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16/12/2009

Pas de place pour elle

Et le temps effacera tout, sauf, peut-être, cette morsure qu'elle sent au coin du coeur quand elle le voit. Et elle le voit souvent. Partir? Elle y a pensé. Mais pour aller où? Et pour faire quoi? Son destin est de vivre ici au milieu de gens qui ne la comprennent pas ou qui font semblant de ne pas la comprendre. Elle en a pris son parti. Elle sourit à tout le monde, Victoria, du mieux qu'elle peut. Sa devise? Ne jamais rien laisser transparaître.

Elle sent la morsure au coin de son coeur ces temps-ci. Elle réfléchit. Beaucoup. Trop. Elle se rappelle cette sensation enivrante lorsqu'elle était sur la passerelle de chemin de fer les yeux rivés sur les rails... Combien de mètres entre la passerelle et les rails? La période de Noël n'est pas sa préférée. Elle voudrait s'endormir dix jours avant et se réveiller dix jours après, une fois que tout est terminé. Et cette morsure qui la gêne...

Lui ne souffre pas. C'est sûr. Adrien n'a jamais été un grand sentimental. Ni un cérébral à vrai dire. Un homme d'action pressé. Voilà ce qu'il est. Pas de place pour elle et son coeur endolori.

03/12/2009

Chagrin d'humour

Chagrin d'humour

Humeur du jour

Jour de pluie

Pluie d'ennui

Des décors de Noël installés bien avant l'heure voudraient que l'on se réjouisse déjà du changement d'année. Celle-ci est à peine terminée que l'on nous pousse dans l'autre. Pas besoin de nous pousser, nous arriverons à temps. Et elle aussi.  

La saison des voeux va commencer avec son lot de phrases convenues pour faire plaisir au cousin ou à la grand-mère que l'on a négligés toute l'année. Puis la saison des cadeaux. Une cravate pour papa, un pull pour le frère, des bonbons pour les petites cousines... Chacun aura son paquet de couleur enrubanné.

Et dans la nuit il y aura une ombre, glacée, qui de l'autre côté du trottoir observera, désabusée, ce petit monde s'affairer autour du sapin et de la table où la vaisselle des grands jours accueillera les mets de fête.

27/11/2009

Elle l'aurait suivi jusqu'en enfer

Eloignant les indésirables, gardant auprès d'elle ses confrères, elle avait fait en sorte qu'ils ne soient pas trop loin l'un de l'autre. Le destin a voulu ce jour-là qu'ils soient face à face. Il lui sembla un instant qu'il rougissait. Avait-il peur de se retrouver face à Victoria? Avait-il peur de la regarder dans les yeux? La jeune femme aux yeux verts en avait fait plier plus d'un et savait qu'Adrien était sensible. Mais de là à le faire rougir, elle en était tout étonnée. Certes, ce n'était pas la première fois. Cependant elle ne pensait pas avoir quelque impact que ce soit sur lui. Il aimait les blonde platine, bien foutues, de celles qu'on voit dans les séries américaines ou les spots publicitaires.

Pourquoi donc était-il si mal à l'aise lorsqu'il se trouvait à côté d'elle? Avait-il des sentiments pour la jeune femme? Elle, c'est sûr, elle l'aurait suivi jusqu'en enfer. Elle aurait renié patrie, amis, famille pour l'accompagner dans les voyages les plus fous, les aventures les plus extraordinaires. Mais lui, qu'avait-il à lui proposer? Une vie monotone entre deux rendez-vous et trois réunions. Il voyait bien qu'elle étouffait ici, qu'elle avait besoin de prendre le large. Ce qu'elle faisait de plus en plus souvent du reste. Il ne voulait pas s'attacher et ne pas la mettre en cage.

Ils se défendaient l'un comme l'autre de franchir la limite fatidique de l'incorrect, voire de l'inconvenant, mais ils en crevaient d'envie. Ce n'était peut-être pas encore le bon moment...

23/11/2009

Teddy le roux

La lune se reflétait dans la pièce. Cachés dans une remise, les deux complices guettaient une ombre et lorsqu'une sihouette passa devant la fenêtre, sans même se regarder, ils se levèrent d'un bond et sortirent en courant pour l'attraper.

Cette nuit-là ils mirent la main sur Teddy le roux, un teigneux qui avait cassé une dent de Stanley à la gare de Charing Cross. Ils remirent le malfrat aux agents de Scotland Yard et sortirent très vite par une porte dérobée pour ne pas avoir à répondre aux questions des journalistes qui attendaient sur le trottoir.

17/11/2009

Amoureux

Ils ne disaient rien. Ils se regardaient les yeux dans les yeux. Amoureux. Puis Jan ouvrit les bras pour la serrer très fort contre lui. Sa main gauche se perdit dans les cheveux de Cécilia, la droite pressait le haut du dos de la jeune femme. Il huma son cou, délicatement parfumé. Puis il osa un baiser sur la joue, près de l'oreille. Il en déposa un deuxième sur la pomette puis ses lèvres glissèrent doucement sur la peau de Cécilia, jusqu'à sa bouche. Il l'embrassa fougueusement. Les deux amants respiraient à peine.

13/11/2009

"J'ai trouvé la solution!"

Ivre de fatigue il s'allongea sur le sofa. Puis, une main en arc de cercle au-dessus de la tête il tomba dans un profond sommeil. Je ne sais ce qui se passa dans son cerveau mais lorsqu'il se réveilla, en sursaut, il semblait avoir trouvé la solution. Il alla réveiller son complice en lui chatouillant les pieds. On pouvait lire sur ses lèvres un sourire de satisfaction. Ses yeux brillaient et disaient: "j'ai trouvé la solution!" 

Comme un cabri il redescendit attraper son manteau, sa canne et son chapeau et prévint sa servante qu'ils s'en allaient. Ils disparurent dans un courant d'air.

10/11/2009

J'avais dix ans il y a vingt ans

J'avais dix ans il y a vingt ans. Dix ans quand le mur de Berlin est tombé. Quelques vagues images me reviennent en tête. Souvenirs imprécis d'un moment que je sentais important. Je ne me rappelle pas le mur, ni les heures d'attente à la frontière germano-polonaise dont on m'a fait le récit, pour le moins impressionnant. Les voitures entraient dans des corridors, étaient fouillées de fond en comble. Les passeports passaient par des tunnels et leurs propriétaires ne les récupéraient qu'à la sortie, après de longues heures.

Je n'ai pas connu ces corridors, ces heures d'attente. Les procédures avaient déjà été allégées dans les années 80 même si les contrôles restaient nombreux. J'ai toujours pu me rendre de l'autre côté du Rideau de fer. Cet abominable rideau qui a séparé des familles, des amis, des nations. Je peux aujourd'hui aller à Cracovie sans être contrôlée, sans même voir un képi à la frontière. Je peux aujourd'hui aller sur la terre de mes ancêtres grâce à la persévérance de milliers d'hommes et de femmes qui n'ont jamais baissé les bras, qui ont crié plus fort que les canons, qui ont ouvert une brèche.

Merci Lech Walesa. Merci Jean-Paul II. Merci Elmut Kohl. Merci François Mitterrand. Merci Mikhail Gorbatchev. Grâce à vous l'Allemagne est réunifiée et l'Europe a retrouvé la paix.