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10/01/2013

Victime d'une conspiration

Francesco Berghetti était tiré d'affaire. Il lui faudrait un peu de temps avant de pouvoir remarcher correctement mais l'opération, qui avait duré deux heures, s'était bien passée. Sa jambe avait été soignée au mieux par son frère. Francesco était un gars fort au caractère bien trempé. Il lui suffirait d'être patient pour retrouver toutes ses capacités et de prendre régulièrement les comprimés prescrits par Pasquale. Sa volonté était sans commune mesure et il était bien décidé à retrouver les participants de cette conspiration. Car il s'agissait sans aucun doute d'une conspiration.

Il pensait que les vieux gardiens de Saint-Pierre étaient derrière tout ça. Francesco était le seul à avoir recensé les théories méthématiques cherchant à démontrer l'existence de Dieu. Ses autres travaux ne posaient pas de problèmes existentiels, en tout cas pas au point de susciter la colère de quelques radicaux qui craindraient qu'on scie la branche sur laquelle ils sont assis.

Après le départ de l'infirmière il avait appelé l'un de ses collègues pour le mettre au courant de l'affaire en lui précisant de ne surtout rien dire au doyen. Pour le personnel de la faculté, Francesco avait eu un accident et serait absent un certain temps. Le collègue avait pour mission de faire circuler cette info. Rien d'autre.

Quand il eut raccroché le combiné, il compulsa l'annuaire du Vatican pour trouver un numéro. Il fallait qu'il parvienne à joindre l'un de ses anciens étudiants qui était entré dans la garde suisse. Il feuilleta l'annuaire pendant plusieurs minutes puis replaça d'un geste souple une mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux. Il n'avait pas trouvé le numéro. Il réfléchit alors au moyen le plus sûr d'infiltrer le Vatican pour savoir ce qu'il se tramait derrière les murs du palais pontifical.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 87 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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17/12/2012

Quelque chose cloche?...

"Un sentiment d'abattement s'est emparé de moi ce matin. J'ai 36000 choses à faire mais je n'ai pas envie de m'y mettre. Je traîne, je bouquine, je fais un tour sur le Web... Bref, je fais tout sauf ce qu'il faudrait que je fasse avant que le soleil ne se couche.

J'ai juste pensé à mettre deux machines en route et à faire mon lit. Il faudrait que je range la table de la salle, mon bureau, les placards... Il faudrait aussi que je rédige mes articles, que je révise pour le concours... et surtout ne penser à rien d'autre! Mais le petit vélo dans ma tête ne s'arrête jamais. Il tourne sans cesse.

Je me sens inutile et nulle. Toutes les démarches que j'ai entreprises pour trouver un meilleur job n'ont pas pas abouties. Alors maintenant je me dis que ça ne sert à rien de se décarcasser pour trouver un emploi. Je me dis que je n'ai aucune chance.

Quand je dois rédiger de longs articles j'ai une boule au ventre. Je retarde toujours le moment de la rédaction, persuadée que ce que je vais écrire ne sera pas bien. En fait je ne crois pas en moi, je ne crois pas en mes chances de réussir dans la vie. J'ai eu tellement de déconvenues que je ne crois plus en rien.

Le pire, c'est ma vie sentimentale. Je n'ai tellement pas envie de me tromper que je n'ose pas me lancer. Et puis j'ai horreur de prendre des risques, de me mettre en danger. Les autres, c'est l'inconnu. Et l'inconnu est trop souvent décevant. J'ai par ailleurs beaucoup de mal à supporter les autres. En même temps, j'ai l'impression d'être transparente pour eux.

Aucun homme ne m'aborde. J'en viens à me demander ce qui cloche chez moi. Pourquoi je ne plais pas aux hommes? Est-ce que je leur fais peur? Ou bien ont-ils peur de ne pas être à la hauteur?"

Violette Jeudi 13 décembre 2012 

01/12/2012

Le coeur serré

Marcella se précipita pour secourir le professeur Berghetti et surtout pour le soutenir afin qu'il ne s'effondre pas au milieu de la rue. Il passa son bras autour du cou de la jeune femme et lui indiqua l'adresse d'un cabinet médical dans la via di Porta Settimiana. Marcella le surveillait du coin de l'oeil. Elle craignait qu'il perde connaissance avant d'atteindre la salle de consultation du médecin.

Elle n'osa pas lui demander pourquoi il ne s'était pas dirigé vers l'hôpital le plus proche. D'ailleurs elle ne lui posa aucune question. Le chemin n'en finissait pas. Partout des regards inquisiteurs.

Lorsqu'enfin ils furent à destination la secrétaire accouru vers eux et leur demanda, avec un fort accent provincial, ce qui s'était passé. Reconnaissant le frère du médecin elle se précipita dans la salle de consultation pour prévenir le docteur Berghetti. Il ressemblait comme deux gouttes d'eau à celui que Marcella avait escorté jusque là. Pasquale Berghetti comprit immédiatement que c'était grave et expédia le patient qu'il était en train d'ausculter quelques minutes plus tôt.

Marcella aida le blessé à s'asseoir sur la table d'examination. Puis, le professeur Berghetti relâcha son emprise. Mais, sans le faire exprès, il attrapa l'une des boucles d'oreille en corail de la jeune femme qui échut sur le sol et se fracassa en plusieurs morceaux. Marcella eut le coeur serré en voyant sa boucle  à terre. Cependant elle se dit que ce n'était rien comparé au malheur qui venait de frapper le professeur Berghetti. Sa jambe n'était pas belle à voir.  

Son frère lui fit une piqûre et le somma d'avaler un médicament qu'il venait de diluer dans un verre d'eau. Un médicament au goût amer; un composé très puissant censé calmer la douleur. Le docteur Berghetti savait qu'il allait avoir besoin d'aide et essaya de jauger rapidement la jeune femme qui avait amené son frère. Serait-elle capable de le seconder pendant l'intervention? C'était la première fois qu'il allait faire ça et il n'avait pas envie que l'opération tourne mal.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 83 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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23/11/2012

Deux cygnes noirs remontaient le Tibre

Quelques personnes ricanèrent sur son passage mais il ne dit rien. Il était vidé. Il continua à marcher en direction du pont Sisto en hoquetant. Il progressait lentement. Sa jambe le faisait horriblement souffrir. Il avait de plus en plus de mal à supporter la douleur. Sa veste était dépenaillée et son pantalon ensanglanté. Lorsqu'il fut sur le pont il aperçut deux cygnes noirs qui remontaient le Tibre en direction du château Saint-Ange. Noirs, comme la couleur du chaos. La surface de l'eau bougeait à peine mais lui tanguait. Il se cramponna au muret pour éviter la chute. Il n'avait pas envie de se faire remarquer. 

Il espérait que son frère, médecin, réussirait à extraire le projectile entré dans la chair mais il fallait auparavant qu'il parvienne à atteindre son cabinet. Il ne restait que quelques centaines de mètres or il n'était pas certain de pouvoir les parcourir dans son état. Sa jambe pissait le sang. Il  avait fait un garrot à la va-vite quand il avait été certain que les cambrioleurs étaient partis. Heureusement la pièce était déserte quand ils avaient fait irruption.  Il n'y avait que lui. Il avait essayé de s'enfuir dans une salle voisine mais l'un des malfrats avait visé ses jambes.

*********

Marcella retira sa deuxième tournée de linge de la machine et étendit les affaires sur le balcon. Un temps superbe pour faire sécher des vêtements dehors. Elle habitait via di Santa Dorotea, non loin de l'église du même nom. Elle vivait là depuis bientôt six ans. C'était un quartier agréable et proche de son travail même si c'était souvent difficile d'y garer sa voiture.

Lorsqu'elle eut terminé d'accrocher le linge elle se décida à aller chez l'épicier bio à quelques pas de l'immeuble. Mais à peine la porte du bâtiment refermée elle se figea. Devant elle se tenait un homme livide, chancelant. Elle le reconnut tout de suite. C'était Francesco Berghetti, un éminent professeur de théologie et chercheur à la faculté de philosophie de Rome. L'un des plus doués de sa génération. Ses travaux étaient multiples. Il avait entre autres recensé les thèses des mathématiciens qui avaient tenté de démontrer l'existence de Dieu par de savants calculs. Marcella avait assisté à plusieurs de ses conférences, lesquelles rencontraient à chaque fois un franc succès.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 82 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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17/11/2012

Anesthésiée par un doux baiser

Tiberio s'approcha d'elle, la prit par les épaules et la serra tout contre lui. Il avait envie de déposer un baiser sur sa nuque. Une légère brise faisait onduler quelques mèches de cheveux qui s'étaient échappées de son chignon. Son parfum, frais et délicat, était grisant. Tiberio se décida enfin à l'embrasser. Un instant magique. Le temps semblait s'être arrêté. Il ne voyait plus les passants qui allaient et venaient autour d'eux. Marcella ne disait rien. Elle ne bougeait pas, comme anesthésiée par le doux baiser qui venait d'être déposé sur sa peau.

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16/11/2012

En flânant le long du fleuve

Marcella s'arrêta sur le pont Sisto. Elle regarda l'eau du Tibre s'écouler sous ses pieds. Une légère brise faisait ondoyer la surface dans un camaïeu orangé. Le coucher de soleil était beau. Comme elle beaucoup de passants s'arrêtèrent pour profiter des dernières lueurs de la journée. Trois vieilles femmes s'étaient accoudées au muret de pierres. Elle tendit l'oreille mais ne parvint pas à entendre disctinctement ce qu'elles racontaient.

Elle ne se lassait pas de marcher dans la ville. Elle avait d'ailleurs visité tous les quartiers à pied. Dès qu'elle avait un peu de temps elle chaussait ses baskets et allait se balader. Il lui arrivait parfois de faire plusieurs kilomètres. Elle allait jusqu'à Saint-Pierre et revenait en flânant le long du fleuve. C'était un loisir comme un autre. Un plaisir. 

Malgré la pollution les jours de grande chaleur et les miasmes des détritus qui s'accumulaient parfois dans les rues, Rome était une ville agréable. Marcella allait le plus souvent travailler à pied. Elle était employée au consulat de la République française, situé via Giulia, à deux cents mètres à vol d'oiseau du Palais Farnese. Elle connaissait le trajet par coeur. Elle aurait pu y aller les yeux fermés. Elle y allait à pied sauf, bien sûr, lorsque sa gorge était irritée par le froid piquant de l'hiver. Elle s'y rendait alors en bus. Mais le trajet était loin d'être direct. Les lignes de bus passaient pour la plupart par le pont Garibaldi ce qui lui faisait faire des détours interminables et l'obligeait à partir une demi-heure plus tôt.

Ce qu'elle aimait tout particulièrement quand elle avait un moment de libre, c'était de retrouver quelques amis à la "Bonne cuisinière" pour manger un morceau et d'aller ensuite au "Rendez-vous des acteurs" pour boire un dernier verre. Elle avait d'ailleurs proposé au nouveau voisin de l'accompagner lors d'une de ses virées nocturnes. Une soirée simple, autour d'un bon plat, qui lui avait visiblement fait plaisir. Tiberio était jovial et subtil. Après avoir été douze ans intendant de la prison de Venise, il était depuis peu économe à la faculté de philosophie de Rome. Il avait été désigné parmi une dizaine de candidats aux profils très divers. Il avait un peu appréhendé ce changement de vie, surtout pour son fils Flavio. Mais le gamin s'était bien habitué à la capitale italienne. Il s'était rapidement fait de nouveaux copains. A chaque fois qu'il croisait Marcella ils se saluaient avec effusion. Le courant était bien passé entre eux. Certains samedis elle allait même le voir jouer au foot.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 81 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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Haut-le-coeur!

 

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James avait réussi à semer ses poursuivants. Il se trouvait maintenant dans une rue étroite qui abritait quelques restaurants. Il eut un haut-le-coeur. L'odeur qui s'échappait des différents établissements semblaient provenir de plats recuits dont il n'aurait voulu manger pour rien au monde. La rue était pour ainsi dire aveugle, éclairée seulement devant les restaurants par quelques lampions blancs gravés de caractères chinois.

Il ne s'arrêta pas. Les hommes qui étaient à ses trousses étaient sûrement en train d'inspecter les restaurants, ouvrant le plus petit placard pour voir s'il ne s'y cachait pas. Il fallait qu'il arrive à trouver une cachette sûre pour reprendre son souffle et éventuellement y passer la nuit. Ca lui permettrait de réfléchir à la meilleure solution pour sortir du quartier.

Ce texte a été rédigé pour le Blog à 1000 mains. Il n'est pas libre de droits et la photo de Xave non plus.