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19/02/2017

Les dimanches poétiques (194)

"A Moustiers, sous le commandement de la  chapelle d'Entre-Roches, rivée à sa falaise, je bus un double café noir et tombai sur le quotidien La Provence. Oh! la tristesse des titres! Et que je massacre les adorateurs du soleil en Irak, et que je détruise un temple grec, et que je foute du pétrole dans la mer profonde et bleue que barattent les baleines en sautant bizarrement. L'homme manquait de tenue. L'évolution avait accouché d'un être mal élevé et le monde était dans un désordre pas croyable."

Sylvain TESSON Sur les chemins noirs

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18/02/2017

Qu'est-ce qui lui avait pris?

C'était la première fois qu'il franchissait la frontière depuis sa disparition, trente ans plus tôt. Il s'était pourtant promis de ne jamais succomber à la tentation de revoir les siens, ne serait-ce qu'une fois. Qu'est-ce qui lui avait pris? Qu'espérait-il en remettant les pieds à Combloux? Il était mort et on ne croyait pas beaucoup aux revenants dans la région. Au mieux son retour susciterait l'incompréhension. Si, toutefois, quelqu'un arrivait à le reconnaître... Il avait bien changé. Sa silhouette avait épaissi. Ses cheveux avaient tellement foncé que personne ne le croyait quand il disait qu'il avait été blond petit. Il portait maintenant des lunettes ainsi que des verres de contact de couleur verte. Même pas sûr que son père le reconnaisse.

Envoyer ces cartes avaient été une folie, une lubie. Des lettres jetées au vent. Il n'avait donné ni mention du lieu où il vivait, ni de détails sur sa vie. Quel intérêt d'écrire à un père qui l'avait enterré? A quoi bon remuer le passé? Il se demandait cependant si son demi-frère était au courant pour les cartes. Baptiste n'avait que sept ans quand il était parti. Il avait dû vivre les heures affreuses où on avait annoncé à son père que son fils aîné ne reviendrait pas. Ou si, mais entre quatre planches bien scellées.

Le trajet de Courmayeur à Chamonix avait duré une vingtaine de minutes. Il lui fallait maintenant aller à la gare ferroviaire et attraper le train pour Sallanches qui le déposerait à Saint-Gervais-les-Bains. Il aimait ces petites gares de montagne. Rien à voir avec les grandes gares romaines, impersonnelles et où tout le monde courrait. Il avait un vague souvenir de Chamonix. Beaucoup de magasins s'étaient ouverts et ceux qui existaient déjà à son époque avaient subi de nombreuses modifications. Il eut du mal à reconnaître le bourg. Les hôtels avaient fleuri et la clientèle semblait plutôt aisée. Son cœur se serra quand il imprima son billet de train. Seulement trente kilomètres le séparaient de Combloux.

Simon Vittoz dormirait ce soir tout près des siens. Du moins le pensait-il...

Textes précédents: N°1, N°2, N°3, N°4

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n° 254 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Julien Ribot, n'est pas libre de droits non plus.

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17/02/2017

Expo "IDENTITES" / "LES OFFRANDES"

La Maison européenne de la photographie (MEP) présente plusieurs expositions jusqu'au 9 avril. Ce sont des expositions très différentes les unes des autres et apportent un regard singulier sur les sujets et les cadrages.

On commence la visite par l'exposition de Gao Bo, Les Offrandes. Un travail élaboré autour de clichés pris au Tibet dans les années 1980 et 1990. Questionnement sur la vie quotidienne empreinte de spiritualité et sur les rites millénaires des moines bouddhistes. Réinvention de son travail. Les tirages sont recouverts d'encre, de peinture et même de son propre sang. Gao Bo est une âme tourmentée. Il s'interroge beaucoup sur la mort, notamment à travers de gigantesques installations installées au 2ème étage.

La visite se poursuit au 3ème étage. On y découvre une partie de la collection du photographe Bernard Plossu dont il a fait don à la MEP en février 2016. Il a glané ces clichés à travers le monde et au gré de ses rencontres avec des "collègues" photographes. Dons ou échanges, il a en tout amassé 1200 tirages dont 160 sont exposés. Ces photos sont très intéressantes notamment du point de vue du cadrage.

On termine par l'exposition Identités de Vincent Pérez. Né d'un père espagnol et d'une mère allemande, et marié à une femme née à Dakar d'une mère bretonne et d'un père sénégalais, c'est tout naturellement qu'il a choisi la thématique identitaire. Il s'est interrogé sur la communauté africaine à Paris et sur l'identité russe en se rendant à Saint-Pétersbourg. On découvre de magnifiques portraits aux couleurs vives. L'identité d'une personne c'est quoi? Sa couleur de peau? La façon dont elle s'habille? Son statut social? Sa profession? Bref! A vous de vous faire votre opinion.

 

Maison européenne de la photographie

5/7, rue de Fourcy

75004 PARIS

http://www.mep-fr.org

 

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15/02/2017

J'ai testé pour vous #6

Comme à Lisbonne

J'ai trouvé cette adresse sur internet alors que j'étudiais le plan du 4ème arrondissement de Paris. Il s'agit d'une boutique où l'on trouve des Pastéis de nata, des petits flans cuits dans une pâte feuilletée, spécialité portugaise.  C'est tout simplement délicieux, à déguster nature ou avec un peu de cannelle.

Juste à côté de cette boutique, se trouve le restaurant Tasca. Ici aussi la cuisine portugaise est à l'honneur. Conserves de poissons et plats typiques sont servis dans une ambiance chaleureuse. L'endroit est tout petit et il faut parfois attendre un peu qu'une place se libère pour pouvoir déjeuner mais le service est rapide. Les prix sont par ailleurs abordables. (Ce qui, entre nous, n'est pas toujours le cas à Paris!)

 

Comme à Lisbonne

37, rue du Roi de Sicile

75004 Paris

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 19h

 

Tasca

Même adresse

Déjeuner: du mardi au dimanche de 12h à 15h

Bar à vins: vendredi et samedi de 18h à 22h

 

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13/02/2017

Lasagnes à ma façon

Voilà une recette facile à faire et adaptée pour petits et grands. Accompagnées d'une salade c'est le déjeuner parfait du dimanche. Tout le monde aime les lasagnes!

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Ingrédients (pour 5 à 6 personnes)

Feuilles de lasagnes précuites

300 grammes de farce à légumes

Un pot de sauce tomate aux légumes

Un oignon

50 grammes de beurre

50 grammes de farine

600 mL de lait

100 grammes de gruyère râpé

6 à 8 tranches d'emmental en tranches

1 cuillère à soupe d'huile d'olive

Sel, poivre, noix de muscade

 

Recette

Mettre une cuillère à soupe d'huile d'olive dans une sauteuse et faire revenir l'oignon émincé. Remuer jusqu'à ce qu'il devienne translucide. Ajouter ensuite la farce à légumes et bien détacher la viande pour éviter que ça ne fasse des boulettes. Laisser cuire 5 minutes. Puis, ajouter la sauce aux légumes. Laisser mijoter encore 5 minutes et réserver.

Pour la sauce béchamel faire fondre le beurre dans une casserole et ajouter la farine sans cesser de tourner. Verser peu à peu le lait en continuant à remuer afin de délayer le beurre et la farine. Ajouter sel, poivre et une pointe de muscade et laisser cuire la béchamel en tournant toujours afin qu'elle épaississe (mais pas trop non plus sinon vous ne pourrez pas l'étaler!).

Choisir un plat carré et étaler un peu de sauce béchamel dans le fond. Poser deux feuilles de lasagnes l'une à côté de l'autre. Disposer une couche de préparation avec la farce à légumes, recouvrir d'une couche de tranches de fromage puis, d'une couche de béchamel, et remettre deux feuilles de lasagnes et ainsi de suite. Terminer par une couche de feuilles de lasagnes, une couche de béchamel et recouvrir généreusement de gruyère râpé. Enfourner pendant 35 minutes dans un four préchauffé à 180°C (th 6).

A servir avec un mesclun par exemple.

Bon appétit!

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12/02/2017

Son regard vagabondait sur la ligne d'horizon

Baptiste Vittoz s'était attardé près du lac après sa partie de squash. Les derniers rayons du soleil se dispersaient en milliers de perles sur l'eau et se reflétaient sur les cygnes qui barbotaient non loin des berges. L'un de ces majestueux volatiles s'avança vers lui. Il s'assit sur le quai pour se mettre à la portée de l'oiseau. L'air était enveloppant. Son regard vagabonda sur la ligne d'horizon luminescente.

Cette fin de journée offrait un spectacle magique. Le coucher de soleil promettait d'être magnifique. Le ciel et l'eau semblaient se caresser dans un corps à corps sensuel et plein de tension à la fois. Baptiste ne regrettait pas d'avoir fait un détour par le lac. Il y venait souvent ces derniers temps, notamment depuis qu'il avait fait du tri chez son père pour mettre la maison en vente. 

Ca n'avait pas été simple de tout vider. Son épouse n'avait pas voulu l'aider, lui précisant qu'il était hors de question qu'elle passe ses week-ends à Combloux. Il avait commencé par le garage puis, s'était attaqué aux différentes pièces du chalet. Il n'avait gardé que de rares objets et quelques courriers administratifs. Il avait terminé par la cuisine. C'est en vidant le vaisselier qu'il était tombé sur ce qui occupait son esprit depuis maintenant plusieurs mois. Ces cartes, cette écriture... Il ne la connaissait que trop bien. Mais lorsqu'il avait vu les dates auxquelles ces courriers avaient été envoyés il s'était dit que tout cela n'était qu'une plaisanterie, que quelqu'un se jouait de lui. Comment une personne décédée depuis trente ans aurait pu les expédier? Cela était impensable et défiait la raison. Baptiste avait l'impression de devenir fou. D'ailleurs ses proches trouvaient qu'il n'était plus le même depuis quelque temps. Il semblait absent. Absent du présent et il errait souvent du côté du passé...

Textes précédents: N°1, N°2, N°3

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°253 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, de Julien Ribot, n'est pas libre de droits non plus.

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05/02/2017

Un paquet enveloppé de papier Kraft

Sarah déplaça l'escabeau jusqu'à la table de berger. Elle voulait jeter un œil de suite au paquet qui avait été oublié. Elle prit son temps pour monter les trois marches et savourer le moment comme si elle allait tomber sur un trésor. Il ne s'agissait en fait ni d'un livre, ni d'une pochette mais d'un paquet de format A5 enveloppé de papier kraft, lequel était retenu par une solide ficelle. Le tout était assez lourd. Elle s'empara du paquet et redescendit les trois marches.

Aucune inscription ne figurait sur le papier Kraft mais une photo avait été glissée sous la ficelle. Le cliché semblait avoir été découpé. On y voyait le corps de deux personnes pratiquant le iaïdo. Elle se souvenait avoir lu quelque part qu'il s'agissait d'un art martial japonais qui consistait à dégainer un sabre et à couper dans le même mouvement. Elle se demanda ce que pouvait bien faire une telle photo sur la table de berger du père Vittoz. Si son fils l'avait vue, il l'aurait sans doute emportée. L'avait-il oubliée? Ou alors il l'avait sciemment laissée là, sachant pertinemment à quoi elle faisait référence...

Sarah se rappela le paquet et alla chercher un ciseau pour couper la ficelle qui entourait le papier kraft. Son contenu la laissa perplexe. Il s'agissait d'une liasse de cartes postales et de cartes de vœux toutes signées du prénom Simon. Elles étaient apparemment classées chronologiquement. L'enveloppe de la dernière, qui n'avait pas été ouverte, indiquait qu'elle avait été postée en juillet, soit deux mois après le décès de Pierre Vittoz. Pourquoi le fils ne l'avait pas lue? Sarah se fit la réflexion que c'était donc lui qui avait posé le paquet tout en haut de la table. Il avait décidé de ne pas les emporter mais pour quelle raison?

Elle se prépara un café et emporta toutes les cartes dans le salon. Elle en sortit une au hasard.

Noël 1989

Joyeux Noël et meilleurs vœux pour la nouvelle année.

Simon

Aucune enveloppe n'avait été conservée. Il n'y avait que la dernière qui indiquait dans quel pays elle avait été postée. Elle était partie d'Italie, Courmayeur. Seulement, l'expéditeur n'avait pas indiqué son adresse au dos. Sarah aurait dû s'attaquer depuis un moment à la rédaction du cinquième chapitre de son roman mais ces cartes occupaient trop son esprit. Elle ne pourrait reprendre l'écriture que quand elle saurait pourquoi Baptiste Vittoz ne les avait pas emportées et surtout  qui avait bien pu les envoyer...

 

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture n°252 Une photo, quelques mots initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo d'Emma Jane Browne n'est pas libre de droits non plus.

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