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05/05/2012

Fonctionnaire malgré moi - J.-M. FORTIN

livres,essais,témoignages,biographies,jean-michel fortin,actu,actualité,fonction publiqueLa raison voudrait que je ne vous parle pas de ce livre car y sont citées des personnes que je croise de temps à autre. Mais vous savez, pour ceux qui me connaissent, que je ne suis pas toujours raisonnable et que je chéris plus que tout la liberté d'expression. J'ai créé ce blog pour partager mes impressions, mes enthousiasmes et mes déceptions. C'est un espace de liberté auquel je tiens beaucoup. Je vais donc , comme pour mes autres lectures, rédiger un billet sur ce livre en essayant d'être la plus objective possible et de ne froisser personne. Je rappelle que cette note est un avis personnel qui n'engage que moi.

Ce livre est à mi-chemin entre la biographie et le témoignage. Jean-Michel Fortin y relate son expérience dans la fonction publique territoriale à différents postes, du bas de l'échelle jusqu'en haut. Des postes qu'il a atteints en se formant régulièrement et en passant des concours. 

Et c'est une expérience au goût plutôt amer qu'il nous livre car la fonction publique territoriale est - peut-être plus qu'ailleurs - une vraie jungle; quelques animaux gentils mais pour le reste vaut mieux rester sur ses gardes. Les ambitions des uns, le copinage des autres et des élus plus souvent préoccupés par leur réélection que par l'intérêt des administrés arrivent à créer un climat de tension assez invivable. Jean-Michel Fortin a eu de nombreuses désillusions tout au long de sa carrière. Des désillusions professionnelles mais aussi personnelles car des collègues avec lesquels il avait apparemment tissé des liens amicaux n'ont visiblement pas hésité à lui tourner le dos dans les moments difficiles. Est-ce par peur des réprésailles ou bien en vue de bénéfices futurs?

Outre ces retournements de veste, il semblerait que le harcèlement moral soit un fléau des collectivités territoriales. S'en prendre à un agent parce que quelque chose cloche dans son travail c'est une chose. S'en prendre à un agent parce que ses méthodes de management ne sont pas celles d'un killer, c'en est une autre. Un harcèlement moral qui souvent a des répercussions sur les proches et détériore la vie familiale des agents. 

Jean-Michel Fortin met par ailleurs en lumière le risque de relations trop amicales avec les élus, qui peuvent susciter des jalousies et qui peuvent être en frein à l'évolution de la carrière suivant le positionnement des élus sur l'échiquier politique. Il conseille aux agents (notamment ceux qui ont des postes à responsabilités) de maintenir une certaine distance avec les élus au risque sinon de se brûler les ailes.

J'ai perçu ce livre comme un ouvrage "thérapeutique" dans le sens où l'auteur y analyse son parcours pour (peut-être) avancer désormais de façon moins chaotique.

Une dernière remarque, cette fois-ci sur la forme: je regrette que les éditions Baudelaire n'aient pas fait relire le texte avant l'impression. Il y a des mots utilisés à mauvais escient et des tournures de phrases hasardeuses. Sans parler des fautes d'orthographe et de conjugaison.

Edit du 06/05/2012: il semble que les fautes relevées concernent les premiers livres publiés. L'ouvrage aurait été corrigé il y a deux mois par les éditions Baudelaire.

Fonctionnaire malgré moi - Jean-Michel FORTIN - Ed. Baudelaire - 2011

02/05/2012

Un musicien déchu - L. TOLSTOÏ

livres, littérature, nouvelles, léon tolstoï, musique, actu, actualitéTolstoï s'est inspiré du violoniste allemand Georg Kiezewetter pour écrire cette nouvelle. Le musicien avait obtenu une place de second violon à l'opéra. Un poste qu'il dût quitter quelques années plus tard à cause de ses absences répétées. 

Kiezewetter ne faisait pas de cas des autres musiciens et encore moins du chef d'orchestre. Il jouait comme si les spectateurs étaient venus spécialement pour lui. Un musicien très intelligent, très doué - selon Tolstoï - mais qui s'était mis à la boisson après une histoire d'amour malheureuse. Obligé de quitter l'opéra, Kiezewetter a complètement sombré dans l'alcool.

C'est cela que nous raconte Tolstoï dans "Un musicien déchu". Albert, jeune violoniste très doué, débarque à l'improviste dans une fête mondaine. Il porte des haillons, est crasseux et semble éméché. Bien que la domestique soit réticente à le laisser entrer, Albert parvient à s'introduire dans la maison et à jouer. L'assemblée est complètement subjuguée par ce violoniste hors pair. Delessov, un invité, est tellement impressionné par l'interprétation du musicien qu'il lui propose de l'aider en l'accueillant chez lui. Mais, comment parvenir à remettre sur le droit chemin quelqu'un qui n'en a pas envie?

Rappelons que Tolstoï était un passionné de musique. C'était l'art qu'il préférait entre tous. Des musiciens lui rendaient fréquemment visite et lui jouaient ses compositeurs favoris parmi lesquels Bach, Haendel et Chopin.

Un musicien déchu - Léon TOLSTOÏ - Ed. Mille-et-une-nuits - 2012

29/04/2012

Enola Holmes/L'affaire Lady Alistair - N. SPRINGER

livres,littérature,littérature jeunesse,enola holmes,sherlock holmes,londres,actu,actualitéCe roman est le deuxième tome des enquêtes d'Enola Holmes, jeune soeur du célèbre détective privé.

Alors que ses deux frères voulaient la mettre en pension pour l'éduquer Enola s'enfuit et gagne Londres pour tenter de retrouver sa mère qui a disparu mystérieusement. Après avoir réussi à élucider une première affaire, en utilisant plus ou moins les méthodes de son aîné, Enola essaie de résoudre la disparition de Cecily Alistair. Enfin, quand je dis Enola, c'est plutôt Ivy Meshle, la secrétaire de Leslie T. Ragostin "spécialiste en recherches - toutes disparitions", qui mène l'enquête. Car la cadette de la famille Holmes a plus d'un tour dans son sac.

Après le succès de sa première enquête, elle a décidé de suivre la voie tracée par son frère. Ne pouvant elle-même ouvrir un cabinet de consultations, elle invente le Dr Ragostin. Sous plusieurs identités et déguisée, notre Enola recueille des informations sur la disparition de Lady Cecily. Elle doit cependant être très vigilante car elle apprend de la bouche même du Dr Watson que Sherlock espère la retrouver. Mais Enola tient à sa liberté. Comme le lui avait dit sa mère, elle peut très bien se débrouiller toute seule même si la solitude lui pèse souvent. Elle n'a que 14 ans et semble parfois démunie. Elle ne sait pas grand chose de la vie.   

Enola est une jeune fille débrouillarde, éprise de justice sociale et elle n'entend pas laisser ses frères gérer son existence à sa place. J'ai bien aimé ses déguisements et son aplomb. C'est une ado qui n'a pas froid aux yeux et qui gagne en maturité au fil des pages. Et j'ai toujours un faible pour les messages codés en langage des fleurs.    

Les enquêtes d'Enola Holmes - T. 2 / L'affaire Lady Alistair - Nancy SPRINGER - Ed. France Loisirs/Guanaco - 2010

25/04/2012

Sang famille - M. BUSSI (coup de coeur)

livres, littérature, romans policiers, romans, michel bussi, actu, actualitéJe suis vraiment toujours aussi accroc à la plume de Michel Bussi. Il sait nous embarquer dans les histoires les plus dingues. Dans le présent ouvrage il nous balade aux quatre coins de l'île de Mornesey, île anglo-normande sortie tout droit de son imagination, située non loin de Granville. Il faut aller aux toutes dernières pages du bouquin pour avoir le dénouement. Impossible de découvrir la vérité avant. Michel Bussi est un magicien!

Le jeune Colin Remy, 15 ans, orphelin de père et de mère, est en camp voile pour 15 jours sur l'île de Mornesey. Il n'est pas passionné par la voile mais c'était l'occasion rêvée pour lui de revenir sur cette île qu'il a dû quitter dix ans plus tôt à cause d'une sombre histoire. Son oncle et sa tante, chez qui il vit depuis la mort de ses parents, doivent venir le voir dans quelques jours pour fêter ses 16 ans.

Anne et Jean Remy, les parents de Colin, des passionnés d'archéologie, avaient entrepris avec quelques potes des fouilles sur l'île de Mornesey. Des fouilles possibles temps qu'ils étaient subventionnés mais lorsque les aides ont commencé à se faire plus rares, les promoteurs immobiliers ont lorgné sur les terrains à l'est des fouilles pour construire des logements touristiques. Or Jean, le père de Colin, avait rassemblé beaucoup de documents sur le lieu et avait découvert un trésor, appelé la Folie Mazarin, qui attisait les convoitises. Lui seul savait ce qu'était la Folie Mazarin. Un trésor dont son fils doit hériter le jour de ses... 16 ans!  

Mais depuis 10 ans qu'il vit chez son oncle et sa tante, Brigitte et Thierry Ducourret, Colin a toujours eu le sentiment qu'on lui cachait des choses sur la mort de ses parents... Sensation étrange. Quel était ce père qui est en photo sur sa table de nuit?

J'ai adoré ce roman! On lit très vite pour connaître la suite. Il y a beaucoup d'humour dans les dialogues et beaucoup d'ingéniosité dans l'intrigue. Michel Bussi met en scène une galerie de personnages assez réalistes, qu'on a tous pu croiser une fois dans notre vie même s'il n'a pas hésité à noircir le trait pour certains.

Juste un petit reproche: il faudrait que l'éditeur pense à faire relire les épreuves. C'est truffé de fautes de frappe et de syntaxe (il manque parfois des mots). 

Sang famille - Michel BUSSI - Ed. des Falaises - 2009

22/04/2012

Sortie: "Nuit d'encre" - Ph. HUET

9782226241337[1].gifPhilippe Huet était au Club de la Presse de Haute-Normandie mercredi pour présenter son tout dernier polar, "Nuit d'encre", édité chez Albin Michel. Il y raconte en quelque sorte les coulisses d'une rédaction sous couvert d'une trame policière. Il s'est inspiré de son expérience pour rédiger ce roman. Ancien journaliste ayant officié principalement à Paris-Normandie, il met en scène deux personnages qui pour l'un rappelle Pierre-René Wolf, qui a dirigé Paris-Normandie de 1945 à 1972, et pour l'autre Robert Hersant, éditeur de presse et fondateur du Groupe Hersant.

"Dans le Rouen démocrate chrétien des années 70, les conflits de la dernière guerre ne sont pas éteints. Petit imprimeur d'origine juive, Paul-Henry Sternis fut un résistant actif. Devenu un brillant journaliste, il règne aujourd'hui, malgré la maladie, sur le puissant quotidien régional. Mais l'ancien patron du journal, collaborateur notoire réfugié en Suisse, qui a décidé de sa perte, entreprend de manipuler les actionnaires de Sternis un à un, rachetant les actions en sous-main. Au-delà d'une prédation financière, il s'agit d'une vengeance personnelle. De l'intimidation à la trahison, on passe au crime. Soudoyés, le chauffeur et la dame de compagnie de Sternis précipitent sa fin en substituant des placebos à son traitement médical. Les vautours vont gagner et la bourgeoisie rouennaise se tait..."

Nuit d'encre - Philippe HUET - Ed. Albin Michel - 2012

P1120629 Ph HUET Avril 2012.jpg

Philippe Huet au CPHN

18/04/2012

Maison de jour, Maison de nuit - O. TOKARCUK

livres,littérature,romans,olga tokarczuk,littérature polonaise,actu,actualité,rêvesVoilà un livre déroutant. Il est composé de plusieurs récits très éclectiques avec pour pierre angulaire le hameau d'un village situé non loin de Nowa Ruda en Basse Silésie. Un couple y a acquis une maison il y a quelques temps et la narratrice, la propriétaire de ladite maison, nous dépeint ses voisins, raconte ses rêves et ceux des autres ainsi que quelques anecdotes sur des habitants du village et des personnalités ayant marqué la région. Vous trouverez également dans ce livre des recettes de champignons vénéneux...

Il ne faut pas chercher de cohérence entre les chapitres. Les histoires s'en vont et reviennent au fil des pages. On est bringuebalés de droite à gauche, parfois surpris, parfois enthousiasmés. Olga Tokarczuk nous emmène là où on ne serait jamais allés tout seuls. Une lecture plutôt déconcertante mais très enrichissante et teintée de philosophie.

Maison de jour, Maison de nuit - Olga TOKARCZUK - Ed. Robert Laffont - 2001

15/04/2012

Le tapis du salon - A. SAUMONT

livres, littérature, nouvelles, annie saumont, actu, actualitéJe ne connaissais pas du tout Annie Saumont avant de la voir sur le plateau de la Grande Librairie, émission présentée par François Busnel et diffusée sur France5. Elle était invitée pour parler du Tapis du salon, un recueil de nouvelles édité chez Julliard. Annie Saumont était enfoncée dans son fauteuil, timide, hésitante face aux questions et j'avoue avoir été intriguée par cette petite bonne femme qui est entre autre la traductrice de J. D. Salinger. Intriguée, donc, j'ai acheté ce recueil de nouvelles lorsque je me promenai dans une librairie pas loin de chez moi.

Sont rassemblées dans cet ouvrage des nouvelles construites autour de petits faits anodins qui bien souvent poussent les protagonistes à des situations extrêmes et dommageables. Les histoires sont assez déconcertantes. Pas tant par le fond (la nature humaine étant ce qu'elle est...) mais plutôt par le style. Pour lire ce recueil, mieux vaut avoir l'esprit ouvert aux différentes formes d'écriture car Annie Saumont prend le contre-pied du style académique.

Ses nouvelles n'ont rien de commun avec celles d'Anna Gavalda ou encore d'Edgar Allan Poe. C'est tout à fait autre chose. Bien souvent les phrases sont courtes, les mots mâchés et ressassés. On a parfois du mal à suivre le cheminement de l'auteure et pourtant il y a comme une petite morale à retenir dans chacune d'elle même si cette morale n'apparaît pas explicitement. Si j'osais, je dirais que son style est un peu déjanté, voire obsessionnel (si un style peut être obsessionnel...).

Elle met souvent en scène des enfants, fait un aller-retour en Inde et nous parle de la dérive de notre société. Si vous n'êtes pas encore convaincu de la décadence de ce monde, Annie Saumont vous fera changer d'avis!

Le tapis du salon - Annie SAUMONT - Ed. Julliard - 2012