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27/11/2017

Quand sort la recluse - F. VARGAS

livres,littérature,romans,polars,quand sort la recluse,fred vargas,actu,actualitéUne amie m'a passé le dernier polar de Fred Vargas il y a quelques semaines et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé le commissaire Adamsberg. L'intrigue de Quand sort la recluse est bien ficelée. Jusqu'au bout on cherche le coupable (même si mon esprit tordu avait quand même de sérieux soupçons).

L'enquête ne débute pas tout de suite. La brigade est sur une autre affaire. Mais, c'est en faisant des allées et venues entre les bureaux que le commissaire repère quelque chose d'étrange sur l'ordi d'un de ses collègues. Ce dernier a fait des recherches sur une araignée, "la recluse". Une bestiole inoffensive si on ne vient pas l'embêter. Si par malheur elle nous mord, il faut consulter un médecin, mais pas de quoi s'affoler. Une morsure de recluse ne peut pas tuer un homme. Or, dans le sud, on compte déjà deux morts par recluse depuis le début de l'année. Deux morts assez rapprochées. Les deux bonhommes n'étaient pas tout jeunes mais ils étaient originaires du même coin. Adamsberg ressasse l'information. Pas de quoi ouvrir une enquête, qui du reste ne serait pas de son ressort. Mais l'araignée revient gratter régulièrement son esprit, quand ce n'est pas sa nuque. Il discute de l'affaire avec le dit collègue qui lui aussi est très intrigué. Ils vont commencer à enquêter en embarquant avec eux la responsable informatique du service. Mais tout cela reste confidentiel. Ils n'ont pas d'éléments suffisants pour ouvrir une enquête et l'ambiance n'étant pas au beau fixe avec le commandant Danglard, ils ne parlent pas de leurs recherches.

Adamsberg, sous un prétexte fallacieux, va interroger un spécialiste des araignées qui lui affirme qu'un homme ne peut pas mourir d'une morsure de recluse, qu'il faudrait le venin de plusieurs dizaines de ces bestioles pour envoyer un humain à l'hôpital. Franchement, la théorie ne tient pas debout. Le jour de l'entrevue avec le scientifique il rencontre une petite mamie qui semble bien connaître cette fameuse araignée, d'ailleurs elle comptait en donner une morte au spécialiste avec qui elle avait également rendez-vous. Originaire du sud, elle connaît les deux premières victimes, qui elles-mêmes se connaissaient. Adamsberg fait alors des recherches sur les deux hommes et remonte à un mystérieux pensionnat pour garçons difficiles...

L'intuition d'Adamsberg est-elle bonne où se perd-il dans les brumes de son esprit? Je vous laisse découvrir la suite. Ce fut un bon moment de lecture pour ma part. Non seulement l'intrigue est bien menée mais elle est aussi étayée par de nombreux détails scientifiques.

Quand sort la recluse - Fred VARGAS - Ed. Flammarion - 2017

26/11/2017

Une seule et même personne

chère Sarah,

J'aurais dû vous appeler mais je ne voulais pas vous déranger. Vous avez assez à faire avec la rédaction de votre roman en ce moment. J'espère que Toby va bien. Vous lui donnerez une caresse supplémentaire de ma part.

J'ai fait un détour par Gênes. La carte postale donne un bel aperçu du port. Je dois reprendre le travail lundi mais je ne suis plus si sûr de vouloir rentrer. Il y a un cargo qui part après-demain pour Osaka. Je pourrai peut-être me perfectionner dans l'art du Iaido...

Affectueusement

Alexandre

 

Sarah lu et relu la carte postale. Cette écriture ne lui était pas inconnue. Sans chercher à comprendre ce qu'elle faisait, guidée par une sorte d'intuition, elle alla chercher le paquet de lettres laissées par Baptiste Vittoz au-dessus de la table de berger. Elle les étala sur la table et compara l'écriture. Son cerveau assembla en une fraction de secondes les pièces du puzzle. Elle comprenait mieux les réactions d'Alexandre lorsqu'ils s'étaient rencontrés la première fois. Il connaissait bien mieux les Edelweiss que ce qu'il lui avait laissé croire. Et pour cause, il y avait habité. Elle en était maintenant persuadée. Il avait le même regard que le fils Vittoz et, même si elle ne pouvait l'expliquer, elle était certaine qu'ils avaient un lien de parenté. Certes les lettres retrouvées étaient signées Simon, mais la similitude entre les deux écritures ne laissait aucun doute. Simon Vittoz et Alexandre Perrazzi n'étaient qu'une seule et même personne.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°285 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, prise par Leiloona, n'est pas libre de droits non plus.

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Les dimanches en photo (94)

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24/11/2017

La gouvernante française - H. TROYAT

livres,littérature,henri troyat,la gouvernante française,actu,actualitéComme par le passé, j'essaie de me procurer un peu de nourriture auprès des vendeurs clandestins qui hantent le quartier. Ils sont de plus en plus rares, de plus en plus chers et de moins en moins bien approvisionnés. Se caler l'estomac est devenu l'obsession de tout le pays. Rien d'autre ne compte, ni la réussite sociale, ni la politique, ni l'amour. Les queues s'étirent devant les magasins. On se dispute pour une poignée de riz, pour quatre pommes de terre. Quand un cheval exténué s'abat sur la chaussée, vingt personnes attendent qu'il soit mort pour le dépecer.

Ce livre est entré en ma possession très bizarrement. Alors que j'allais jeter des déchets dans le local à poubelles de l'immeuble, mes yeux furent attirés par une pile de livres disposée près de la porte. On ne pouvait pas la manquer en ressortant du local. La personne qui voulait se débarrasser de ces bouquins ne les avait pas mis là par hasard à mon humble avis. Je n'ai pas pu résister à l'envie de compulser les livres. Il y en avait une quinzaine. Peut-être vingt. Tous ne m'intéressaient pas et il faut avouer que je n'ai plus vraiment de place  pour les stocker... J'en ai donc sélectionné trois parmi lesquels La gouvernante française d'Henri Troyat (élu à l'Académie française en 1959). Pourquoi ai-je sélectionné celui-ci? Et bien tout simplement parce que j'avais adoré, du même auteur, La neige en deuil. Un roman puissant dont le style m'avait profondément marqué.

J'ai donc remonté La gouvernante française chez moi et l'ai déposé dans la bibliothèque. Le temps a passé et il y a quelques semaines je cherchais un livre à glisser dans mon sac pour lire dans le bus. Le format poche étant le plus pratique, je me suis dit que ce serait l'occasion de commencer ce bouquin. Et là encore, j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur.

Le roman prend en fait la forme d'un récit, celui d'une jeune gouvernante travaillant chez une famille bourgeoise de Saint-Pétersbourg. Geneviève est chargée de l'éducation des enfants des Borissov, deux garçons, Georges et Anatole. La vie semble bien agréable dans cette atmosphère feutrée des maisons aisées. Mais la rue gronde. Nous sommes en 1916, Raspoutine a été assassiné, et les bolcheviques exhortent la population à la rébellion. Un vent de liberté souffle sur la Russie.  Cependant la révolution qui s'annonce sera-t-elle pacifique? C'est en tout cas ce que souhaite Maxime Fedorovitch, journaliste parent des Borissov qui donne des leçons aux garçons et qui se lie d'amitié avec Geneviève. C'est à ses côtés qu'elle essaiera de comprendre les soubresauts de cet immense pays et les enjeux qui se jouent dans les deux camps.

Ce livre présente un réel intérêt pour comprendre les mœurs en cours à Saint-Pétersbourg au début du 20ème siècle. Il donne par ailleurs un bel aperçu des différentes classes sociales et du rôle de chacun dans la maison des Borissov. Enfin, l'intérêt majeur réside dans les détails historiques et tous les événements qui ont précédé la révolution de 1917, les différents acteurs de celle-ci, et les conséquences de ces événements. Rien que pour cela ce livre mérite d'être lu.

La gouvernante française - Henri TROYAT - Ed. J'ai Lu - 1998

21/11/2017

Il avait la mine grise

La brume tapissait le canal. Le phénomène était fréquent en automne. Simon était toujours émerveillé par cette écharpe vaporeuse qui s'étirait au fil de l'eau comme une bande de ouate. Le paysage était silencieux. Les oiseaux de nuit s'étaient tu. Le jour, tout comme Simon, se leva dans un long soupir. Il avait la mine grise, le teint d'une couleur de cendres à vous fiche le bourdon.

Depuis qu'il avait revu son frère, Simon ne dormait quasiment plus. Les quelques heures qu'il avait arrachées à Morphée cette nuit-là ne lui avaient pas permis de payer toutes ses dettes de sommeil. Il titubait de fatigue. La veille il avait fait un écart sur la berge et il avait bien failli se retrouver dans l'eau. Il s'en était fallu de peu.

Qui l'aurait entendu tomber? Il n'y avait personne pour s'aventurer par ici à la nuit. Le canal n'était pas éclairé. Les pêcheurs ne s'attardaient pas. L'endroit était rendu aux animaux.

Ce texte a été rédigé dans le cadre de l'atelier d'écriture Une photo, quelques mots n°284 initié par Leiloona. Il n'est pas libre de droits. La photo, d'Emma Jane Browne, n'est pas libre de droits non plus.

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L'univers d'un écrivain - Yves SIMON

yves simon,l'univers d'un écrivain,magazine lire,actu,actualité,chansons,musiqueA l'occasion de la publication de Génération(s) éperdue(s) le magazine LiRE consacre ce mois-ci sa rubrique L'univers d'un écrivain à Yves Simon. On apprend dans cet article qu'il a commencé sa carrière comme auteur. En effet, il a d'abord été connu pour ses romans; Jours en couleurs et L'Homme-arc-en-ciel ont paru tous les deux en 1971. Il n'avait encore publié aucun disque même si la musique faisait déjà grandement partie de sa vie, notamment à travers le groupe Korrigans.

Yves Simon est un homme aux multiples facettes. Il erre entre la chanson et la littérature, passe la frontière avec facilité. Génération(s) éperdue(s) rassemble cent quarante de ses textes. Mais il planche déjà sur un autre ouvrage, une autobiographie dont il a déjà rédigé trois cents pages sur son ordinateur. Le bonhomme n'est pas du tout réfractaire aux nouvelles technologies.

L'univers d'Yves Simon est niché au cœur de l'Ile de la Cité, dans un appartement qui s'étend sur deux étages où vécut un temps Sami Frey. Cela fait quarante ans qu'il s'est installé là. Il y a beaucoup de livres, plusieurs guitares, un vélo d'appartement. Près de son ordinateur on découvre plusieurs pipes, qu'il fume, dit-il, uniquement lorsqu'il écrit. C'est un lève-tard qui va éplucher la presse tous les matins du côté de l'Odéon en buvant un petit crème. Il se met au travail l'après-midi et ne s'arrête que le soir.

On apprend par ailleurs dans cet article qu'il faisait partie de ces personnes reçues régulièrement par Mitterrand à l'Elysée, notamment pour y déjeuner. C'est grâce à Mitterrand qu'Yves Simon a fait la connaissance de Milan Kundera dont L'insoutenable légèreté de l'être a profondément modifié sa "façon d'écrire, de découper les chapitres".

Personnellement, je ne connaissais pas bien Yves Simon. Il était pour moi l'interprète du célèbre titre Au pays des merveilles de Juliet. Je ne savais pas qu'il était l'auteur de plusieurs romans, de recueils de nouvelles et d'essais. Pourtant Dieu sait que je suis une fille curieuse. Comment ai-je pu à ce point passer à côté? Moi dont les antennes bougent dans tous les sens...

19/11/2017

Les dimanches poétiques (212)

"Ses articulations étaient en bon état, sa musculature aussi, à l'exception peut-être d'un léger relâchement. Son cœur, par contre, était tapissé de graisse et battait lourdement, ce n'était plus qu'une charge, un boulet, pas une source de vie. On pouvait à tout instant craindre qu'il ne s'arrête, paralysant le corps de son propriétaire, le privant de son fluide essentiel et le précipitant dans la mort. Ce serait la triste revanche d'un organe interne épuisé sur un homme qui lui vouait pourtant, depuis sa conception, une confiance absolue. S'il marquait une pause, ne serait-ce que l'espace d'une centaine de pulsations, pour reprendre son souffle, tout serait fini. Ses précédents milliards de battements ne signifieraient plus rien."

Arto PAASILINNA Petits suicides entre amis

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