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21/11/2017

Il avait la mine grise

La brume tapissait le canal. Le phénomène était fréquent en automne. Simon était toujours émerveillé par cette écharpe vaporeuse qui s'étirait au fil de l'eau comme une bande de ouate. Le paysage était silencieux. Les oiseaux de nuit s'étaient tu. Le jour, tout comme Simon, se leva dans un long soupir. Il avait la mine grise, le teint d'une couleur de cendres à vous fiche le bourdon.

Depuis qu'il avait revu son frère, Simon ne dormait quasiment plus. Les quelques heures qu'il avait arrachées à Morphée cette nuit-là ne lui avaient pas permis de payer toutes ses dettes de sommeil. Il titubait de fatigue. La veille il avait fait un écart sur la berge et il avait bien failli se retrouver dans l'eau. Il s'en était fallu de peu.

Qui l'aurait entendu tomber? Il n'y avait personne pour s'aventurer par ici à la nuit. Le canal n'était pas éclairé. Les pêcheurs ne s'attardaient pas. L'endroit était rendu aux animaux.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°284 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, d'Emma Jane Browne, n'est pas libre de droits non plus.

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L'univers d'un écrivain - Yves SIMON

yves simon,l'univers d'un écrivain,magazine lire,actu,actualité,chansons,musiqueA l'occasion de la publication de Génération(s) éperdue(s) le magazine LiRE consacre ce mois-ci sa rubrique L'univers d'un écrivain à Yves Simon. On apprend dans cet article qu'il a commencé sa carrière comme auteur. En effet, il a d'abord été connu pour ses romans; Jours en couleurs et L'Homme-arc-en-ciel ont paru tous les deux en 1971. Il n'avait encore publié aucun disque même si la musique faisait déjà grandement partie de sa vie, notamment à travers le groupe Korrigans.

Yves Simon est un homme aux multiples facettes. Il erre entre la chanson et la littérature, passe la frontière avec facilité. Génération(s) éperdue(s) rassemble cent quarante de ses textes. Mais il planche déjà sur un autre ouvrage, une autobiographie dont il a déjà rédigé trois cents pages sur son ordinateur. Le bonhomme n'est pas du tout réfractaire aux nouvelles technologies.

L'univers d'Yves Simon est niché au cœur de l'Ile de la Cité, dans un appartement qui s'étend sur deux étages où vécut un temps Sami Frey. Cela fait quarante ans qu'il s'est installé là. Il y a beaucoup de livres, plusieurs guitares, un vélo d'appartement. Près de son ordinateur on découvre plusieurs pipes, qu'il fume, dit-il, uniquement lorsqu'il écrit. C'est un lève-tard qui va éplucher la presse tous les matins du côté de l'Odéon en buvant un petit crème. Il se met au travail l'après-midi et ne s'arrête que le soir.

On apprend par ailleurs dans cet article qu'il faisait partie de ces personnes reçues régulièrement par Mitterrand à l'Elysée, notamment pour y déjeuner. C'est grâce à Mitterrand qu'Yves Simon a fait la connaissance de Milan Kundera dont L'insoutenable légèreté de l'être a profondément modifié sa "façon d'écrire, de découper les chapitres".

Personnellement, je ne connaissais pas bien Yves Simon. Il était pour moi l'interprète du célèbre titre Au pays des merveilles de Juliet. Je ne savais pas qu'il était l'auteur de plusieurs romans, de recueils de nouvelles et d'essais. Pourtant Dieu sait que je suis une fille curieuse. Comment ai-je pu à ce point passer à côté? Moi dont les antennes bougent dans tous les sens...

19/11/2017

Les dimanches poétiques (212)

"Ses articulations étaient en bon état, sa musculature aussi, à l'exception peut-être d'un léger relâchement. Son cœur, par contre, était tapissé de graisse et battait lourdement, ce n'était plus qu'une charge, un boulet, pas une source de vie. On pouvait à tout instant craindre qu'il ne s'arrête, paralysant le corps de son propriétaire, le privant de son fluide essentiel et le précipitant dans la mort. Ce serait la triste revanche d'un organe interne épuisé sur un homme qui lui vouait pourtant, depuis sa conception, une confiance absolue. S'il marquait une pause, ne serait-ce que l'espace d'une centaine de pulsations, pour reprendre son souffle, tout serait fini. Ses précédents milliards de battements ne signifieraient plus rien."

Arto PAASILINNA Petits suicides entre amis

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13/11/2017

Le vide l'attirait

Il regarda ses pieds un long moment avant de poser ses yeux sur le lointain. Le train filait au creux de la vallée. Tobias ne savait plus quelle destination il avait choisi. Malgré les idées noires qui le taraudaient il trouva le paysage beau. Mais ce n'était pas ça qui allait le faire changer d'avis. Il voulait en finir.

L'air lui fouettait maintenant le visage. Le train était lancé à toute allure. Le contrôleur était passé vérifier les tickets et ne repasserait probablement pas jusqu'à ce que la loco entre en gare. Mais quelle gare? Il s'en fichait. De toute façon il ne la verrait pas. De nouveau il  regarda ses pieds. Le ballaste défilait. Le vide l'attirait. Puis, alors qu'il allait prendre son élan, une pression le tira à l'intérieur du train. Ce fut si soudain et violent qu'il se trouva projeté au sol. La porte se ferma dans un grand bruit métallique.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°283 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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12/11/2017

Les dimanches en photo (93)

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07/11/2017

Piégée à l'intérieur

Une fois de plus Sarah fut aspirée par cette grande bouche de pierre. Sa forme était bizarre. L'avait-elle déjà vue quelque part ou bien n'était-elle que le fruit de son imagination? Elle revenait sans cesse dans ses rêves, sculptée et monstrueuse, ouverte sur un trou noir. A chaque fois Sarah se rapprochait d'elle sans le vouloir et immanquablement elle se retrouvait piégée à l'intérieur, un peu comme Jonas dans le ventre de la baleine. Elle ne voyait rien et l'odeur devenait peu à peu désagréable. Comment pouvait-elle avoir une  hallucination olfactive alors qu'elle errait entre sommeil et éveil?

Puis, l'odeur se faisant plus forte, elle se réveillait. Les effluves nauséabonds disparaissaient instantanément. Elle ne sentait plus rien. C'était la première fois qu'une odeur s'immisçait dans ses rêves. Bien souvent elle se retrouvait coincée dans une course-poursuite avec de dangereux types, mais aucun parfum, aucun son ne lui parvenait. Uniquement des images qui défilaient et elle qui essayait de se cacher pour échapper aux méchants.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°282 initié par Leiloona qui, cette semaine, a publié l'une de ses propres photos. Celle-ci, tout comme le texte, n'est pas libre de droits.

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05/11/2017

Les dimanches poétiques (211)

"Quand a débuté exactement l'histoire d'amour? Quand la complicité intellectuelle et intime s'est-elle muée en autre chose? Difficile à dire, l'un et l'autre se refusent à donner la moindre indication datée. "Personne ne saura jamais à quel moment notre histoire s'est transformée en histoire d'amour, ça nous appartient, c'est notre secret", assure Brigitte."

Anne FULDA Emmanuel Macron un jeune homme si parfait

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