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18/03/2011

Bye-bye Zambia

Elle avait toujours l'habitude de signer Best love Rosie et elle n'avait pas fait exception sur la dernière carte qu'elle m'avait envoyée, postée de Zambie où elle enseignait l'anglais à Dix petits nègres depuis trois ans. Des enfants adorables qu'elle allait quitter à regrets à la fin de l'année. La Britsh High Commission ne prolongeait pas son contrat. Dans son coeur, Raison et sentiments se mêlaient. Rosie savait qu'elle ne pouvait pas rester mais elle était triste de devoir quitter ce pays magnifique où il y avait encore tant à faire et à donner. C'est ce qu'elle avait confié A Mélie, sans mélo un jour qu'elle l'avait appelée pour prendre des nouvelles des copines restées à Bristol.

En fait elle ne pouvait pas rester parce que le directeur ne souhaitait pas qu'elle restât plus longtemps à la communauté Saint Lawrence. "Poirot joue le jeu de l'administration", avait-elle dit à Mélie en s'emportant. Le directeur zélé ne lui avait pas fait de cadeaux pendant sa mission. Difficile de mettre en place de nouveaux moyens pédagogiques. A croire que les nouvelles technologies n'étaient réservées qu'aux enfants d'expatriés fréquentant les écoles privées conçues par eux et pour eux.

Ce texte a été rédigé avec les titres des livres que j'ai lus en février. Il n'est pas libre de droits. La photo non plus.

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14/03/2011

La maison de tante Jane

textes originaux, écriture, littérature, vacances, journal intime, états-unis, angleterre, famille, actu, actualité18 août

David nous a rejoint hier. Tante Jane est heureuse de nous avoir auprès d'elle. Elle est aux petits soins avec nous. Le matin le petit déjeuner est prêt quand on descend. Ca sent le thé dans toute la maison et il y a plein de marmelades qu'elle fait venir spécialement d'Angleterre. Elle est restée un fidèle sujet de sa Majesté de l'autre côté de l'Atlantique. Toutes les pièces rappellent qu'elle a vécu un jour en Grande Bretagne. Si elle n'avait pas rencontré cet aventurier d'Harry elle serait sans aucun doute restée à Brighton & Hove.

Elle a toujours aimé la mer. Ici, à Plum Island, elle habite juste à côté du phare de White Page. Mr Delogan a bien voulu qu'on aille y faire un tour l'autre jour avec Cécilia et tante Jane. Il nous a filé les clés. Les murs sont décrépis et l'escalier est en mauvais état. A deux reprises j'ai cassé une planche et j'ai bien failli me fracturer le pied droit. Je n'ai pas la souplesse ni la légèreté de ma soeur. Je n'ai pas le même âge non plus.

De là-haut on pouvait apercevoir Newburyport. Le ciel était dégagé, d'un bleu azur. Une petite brise frisait l'océan. La maison, vue de là-haut, donnait l'impression d'une cabane. Une jolie cabane où chacun a son espace, où je peux m'isoler pour écrire. J'ai déjà rédigé deux nouvelles. John m'avait demandé de faire autre chose. Il voulait un thriller ou de la SF. Et puis quoi encore! Je lui ai répondu que ce serait des nouvelles. A prendre ou à laisser. Il a finalement accepté.

25 août

Le temps passe vite. J'essaie pourtant de ne pas penser au retour à Londres prévu le 2 septembre. Il faut que je sois rentré pour le Salon international du livre. John compte sur moi pour assurer la promo du roman sorti début juillet. Et les lecteurs veulent leur dédicace. Pas question de les décevoir.

Ce qu'il y a de bien à Plum Island, c'est que personne ne me connaît. Tante Jane n'a pas beaucoup de voisins et le peu qu'il y a n'a jamais entendu parler de moi. Ca facilite les échanges. Les gens n'hésitent pas à venir vers moi ici. J'ai parfois l'impression que la célébrité fait peur. A Londres les lecteurs me reconnaissent quand ils me croisent mais ils n'osent pas m'adresser la parole. J'ai parfois le sentiment d'être un homme à part, mis dans une catégorie d'intouchables.

31 août

Je vais quitter à regrets tante Jane et sa maison si chaleureuse. Les balades matinales le long de la côte sur le sentier menant à la réserve vont me manquer terriblement. Les plantes sauvages, les oiseaux voletant dans un ballet improvisé au-dessus des rochers et exécutant des pirouettes au-dessus de la plage, les pêcheurs du village lançant leurs lignes à quelques distances de la maison... Cela me fait penser que l'oncle Harry était lui aussi pêcheur. Je n'ai jamais vu qu'une seule photo de lui dans la maison: celle posée sur le secrétaire de tante Jane où il est photographié avec un énorme poisson dans les mains.

Tante Jane n'a pas oublié Harry mais elle n'est pas du genre à ressasser le passé. Elle est bien ancrée dans son époque. Parfois je me dis que c'est elle la jeune et nous les vieux. Elle a cinq idées à la minute et des projets pour au moins vingt ans. L'année prochaine elle veut repeindre la façade de la maison et réaménager le living-room. Elle demandera à Mr Delogan. Il amènera son fils Martin, très doué pour la peinture et les petits travaux de bricolage. Ils ont refait la véranda il y a deux ans. Du vrai travail de pro.

1er septembre

J'ai rassemblé mes affaires. Les vêtements sont pliés, les bouquins rangés dans la valise. Tante Jane m'a offert un nouveau carnet de notes dans lequel elle a glissé une photo de la maison. Au verso elle a écrit: "Pour Peter. Affectueusement. Tante Jane". Je pense qu'il sera bien entamé d'ici les prochaines vacances à Plum Island. 

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture de Skriban. Il n'est pas libre de droits. (Peinture Edward Hopper) 

07/02/2011

Un roman à Londres

Le nez rivé sur le "double-decker" accroché au mur, je me demande quand je pourrai retourner à Londres. Cela semble compromis cette année. Je rêve pourtant de me balader dans Kensington Gardens, de faire un petit tour dans Green Park, d'aller acheter du fudge chez Harrods, de visiter le National History Museum et le V&A Museum, d'aller dire bonjour à Big Ben, de découvrir les docks et de me promener à Clapham.

Puis, prendre des notes dans un carnet acheté chez Daunt Books dans Marylebone Highstreet. Observer les gens, l'architecture... Tout consigner pour une future histoire.

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Et ensuite, installée dans une chambre d'hôtel, imaginer un scénario, des personnages et des rebondissements pour les offrir aux lecteurs.

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17/11/2010

On entendait à peine son pouls

Dessin de Marlene.jpegLa neige s'était mise à tomber pendant la nuit. C'était un événement à Londres. Heureusement Edith n'avait pas cours ce jour-là.  Les black cabs patinaient, les bus circulaient difficilement. Il n'y avait guère que le métro qui fonctionnait correctement. La ville avait ralenti son rythme. On entendait à peine son pouls.

Edith regardait les flocons de neige passer tranquillement devant la fenêtre du salon. L'immeuble était calme. Ses parents étaient partis de bonne heure, tout comme Victoria, la voisine du quatrième qui n'avait pas réussi à faire démarrer sa Mini et s'était résignée à aller travailler à pied. Peter, l'écrivain qui habitait l'appartement avec terrasse du dernier étage, était lui aussi sorti assez tôt. Il avait un dossier qu'il tenait bien serré sous le bras. Edith pensa que c'était peut-être le manuscrit de son prochain roman.

Elle avait croisé Peter quelques fois dans l'ascenseur et il l'avait toujours impressionnée. L'écrivain mesurait sans mentir 1,88 m, avait une chevelure brune et des yeux bleus à faire fondre n'importe quel iceberg. Il se parfumait de Vetiver et portait la plupart du temps des chaussettes rouges. Ce détail faisait sourire Edith. Ca l'amusait qu'il n'accorde pas ses chaussettes avec le reste de sa tenue.

Ce texte a été rédigé dans le cadre du jeu N°5 du blog à 1000 mains. Il n'est pas libre de droits. Le dessin est de Marlène.

09/09/2010

Elle écouta un instant le silence

A peine Victoria eut-elle jeté les carottes dans le fond de la poêle que la sonnerie du téléphone se mit à retentir. Habituellement lorsque quelqu'un appelait vers 20h elle ne répondait pas, jugeant qu'elle avait mérité un peu de repos. Elle voulait aussi profiter de son appartement de Bayswater Road donnant sur Kensington Gardens dans lequel elle avait emménagé quelques mois plus tôt.

Mais ce soir-là elle fut comme attirée par la sonnerie. Elle s'essuya les mains et se dirigea vers le bureau où elle avait installé le téléphone. La sonnerie se faisait de plus en plus nette et stridente. Elle décrocha le combiné avec une pointe d'agacement et comme d'habitude, accueillit son interlocuteur par un "oui, bonsoir" qu'elle avait essayé de prononcer sur le ton le plus cordial possible après une journée harassante.

Ses mots tombèrent dans le vide. Aucun écho, aucune voix ne se fît entendre. Et pourtant il y avait quelqu'un à l'autre bout du fil. Elle essaya un "allô" mais pas de réponse. Le souffle coupé, elle écouta un instant le silence. L'autre ne parlait pas et finit par raccrocher.

Toutes les hypothèses se bousculèrent dans sa tête. Une erreur? Quelqu'un qui voulait savoir si elle était chez elle? Ce genre de situation ne lui était encore jamais arrivée. Se pouvait-il que ce soit Adrien qui ait essayé de la joindre depuis Paris? Il avait assez mal encaissé l'idée de Victoria de s'installer à Londres mais il ne lui avait rien proposé et elle se sentait libre. Voulait-il lui parler?

Elle échaffaudait les scénarios les plus fous. Et si c'était un détraqué qui habitait dans son immeuble? Ou un collègue qui était sous le charme de ses yeux verts? Plein de noms lui venaient à l'esprit. 

Puis, ses yeux se portèrent sur le calendrier. Nous étions le 9 août. En France, le jour de la Saint Amour. D'un seul coup les noms auxquels elle avait pensé dans un premier temps diminuèrent. N'en restaient que quatre ou cinq.

Si seulement elle avait eu un téléphone dernier cri, elle aurait peut-être pu savoir à qui appartenait le numéro. Au lieu de ça elle avait un vieux coucou que quelqu'un de la rédaction avait bien voulu lui prêter.  

Perdue dans ses pensées, Victoria retourna dans la cuisine d'un pas traînant et remua les carottes qui commençaient à attacher dans le fond de la poêle. Elle remua les légumes sans vraiment faire attention à ce qu'elle faisait. Elle avait l'esprit ailleurs.

Ce texte n'est pas libre de droits. La photo non plus.

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17/05/2010

Manque d'inspiration

1198407303[1].jpegCela fait déjà six fois que John me réclame mon manuscrit.

- "Oui, oui, tu l'auras dans un mois", lui avais-je répondu lorsqu'il m'a appelé en janvier.

Nous sommes en juin et je peine à terminer. L'inspiration me manque. Ce matin mon esprit vagabonde dans les allées de Kensington Gardens et se pose sur les pelouses inondées de soleil. Installé à l'ombre sur la terrasse, j'observe les arbres en fleurs. Mary m'a préparé du thé. Je ne commence jamais ma journée sans une tasse d'Earl Grey acheté chez Harrod's.

C'est mon quatrième roman. J'ai pris l'habitude de les rédiger à la plume sur des feuillets libres. Mes manies exaspèrent John. Il préférerait que je lui envoie un "tapuscrit", beaucoup plus lisible et facile à corriger. Mais rien ne me fera changer mes habitudes. Pas même ce tyran d'éditeur! Il pourrait quand même être plus cool avec moi. J'assure ses meilleures ventes en librairie depuis deux ans. Je lui fais gagner pas mal de fric. Un sacré paquet d'argent comparé au pourcentage qu'il me verse. Bien que je ne sois pas à plaindre. J'ai réussi à m'offrir ce coquet loft en plein coeur de Londres grâce aux ventes de mes deux derniers bouquins.

Driiiing! Driiiing!

- "Allô?

- Alors, c'est pour quand, Peter?!

- T'énerve pas, John! Je te dépose le manuscrit jeudi prochain. On pourrait peut-être déjeuner ensemble à l'occasion? Un Italien dans James Street, ça te dit?

- T'as intérêt à te pointer jeudi et de ne pas me poser un lapin comme la dernière fois! Viens pour 11h. Ok pour l'Italien."

Ce texte a été rédigé dans le cadre du 4e jeu du blog à 1000 mains. Il n'est pas libre de droits.

31/03/2010

Revoir Big Ben

29740166[1].jpegElle en avait assez de l'attendre. Dans sa petite valise à roulettes, elle glissa quelques vêtements, ses produits de beauté, sa trousse de toilette, deux paires de chaussures, les chargeurs du téléphone portable et de l'appareil photos et son livre préféré. Elle pourrait attraper le dernier vol pour Londres. Finalement, les Italiens, ce n'était pas pour elle. Pas plus que l'Italie. Elle avait hâte de revoir Big Ben, la Tamise et le Parc de Clapham où elle avait tant joué dans son enfance avec ses frères, David et Peter.

Il faisait très chaud dans la rue Mezzogiorno. Cécilia fila très vite d'un bout à l'autre en humant l'odeur de lavande qui se dégageait du sol. Les commerçants venaient de lessiver leurs pas de porte. Elle fit signe à un taxi de s'arrêter. Deux heures plus tard elle embarquait pour l'Angleterre.