de désirs farfelus. Aller un jour sur la lune n'était pas du tout de son goût même si elle s'intéressait beaucoup aux progrès de l'aérospatiale. Elle avait conscience qu'elle n'était pas du tout attirée par les limites extrêmes de l'univers. D'ailleurs les extrêmes lui faisaient horreur. Que ce soit dans la pratique d'un sport ou en politique, elle ne supportait pas les fanatiques. Elle avait suivi de près les élections en France. L'avance de certains candidats d'extrême droite sur ceux des partis républicains aux législatives françaises avaient été un réel choc pour elle.

Victoria, elle, se félicitait d'avoir pris son envol, de s'être établie dans un pays qui n'avait pas peur du mélange des cultures, où la couleur de peau ne prévalait pas sur les qualités de l'être humain. Elle n'était pourtant pas favorable au libéralisme à tout crin et était, sur certains sujets, un peu conservatrice.

C'est tout essouflé que Peter franchit la porte. Il était allé courir 30 minutes dans Kensington. La sueur ruisselait sur son front. Il alla sous la douche sans même saluer Victoria. Une noisette de gel douche et il se frictionna de la tête aux pieds: torse, sexe, cheveux... Un léger parfum d'agrumes s'échappait de la salle de bain. Victoria avait hâte de le serrer dans ses bras. En l'attendant elle dressa la liste des courses urgentes: une ampoule à baïonnette, un livre de cuisine pour les cancres, un pot de moutarde mi-forte, du chocolat à pâtisser, de la salade, des crevettes et de la menthe poivrée.  

Victoria trouva un charme suranné à Peter lorsqu'il sortit de la salle de bain. Il avait enroulé une serviette autour de son bassin et ses cheveux étaient peignés en arrière. Cette apparition était une réelle invitation au plaisir. Victoria, qui avait passé les bras autour de son cou pour l'embrasser, huma sa peau. Elle sentait le citron...

Ce texte a été rédigé pour l'édition 69 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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