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07/02/2013

Trois chevaux - E. DE LUCA

Jlivres,littérature,erri de luca,romans,italie,actu,actualité'ai lu ce roman jusqu'au bout parce qu'il était court mais s'il avait eu 100 pages de plus je ne garantis pas que je l'aurais terminé. Erri de Luca procède par évocations; d'un instant, d'un passé, d'une situation sans jamais faire de grandes descriptions. Il effleure juste les sentiments, les chasse d'un revers de la main. Ses personnages sont fuyants, sont de passage, sans attaches.

C'est joliment écrit mais trop en surface. J'aurais aimé qu'il creuse davantage les portraits, notamment celui du narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom. Un homme qui a pas mal voyagé, fait le coup de feu en Argentine et s'est embarqué sur un raffiot en laissant derrière lui quelques cendres. Aujourd'hui l'homme est jardinier dans une ville italienne. Il aime le travail de la terre, les mains qui pétrissent le sol.

C'est aussi l'histoire d'une rencontre avec une jeune femme, Làila, qui travaille comme escort girl. Elle semble avoir des ennuis et le narrateur a envie de l'aider. Il tombe peu à peu amoureux. Mais ce ne sont toujours que des évocations et on ne sait pas ce qu'il advient de cet amour-là en refermant le livre...

Trois chevaux - Erri DE LUCA - Ed. Seuil - 2000

30/01/2013

Peste et choléra - P. DEVILLE (passionnant)

livres,littérature,essais,sciences,institut pasteur,alexandre persin,patrick deville,actu,actualitéJe lis rarement des livres qui reçoivent un prix mais les critiques lues et entendues sur Peste et choléra étaient bonnes, alors quand je l'ai vu disponible à la bibliothèque, j'ai sauté dessus. Je ne suis pas d'un naturel attirée par tout ce qui touche aux sciences et à la médecine cependant je m'y intéresse et il y a des auteurs passionnants. C'est notamment le cas avec Patrick Deville.

Dans Peste et choléra il nous raconte de façon romancée la vie d'Alexandre Yersin, découvreur du bacille de la peste et inventeur du vaccin pour la combattre. Voilà un personnage fascinant. D'origine suisse, Yersin va poursuivre des études de médecine à Marburg. Mais les cours magistraux ennuient le jeune étudiant dont la pensée est "pragmatique, expérimentale, il a besoin de voir et de toucher, de manipuler". Après un bref passage à l'université de Berlin, Yersin décide d'aller à Paris où il s'inscrit au premier cours de bactériologie. "Toute sa vie, Yersin choisira ce qu'il y a de nouveau et d'absolument moderne".

Au même moment Pasteur guérit une deuxième personne grâce au vaccin antirabique. C'est en faisant quelques mois plus tard des autopsies de cadavres morts de la rage qu'Alexandre Yersin va entrer en contact avec Emile Roux, l'assistant de Pasteur. Le Suisse entre alors dans la famille des pasteuriens même s'il choisira toujours sa propre route, et notamment celle des voyages et de la recherche. Il voue une admiration sans bornes à David Livingstone, "Ecossais à la fois explorateur, homme d'action, savant, pasteur, découvreur du Zambèze et médecin". C'est en quelque sorte son modèle.

Non seulement Yersin fera des découvertes médicales importantes mais aussi des découvertes de territoire. L'Asie, et plus particulièrement le Viêt Nam, seront son terrain de jeu. Il s'établira à Nha Trang, une cité de pêcheurs, et multipliera ses possessions pour pousser toujours plus loin ses recherches.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre peste. C'est à Hong Kong, touchée par la maladie, que Yersin découvre le bacille. Alors que les Japonais, financés par les Allemands, cherchent quelque chose dans les organes et le sangs, Yersin a l'idée d'analyser les bubons prélevés sur les cadavres. "Sans le hasard ni la chance, le génie n'est rien. L'agnostique Yersin est béni des dieux."

Patrick Deville, à travers l'histoire d'Alexandre Yersin, nous raconte aussi l'histoire du monde, ses soubresauts, ses guerres.  Il y a aujourd'hui un musée dédié au scientifique à Nha Trang. Les panneaux y sont rédigés en français. Une vie d'homme passionnante.

Peste et choléra - Patrick DEVILLE - Ed. Seuil - 2012

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20/01/2013

Les dimanches poétiques (92)

"Il entamait une liste inédite. Celle des défaites. Il pensait se protéger des autres, il ne savait pas s'immuniser contre la déception d'avoir à se confronter à ses propres limites. Cet été 1942, il s'est déçu; je me suis déçue; nous nous sommes déçus. Deux êtres, trois possibilités: la vie de couple apprend à dénombrer les frustrations."

Yannick GRANNEC La Déesse des petites victoires

poésie, littérature, la déesse des petites victoires, actu, actualité

13/01/2013

Les dimanches poétiques (91)

"Mais si je devais ne retenir qu'une seule question parce qu'à la fois ouverte et précise, allégorique et concrète, je la chiperais aux joueurs de pétanque: "Tu tires ou tu pointes?" D'ailleurs, je l'ai posée plusieurs fois à des personnalités qui ne l'attendaient évidemment pas. La plupart marquèrent de l'embarras avant de faire des réponses souvent intéressantes parce que révélatrices de leur manière de fonctionner.

Celui qui tire va droit au but. Il ne tergiverse pas, il ne finasse pas, il frappe. Assez fort et assez juste pour dégommer l'autre, faire un carreau et prendre sa place. "

Bernard PIVOT Oui, mais quelle est la question?

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10/01/2013

Victime d'une conspiration

Francesco Berghetti était tiré d'affaire. Il lui faudrait un peu de temps avant de pouvoir remarcher correctement mais l'opération, qui avait duré deux heures, s'était bien passée. Sa jambe avait été soignée au mieux par son frère. Francesco était un gars fort au caractère bien trempé. Il lui suffirait d'être patient pour retrouver toutes ses capacités et de prendre régulièrement les comprimés prescrits par Pasquale. Sa volonté était sans commune mesure et il était bien décidé à retrouver les participants de cette conspiration. Car il s'agissait sans aucun doute d'une conspiration.

Il pensait que les vieux gardiens de Saint-Pierre étaient derrière tout ça. Francesco était le seul à avoir recensé les théories méthématiques cherchant à démontrer l'existence de Dieu. Ses autres travaux ne posaient pas de problèmes existentiels, en tout cas pas au point de susciter la colère de quelques radicaux qui craindraient qu'on scie la branche sur laquelle ils sont assis.

Après le départ de l'infirmière il avait appelé l'un de ses collègues pour le mettre au courant de l'affaire en lui précisant de ne surtout rien dire au doyen. Pour le personnel de la faculté, Francesco avait eu un accident et serait absent un certain temps. Le collègue avait pour mission de faire circuler cette info. Rien d'autre.

Quand il eut raccroché le combiné, il compulsa l'annuaire du Vatican pour trouver un numéro. Il fallait qu'il parvienne à joindre l'un de ses anciens étudiants qui était entré dans la garde suisse. Il feuilleta l'annuaire pendant plusieurs minutes puis replaça d'un geste souple une mèche de cheveux qui lui tombait sur les yeux. Il n'avait pas trouvé le numéro. Il réfléchit alors au moyen le plus sûr d'infiltrer le Vatican pour savoir ce qu'il se tramait derrière les murs du palais pontifical.

Ce texte a été rédigé pour l'édition 87 du jeu Des mots, une histoire initié par Olivia. Il n'est pas libre de droits, la photo non plus.

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06/01/2013

Oui, mais quelle est la question? - B. PIVOT

livres,littérature,romans,bernard pivot,intervieweur,journaliste,actu,actualitéJ'ai beaucoup aimé ce livre et pourtant je ne sais pas comment vous en parler. C'est à la fois drôle, touchant, intelligent et instructif. Même si le personnage central, qui ressemble comme un frère à Bernard Pivot, est parfois un peu lourd avec ses questions.

Ce personnage, Adam Hitch (comme l'Adam de Eve) n'arrête pas de poser des questions. Une manie qui a commencé lors de sa confession avant la confirmation. Alors que le curé l'interroge sur les péchés capitaux qu'il a commis, le jeune Adam répond par une question, puis par une autre et à la fin de la confession c'est lui qui pose des questions au curé.

Puis Adam (mais peut-être est-ce Bernard Pivot?) nous raconte diverses anecdotes de ses vies professionnelle et privée et les conséquences de sa questionnite sur celles-ci. Les questions qu'il n'a pas osé poser à des artistes ou bien les questions qu'il a posées en trop grand nombre aux femmes de sa vie... Les questions posées à ses grands-parents, et celles qui resteront à jamais sans réponse.

J'ai ri en lisant certains passages. Bernard Pivot a beaucoup d'humour. Et c'est merveilleusement bien écrit. Ce livre est un questionnement sur la vie tout simplement. A lire! (Recommandé aux journalistes!)

Oui, mais quelle est la question? - Bernard PIVOT - Ed. NiL - 2012

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Et une jolie dédicace!

Les dimanches poétiques (90)

- "Dommage que les écrivaillons n'aient pas été là pour le voir, ceux qu'on a jetés sur le bûcher où on brûlait leurs bouquins. Le beau, c'est de réduire à néant ce qui est laid, bon à rien, subversif. Ce qui ne se laisse pas mettre au pas.

Elle comprit qu'il n'attendait pas de réponse.

- Le beau, c'est ce qui bouleverse notre routine. Ce qui renverse tout ce qu'on croyait savoir. Ce qui secoue tous les sens, comme si des écailles te tombaient des yeux. Tu te réveilles enfin de ce qui n'était qu'un rêve dans le noir."

Arnost LUSTIG  Elle avait les yeux verts

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